2.
Voyez soir indignation : il ne veut pas même qu'on attende son arrivée pour lier le coupable ; mais voulant expulser le venin avant qu'il ait envahi. tout le corps, il se hâte de le contenir, en disant . «J'ai déjà jugé comme si j'étais présent ». Or, il disait cela, non-seulement pour les presser de rendre l'arrêt et les détourner de toute autre résolution , mais encore pour les effrayer en leur montrant qu'il savait ce qui devait se passer, et le jugement qui devait se rendre. C'est ce qui s'appelle être présent d'esprit ; comme Elysée l'était à Giézi, à qui il disait : « Est-ce que mon esprit n'était pas avec toi ? » (IV Rois, V, 26.) Oh ! qu'elle est grande, la vertu de la grâce, puisqu'elle fait de tous les membres un seul corps, et révèle ce qui se passe au loin ! « J'ai déjà jugé comme si j'étais présent ». Il ne leur permet pas de penser autrement : J'ai porté la sentence comme si j'étais là ;pas de retards, point de délais: tout autre parti est impossible. Ensuite, pour ne pas trop paraître agir d'autorité, et pouf que son langage ne respire pas l'arrogance, voyez comme il les associe eux-mêmes au jugement qu'il porte ! Après avoir dit : « J'ai jugé », il continue : « Que celui qui a commis un tel attentat, vous et mon esprit étant réunis au nom « de Notre-Seigneur Jésus-Christ, soit, par la présence de Notre-Seigneur Jésus-Christ, livré à Satan ». Et pourquoi : « Au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ? » C'est-à-dire, selon Dieu; sans être retenu par aucune considération humaine. Quelques-uns lisent: « Celui qui a ainsi agi au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ », et plaçant là un point ou une virgule, ils continuent ainsi te texte « Vous et mon esprit étant réunis, de livrer cet homme à Satan». Et voici, selon eux, le sens de ce passage : « Livrez à Satan l'homme qui a fait cela au nom de Jésus-Christ; c'est-à-dire, livrez à Satan. celui qui a outragé le nom (389) du Christ, celui qui, devenu fidèle, et empruntant son surnom au Christ, a osé commettre un tel crime. Mais la première leçon me paraît plus vraie.
Et quelle est-elle? « Vous étant réunis au nom du Christ », c'est-à-dire : le nom de celui qui est votre point de ralliement, vous réunissant. « Et mon esprit ». De nouveau. il se place au milieu d'eux, afin que, jugeant comme s'il était présent, ils retranchent le coupable, et que personne n'ose le croire digue de pardon, dans la conviction, que Paul saura ce qui s'est passé. Ensuite; pour augmenter la terreur, il dit : « Par la puissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ». Ce qui signifie : ou que le Christ vous donnera la grâce, afin que vous puissiez livrer le coupable au démon, ou que le Christ portera la sentence avec vous contre lui. Il ne dit pas : Le donner, mais n le livrer » à Satan, pour lui ouvrir la porte du repentir et le livrer au. démon comme à soir maître. « Un tel », encore une fois, il ne veut absolument pas prononcer son nom. « Pour la mort de sa chair ». Comme il arriva au bienheureux Job, mais non pour la même raison. Là ç'était pour mériter de plus glorieuses couronnes ; ici, c'est en expiation des péchés, pour frapper le coupable de quelque ulcère pernicieux ou d’une autre maladie. Ailleurs il dit : Dans ces souffrances « nous sommes jugés par le Seigneur » ; mais ici, pour blesser plus vivement, il le livre à Satan. Et c'était certainement l'avis de Dieu que le coupable fût châtié dans ça chair; et la chair est châtiée parce que ses convoitises sont les fruits de la débauche et des voluptés sensuelles.
« Afin que son esprit soit sauvé au jour du Seigneur Jésus». C'est-à-dire, son âme : non que l'âme soit seule sauvée, mais parce qu'il est reconnu que quand elle l'est, le corps l'est certainement aussi avec elle. Il est devenu mortel à cause d'elle ; si donc elle agit conformément à la justice; il jouira, lui aussi, d'une grande gloire. Quelques-uns prétendent que par esprit on entend ici une grâce, qui s'éteint en nous quand nous péchons.. Et pour que cela n'arrive pas, qu'il soit puni, dit l'apôtre, afin que, devenu meilleur, il s'attire la grâce et puisse là montrer saine et entière au dernier jour. Ainsi Paul ne tranche pas au hasard, ne punit pas inconsidérément, mais fait plutôt l'office de tuteur et de médecin. Car le profit de la peine est plus grand que la peine; celle-ci est passagère, celui-là dure toujours. Et il ne dit pas simplement : « Afin que son esprit soit sauvé », mais « en ce jour-là». Et c'est justement et à propos qu'il leur rappelle ce jour, afin qu'ils appliquent plus promptement le remède, et que le coupable l’accepte mieux, convaincu que ce n'est point là le langage de la colère, mais celui d'un père indulgent et prévoyant. Aussi dit-il : « Pour la mort de sa chair» ; faisant ici une loi au démon et circonscrivant son pouvoir; comme Dieu avait dit autrefois à l'occasion de Job : « Du reste ne touche point à son âme ».