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Werke Johannes Chrysostomus (344-407) In epistulam i ad Corinthios argumentum et homiliae 1-44 Commentaire sur la première épitre aux Corinthiens
HOMÉLIE II.

1.

Ce qu'il engage les autres à faire, en disant « Que vos prières montent vers Dieu en actions de grâce », il le faisait lui-même, nous apprenant à commencer toujours par des paroles de ce genre, et à rendre grâces à Dieu avant tout. Car rien n'est plus agréable à Dieu que de nous voir reconnaissants pour nous-mêmes et pour les autres; Aussi est-ce la première pensée qu'il met en tête de presque toutes ses lettres; mais ici c'était encore plus nécessaire qu'ailleurs. En effet, celui qui remercie sent le bienfait qu'il a reçu, et rend grâce pour grâce. Mais la grâce n'est point une dette, ni un retour, ni une récompense : ce qu'il fallait dire partout, mais surtout aux Corinthiens, qui s'attachaient avidement à ceux qui déchiraient l'Eglise. « A mon Dieu ». Dans l'abondance de son amour, il s'empare, pour ainsi dire, du bien commun, et se J'approprie : Ainsi avaient coutume de faire les prophètes : « Dieu, mon Dieu » ; et il les exhorte à adopter ce langage. En effet, celui qui le tient se dégage de toutes les choses humaines, et va vers celui qu'il invoque avec une grande affection: C'est proprement le langage de l'homme qui s'élève des choses d'ici-bas vers Dieu, le préfère à tout et partout, te remercie perpétuellement non-seulement de la grâce qui lui a déjà été donnée, mais encore du bien qui a pu s'ensuivre, et lui en rend également gloire. Voilà pourquoi il ne dit pas simplement : « Je rends grâces », mais : « Je rends grâces toujours pour vous», leur apprenant par là à toujours rendre grâces, mais à Dieu seul.

« A raison de la grâce de Dieu ». Voyez-vous comme il les redresse en tout sens? Car qui dit grâce ne parle pas d'oeuvres, et qui dit oeuvres ne parle pas de grâce. Si donc c'est de grâce qu'il s'agit, pourquoi vous enorgueillissez-vous? De quoi vous enflez vous? « Qui vous a été donnée ». Et par qui ?Est-ce par moi ou par un autre apôtre? Nullement, mais par Jésus-Christ; car c'est là le sens de ces mots : « Dans le Christ Jésus ». Voyez comme il dit trouvent « dans » au lieu de « par » ; l'un n'a donc pas moins de force que l'autre. « Parce que vous avez été enrichis en tout ». Encore une fois, par qui? « En lui », ajoute-t-il. Et vous n'avez pas simplement été enrichis, mais enrichis « en tout ». Si donc il y a richesse, et richesse de Dieu, et en tout, et par le Fils unique, voyez quel ineffable trésor ! « En toute parole et en toute science » ; en toute parole non du dehors, mais de Dieu. Car il y a une science sans parole et une parole sans science; beaucoup en effet ont la connaissance, mais n'ont point la parole, comme les hommes sans lettres, par exemple, qui ne peuvent exprimer clairement ce qu'ils ont dans l'esprit. Vous n'êtes point de ce (364) nombre, dit-il, car vous pouvez penser et parler.

« Comme le témoignage du Christ a été confirmé en vous ». Tout en ne paraissant occupé que de louanges et d'actions de grâces, il ne laisse pas que de leur adresser d'assez vives remontrances. Ce n'est point, leur dit-il, par la philosophie du dehors, ni par la science du dehors, mais par la grâce de Dieu, par ses richesses, sa science,. et la parole qui vous a été donnée de sa part, que vous avez pu recevoir les enseignements de la vérité et être confirmés dans le témoignage du Seigneur, c'est-à-dire, dans la prédication. Car vous avez eu beaucoup de signes, beaucoup de miracles, une grâce ineffable pour recevoir la prédication. Si donc vous avez été confirmés par les signes et par la grâce, pourquoi chancelez-vous? Ce langage est tout à la fois celui du reproche et de la prévenance. « En sorte que rien ne vous manque en aucune grâce ». Ici une grave question se présente : A savoir comment des hommes enrichis en toute parole, en sorte que rien ne leur manque en aucune grâce, peuvent être charnels ? Car s'ils étaient tels au commencement, ils le sont beaucoup plus maintenant. Comment donc les appelle-t-il charnels? « Je n'ai pas pu », leur dit-il, « vous parler comme à des hommes spirituels, mais comme à des hommes charnels ». (I Cor. III, 1.) Que répondre à cela? C'est qu'ayant cru dès le commencement, et ayant reçu des grâces de toutes sortes, pour lesquelles ils avaient d'abord un. grand zèle, ils sont ensuite relâchés; ou, si ce n'est pas cela, il faut dire que ces divers passages ne s'adressent pas à tous, mais qu'il y en a pour ceux qui étaient dignes de blâme, et d'autres pour ceux qui étaient dignes de louanges. La preuve qu'ils avaient encore des grâces, est dans ces mots : « L'un a le don de la louange, l'autre celui de la révélation, l'autre celui des langues, l'autre celui de l'interprétation; que tout soit pour l'édification » (I Cor. XIV, 26) ; et encore : « Que deux ou trois prophètes parlent ». On peut aussi répondre que l'apôtre a suivi l'usage commun qui consiste à donner le nom du tout à la plus grande partie. De plus, je pense qu'il fait ici allusion à lui-même, aux signes qu'il leur a fait voir. Selon ce qu'il leur dit dans sa seconde épître: « Les signes de l'apôtre se sont produits au milieu de vous en toute patience » ; et encore : « Qu'avez-vous eu de moins que les autres églises? » (II Cor. XII, 12, 13.) Ou, comme je le disais, il rappelle ses propres actions, ou il s'adresse à ceux qui étaient encore dignes de louange. Car il y avait encore à Corinthe beaucoup de saints qui s'étaient voués au ministère des saints, et devinrent les premiers de l'Achaïe, comme il l'indique à la fin de sa lettre 1.

Au reste les éloges, quand même ils ne seraient pas entièrement conformes à la vérité, s'emploient cependant avec prudence, pour préparer la voie au discours. Car, dire dès l'abord des choses désagréables, c'est se fermer pour le reste l'oreille des faibles,, si en effet les auditeurs sont des égaux, .ils s'irriteront; s'ils sont de beaucoup inférieurs, ils s'attristeront. Pour éviter ces inconvénients, l'apôtre place -au début une sorte d'éloges. Au fond ce n'est point leur éloge, mais celui de la grâce de Dieu; car si leurs péchés ont été remis, s'ils ont été justifiés, c'est l'effet du don d'en-haut. C'est pourquoi il insiste sur les preuves de la bonté de Dieu, afin de mieux guérir leur maladie.

« Attendant la révélation de Notre-Seigneur Jésus-Christ ». Pourquoi vous agiter, leur dit-il , pourquoi vous troubler , parce que Jésus-Christ n'est pas là? Il y est, et son jour est proche. Voyez comme il est sage! Comment, après les avoir détachés des choses humaines, il les épouvante en leur rappelant le terrible tribunal, et en leur montrant qu'il ne suffit pas de bien commencer, mais qu'il faut aussi bien finir. Car après tant de grâces et tant de vertus, il est besoin de se souvenir de ce jour suprême, et pour arriver heureusement au terme, bien des travaux sont nécessaires.


  1. Ch. XVI, 15. ↩

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