3.
Quel est celui qu’ils ont jamais poursuivi et pris, sans le traiter avec violence? Quel est celui qu’ils ont recherché et découvert sans le faire mourir misérablement ou vivre dans une complète affliction? Car telles sont leurs œuvres; les juges ne sont que les ministres de leur cruauté. Quel lieu ne garde le souvenir de leur méchanceté? qui, pour avoir pensé autrement qu’eux, ne les a vus comploter et imaginer des prétextes à la façon de Jézabel? quelle église aujourd’hui n’est pas en deuil, par suite de leurs trames contre les évêques? Antioche pleure Eustathe, le confesseur, l’orthodoxe; Balanée, l’admirable Euphration; Paltos et Antarados, Cymatius et Cartérius; Andrinople, Eutrope, l’ami du Christ, et son successeur Lucius, qui souvent porta leurs chaînes et y mourut; Ancyre, Marcellus; Béroée, Cyrus; Gaza, Asclépas. Ce n’est qu’après les avoir d’abord couverts d’outrages que ces trompeurs les firent bannir. Quant à Théodule et Olympius, évêques de Thrace, quant moi et à mes prêtres, ils ne nous firent rechercher que pour nous infliger la peine capitale; et telle eût peut-être été notre mort, si, alors aussi,1 nous n’eussions pris la fuite contre leur espoir. Car ainsi l’ordonnaient les lettres adressées au proconsul Donat contre Olympius. et à Philagrius contre moi. Après avoir poursuivi et découvert Paul, évêque de Constantinople, ils le firent publiquement étrangler à Cucuse, en Cappadoce; ils avaient pris pour bourreau un ancien préfet, Philippe, le patron de leur hérésie et le ministre de leurs pervers desseins.
Il parle de sa première fuite lors de l’intronisation de Grégoire. ↩
