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Works John Chrysostom (344-407) Commentaire sur la première épitre aux Corinthiens
HOMÉLIE XXIV.

1.

Il vient de leur inspirer une sage terreur, il vient de leur rappeler d'anciens exemples; il les a inquiétés en leur disant: « Que celui qui paraît ferme, prenne garde de tomber » ; on sait d'ailleurs qu'ils avaient supporté un grand nombre d'épreuves, qu'ils y avaient souvent trouvé des sujets d'exercices; car, dit l'apôtre lui-même, « tant que j'ai été parmi vous, j'y ai toujours été dans un état de faiblesse, de crainte et de tremblement » (I Cor. 11, 3); il s'ensuit que les Corinthiens auraient pu dire : pourquoi nous inspirer de la terreur, nous remplir de crainte ? nous ne sommes pas sans expérience des maux; nous avons été chassés ; nous avons souffert la persécution; nous avons couru sans trêve ni repos mille et mille dangers; et l'apôtre leur répond , pour réprimer leur orgueil : « Aucune tentation ne vous a encore éprouvés, si ce n'est une tentation humaine », c'est-à-dire, faible, de peu de durée, proportionnée à vos forces. Il appelle humain ce qui est petit; c'est ainsi qu'il dit : « Je vous parle humainement, à cause de la faiblesse de votre chair ». (Rom. VI, 19.) Donc, ne vous exaltez pas, comme si vous aviez triomphé de la tempête ; vous n'avez pas encore vu le péril qui menace de mort, l'épreuve qui nous montre le glaive prêt à nous égorger. C'est ainsi qu'il disait aux Hébreux : « Vous n'avez et pas encore résisté, jusqu'à répandre votre sang, en combattant contre le péché». (Héb. XII, 4.) Que fait-il ensuite, après les avoir effrayés? Voyez comme il les redresse; il vient de leur persuader la modestie, et il leur dit : « Dieu est fidèle , et il ne souffrira pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ». Il y a donc des tentations qui ne se peuvent supporter? Quelles sont-elles? Toutes les tentations pour ainsi dire, car le pouvoir de supporter est dans la volonté de Dieu , qui se détermine selon nos propres dispositions. Aussi, pour nous prouver, nous montrer qu'il nous est impossible, sans le secours de Dieu, de supporter, non-seulement les tentations trop fortes pour nous, mais même les tentations humaines, dont il parle ici , Paul ajoute : « Il vous fera tirer avantage de la tentation même, afin que vous puissiez persévérer ».

Même les tentations médiocres, je l'ai déjà dit, ce n'est pas par notre vertu propre que nous les supportons; même dans ces circonstances, nous avons besoin du secours de Dieu, pour les traverser et, avant de les traverser, pour en soutenir le choc; car c'est Dieu qui donne la patience, et qui procure la prompte délivrance ; ce n'est que par Dieu que la tentation se peut supporter; c'est ce que l'apôtre a indiqué par ces paroles : « Il fera que vous (450) pourrez persévérer » ; l'apôtre attribue tout à Dieu. « C'est pourquoi , mes très-chers frères, fuyez l'idolâtrie (14) ». Il les traite encore une fois avec douceur, en leur donnant le nom de frères; et il se hâte de les affranchir de l'idolâtrie; il ne se borne pas à dire : retirez-vous de, mais, « Fuyez »; et il appelle l'idolâtrie par son nom; et ce n'est pas seulement à cause du scandale, qu'il ordonne de repousser l'idolâtrie, mais c'est que l'idolâtrie en elle-même est une peste qui fait des ravages. « Je vous parle comme à des personnes sages, jugez vous-mêmes de ce que « je dis (15) ». Il vient de parler d'une faute grave, il a chargé l'accusation de toute la gravité de ce nom, l'idolâtrie; pour ne pas exaspérer les fidèles par des discours insupportables, il leur livre ses paroles à juger, et c'est d'une manière obligeante qu'il leur dit : « Soyez juges; je vous parle »,dit-il, « comme à des personnes sages » ; langage d'un homme qui a toute confiance dans sa cause et dans son droit; de cette manière il fait l'accusé juge de l'accusation. Voilà qui relève l'auditeur; on ne lui impose ni ordre ni loi ; on le consulte, on a l'air d'attendre son jugement. Ce n'était pas ainsi que Dieu parlait aux Juifs insensés et frivoles ; il ne leur rendait pas toujours compte de ses prescriptions; il se contentait de leur dicter ses ordres. Ici, au contraire, parce que nous jouissons d'une liberté supérieure, on nous consulte, on nous parle comme à des amis. Je n'ai pas, dit-il, besoin d'autres juges; c'est à vous à décider de ce que je dis, c'est vous que je prends pour juges. « N'est-il pas vrai que le calice de bénédictions, que nous bénissons, est la communion du sang de Jésus-Christ (16) ? »

Que dites-vous, ô bienheureux Paul? C'est pour la confusion de l'auditeur, sans doute, qu'en rappelant les redoutables mystères , vous appelez calice de bénédictions, ce calice terrible, et fait pour inspirer la crainte? Oui certes , répond l'apôtre, car il ne s'agit pas d'une chose indifférente ; quand je dis « Bénédictions », je déploie tous les trésors de la bonté de Dieu , et je rappelle ses magnifiques présents. Nous aussi , nous passons en revue les ineffables bienfaits de Dieu, et tous les biens dont il nous fait jouir, lorsque nous lui offrons ce calice, lorsque nous communions, lui rendant grâces d'avoir délivré le genre humain de l'erreur, d'avoir rapproché de lui ceux qui en étaient éloignés, d'avoir fait, des désespérés, des athées de ce inonde, un peuple de frères, de cohéritiers du Fils de Dieu. C'est pour rendre grâces de ces bienfaits et d'autres bienfaits du même genre, que nous nous approchons de Dieu. Quelle contradiction ne faites-vous pas voir, dit l'apôtre, ô Corinthiens, vous qui bénissez le Seigneur de vous avoir affranchis des idoles, et qui courez de nouveau à leurs festins. « N'est-il pas vrai que le calice de bénédictions, que nous bénissons, est la communion du sang de Jésus-Christ ? » Langage tout à fait con. forme à la foi, et en même temps terrible, car voici ce qu'il veut dire : ce qui est dans le calice, c'est précisément ce qui a coulé de son côté, et c'est à cela que nous participons. Et maintenant il l'appelle calice de bénédictions, parce que nous l'avons dans les mains, lorsque nous célébrons le Seigneur avec admiration et pénétrés de crainte en méditant sur ses dons ineffables, en le bénissant d'avoir répandu son sang pour nous tirer de l'erreur, et non-seulement de l'avoir répandu, mais de nous l'avoir, ce même sang, distribué à tous, comme s'il nous disait : Si vous désirez m'offrir du sang, n'ensanglantez pas les autels des idoles, en égorgeant des animaux; ensanglantez mon autel de mon propre sang. Quoi de plus fait que ce langage, pour inspirer la terreur, pour inspirer l'amour?

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Commentaire sur la première épitre aux Corinthiens
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