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Commentaire de Saint Jean Chrysostome sur l'épître de Saint Paul aux Hébreux
3.
Nous avons un rémunérateur ; faisons donc tout au monde, pour ne pas être privés d'une récompense qui ne se donne qu'à la vertu. Qui pourrait assez pleurer le mépris que l'on ferait d'une telle récompense, et l'indifférence que l'on témoignerait pour une si glorieuse couronne; car comme Dieu saura payer largement ceux qui le cherchent, ainsi saura-t-il traiter tout autrement ceux qui n'ont point souci de lui.
« Cherchez », est-il écrit, « et vous trouverez ». (Matth. VII, 7.) Or, comment peut-on trouver le Seigneur? Réfléchissez comment on trouve l'or avec bien des travaux ! « J'ai levé mes mains vers Dieu durant la nuit », disait le Prophète, « et je n'ai pas été déçu ». (Ps. LXXVI, 3.) Quant à nous, cherchons le Seigneur, comme nous cherchons un objet perdu et de grand prix. N'est-il pas vrai qu'alors nous tournons vers un seul point tout notre esprit? N'examinons-nous pas tous les passants ? Reculons-nous devant un lointain voyage ? Ne promettons-nous pas de l'argent? Et si c'était un de nos enfants qu'il fallût retrouver, que ne ferions-nous pas? Quelle terre, quelle mer ne verrait nos démarches? Argent, maisons, propriétés, tout serait sacrifié volontiers au prix d'une telle découverte. Et l'avons-nous retrouvé, nous le saisissons, nous l'embrassons, nous ne pouvons le quitter. Pour rentrer en possession d'un si précieux trésor, enfin, aucun sacrifice ne nous paraît (546) pénible; combien plus, quand il s'agit de Dieu, devons-nous avoir de pareils sentiments, et le poursuivre comme notre bien indispensable, je devrais dire même comme incomparable à tout autre bien ? Mais nous sommes si misérables, que le me borne à dire : Cherchons Dieu, comme nous ferions pour l'argent, pour un enfant égaré. Encore une fois, pour cette tête si chère, un voyage vous effraie-t-il, ou n'auriez-vous jamais voyagé pour un motif pécuniaire? Ne sondez-vous pas tous les recoins? Et cet enfant une fois rendu à votre amour, n'ôtes-vous pas au comble de la joie?
« Cherchez», est-il dit, « et vous trouverez ». Ce qu'on cherche , surtout quand il s'agit de Dieu, exige un inquiet empressement. Bien des obstacles, en effet, nous arrêtent; bien des ombres nous offusquent, bien des luttes contrarient nos désirs. Par lui-même, le soleil éclate, il s'offre à tout regard, on n'a pas besoin de le chercher. Mais supposons qu'on veuille s'enterrer et qu'on soulève des flots de poussière, il faudra dès lors de vrais et de pénibles efforts pour voir le soleil. Ainsi en sera-t-il, si nous nous plongeons dans les bas-fonds des passions mauvaises, dans les ténèbres qui peuvent troubler le coeur, ou dans les inutiles soucis des affaires temporelles : alors à grand'peine regarderons-nous en haut, à grand peine nous élèverons-nous. Toutefois, l'homme qui se trouve au fond d'une fosse, aperçoit le soleil de plus en plus, à mesure que lui-même élève davantage son regard. Secouons donc, nous aussi, la poussière ; perçons les brouillards qui pèsent sur nos têtes. lis sont si épais et si compacts, qu'ils ne permettent pas à nos yeux de regarder en haut. — Mais, dira-t-on, comment percer ces impénétrables nuages? — En appelant et attirant vers nous les rayons du soleil, de ce soleil de justice qui éclaire les intelligences; en élevant nos mains vers le ciel, car « l'élévation de mes mains», dit le Prophète, « est mon sacrifice du soir » (Ps. CXL, 2), et surtout en élevant à la fois et nos bras et nos coeurs. Vous me comprenez, vous qui ôtes initiés aux saints mystères. Peut-être reconnaissez-vous ce que je désigne, vous voyez dans vos pensées ce que je fais entendre à demi-mot. Elevons en haut nos pensées. Je connais, moi, des hommes presque suspendus au-dessus. de cette pauvre terre, et qui regrettent de ne pouvoir prendre leur vol vers les cieux, tant ils prient avec un coeur ardent et sublime. Je voudrais que cette image, cette prière, fut la vôtre, à tous et toujours; sinon toujours, du moins souvent; sinon souvent, du moins quelquefois, du moins le matin, du moins chaque soir. Au reste, si vous ne pouvez ainsi garder vos bras étendus et élevés, du moins qu'ainsi s'élève et s'étende la libre ardeur de votre âme. Etendez-la, oui, jusqu'au ciel; si vous voulez en toucher les sommets, et même arriver plus haut, vous le pouvez.
Car notre âme est plus légère, et notre pensée est plus prompte et plus rapide que l'oiseau du ciel, par sa nature. Que si, par surcroît, elle reçoit la grâce que donne l'Esprit divin, Dieu ! qu'elle devient vive, agile, capable de tout gravir, incapable de se porter en bas, et surtout de tomber par terre ! Procurons-nous ces ailes merveilleuses ; grâce à elles, nous pourrons franchir l'océan tumultueux de ce monde. Les oiseaux les plus agiles passent au vol et sans se blesser, les monts et les précipices, les mers et les écueils. Telle est aussi notre âme; une fois qu'elle est pourvue de ses ailes, une fois qu'elle plane au-dessus des misères de la vie, rien désormais ne peut la captiver; elle est plus élevée que tout au monde, et même que les traits enflammés du démon.
Non, le démon ne peut lancer ses traits ni si juste ni si haut, qu'il puisse arriver jusqu'à elle; il prodigue ses flèches, il est vrai, car il est impudent ; mais il n'atteint pas le but, mais son dard retombe inutile, et non-seulement inutile, mais redoutable pour sa tête, sur laquelle il revient. Une fois lancée, une flèche doit toujours frapper. Le projectile qui part d'une main d'homme, frappe toujours, ou son adversaire qu'il a visé, ou un oiseau, un mur, un vêtement, une planche; ou du moins il fend l'air : tel est aussi un trait du démon; il faut nécessairement qu'il frappe. S'il ne blesse pas la personne qui sert de point de mire, il déchire la main qui l'a, envoyé. Plus d'un exemple nous prouverait que, quand nous n'avons pas souffert de ses coups, c'est lui qui les reçoit tout entiers. Ainsi, pour ne citer que ces deux faits: Il a tenté Job, ne l'a pas atteint, et a reçu le coup;, il a assailli Paul, ne la pas blessé, et s'est blessé lui-même. Et si nous sommes sages et vigilants, nous verrons ainsi que de pareils faits arrivent partout : dès qu'il frappe, il se blesse lui-même. Mais surtout lorsque nous saurons nous armer contre, lui de l'épée et du bouclier de la foi, nous serons en pleine sûreté contre ses assauts, et sans péril d'être vaincus.
Tout mauvais désir est un trait du démon. Plus qu'aucun autre, du reste, la colère est un feu, une flamme qui saisit, mord et embrase. Eteignons-le par la douceur et la patience. Comme un fer rouge plongé dans l'eau perd son feu, ainsi la colère tombant sur une âme douce et patiente, loin de la blesser, lui fait du bien, puisqu'elle en devient plus forte. Point de vertu comparable à la douceur et à la patience. Celui qui en est armé, ne sent plus l'outrage; et comme le diamant que rien ne peut entamer, ainsi devient une âme de cette trempe; elle est au-dessus de tous les traits; car l'homme doux et patient est élevé, si élevé même qu'aucun dard ne peut arriver à sa hauteur.
Un homme s'emporte, riez, vous, non pas en face de lui, de peur de l'irriter davantage, mais riez dans votre âme en vous-même et pour vous. En effet, qu'un enfant nous frappe dans sa petite colère en croyant se venger ainsi, nous rions. Si donc vous riez d'un outrage, vous mettrez entre vous et le furieux la même distance qui sépare un homme d'un enfant. Que si vous vous emportez, vous devenez enfant au contraire; car quiconque s'irrite a moins de sens que ces pauvres petits. Dites-moi, quand l'un d'entre eux s'emporte, n'en rit-on pas, encore une fois? L'homme irrité prête ainsi le flanc. Et s'il est pusillanime, il est insensé, (547) puisque, selon le Sage, « quiconque est pusillanime manque complètement de sens ». (Prov. XIV, 29.) Et qui manque ainsi de raison, n'est qu'un enfant. Au contraire, ajoute Salomon, « celui qui est patient est aussi très-prudent ». Et c'est pourquoi, mes frères, tendons à cette grande patience, qui procure à l'homme vertueux cette grande prudence, laquelle nous fera gagner les biens promis en Notre-Seigneur Jésus-Christ. Qu'avec lui soient au Père, en union avec l'Esprit-Saint, gloire, empire, honneur, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
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Homilien über den Brief an die Hebräer (BKV)
III.
Da wir also einen Belohner haben, so wollen wir Alles thun, um den Tugendpreis nicht zu verlieren; denn viele Thränen müßten fließen, würde man einen solchen Lohn übersehen, eine solche Vergeltung verachten; denn gleichwie er Jenen, die ihn suchen, ein Belohner ist, so ist er auch für Diejenigen, die ihn nicht suchen, das Gegentheil. „Suchet, und ihr werdet finden,“1 heißt es. Wie kann man aber den Herrn finden? Betrachte, wie man das Gold auffindet, nämlich mit vieler Arbeit: „Ich strecke aus meine Hände des Nachts zu ihm, und täusche mich nicht“,2 d. h. wie wir das Verlorene suchen, so sollen wir Gott suchen. Richten wir nicht unser ganzes Denken dorthin? Fragen wir nicht Alle aus? Machen wir nicht eine Reise in die Fremde? Versprechen wir nicht Geld? Setzen wir den Fall, es sei uns ein Sohn verlorengegangen. Was thun wir nicht? Welches Meer, welches Land besuchen wir nicht? Achten geringer als diesen Fund? Und wenn wir ihn gefunden haben, so halten wir ihn fest, wir umarmen ihn und lassen ihn nicht mehr zurück. Und wenn wir uns zum Suchen aufmachen, so bieten wir Alles auf, um auch zu finden, was wir suchen; - um wie viel mehr sollte Dieß nun in Bezug auf Gott stattfinden, daß wir ihn nämlich suchen als etwas Nothwendiges, oder vielmehr nicht so, sondern noch viel sorgfältiger. Aber weil wir schwach sind, suche wenigstens Gott, wie du dein Geld oder deinen Sohn suchst. Hast du nicht schon des letzteren wegen eine Reise unternommen? Bist du nicht schon aus Geldrücksichten in die Fremde gezogen? Unterziehst du dich nicht allen Mühseligkeiten? Und hast du, wenn du das Gesuchte gefunden, S. 336 nicht frohen Mut? „Suchet,“ heißt es, „und ihr werdet finden.“ Beim Suchen aber ist große Sorgfalt nothwendig, besonders in Bezug auf Gott; denn zahlreich sind die Hindernisse, Vieles verdunkelt unsere Erkenntniß, Vieles tritt derselben hemmend in den Weg. Denn gleichwie die Sonne sichtbar ist und vor Allen in der Mitte dasteht, und wir sie nicht zu suchen brauchen; - wenn wir uns aber selbst vergraben, und wollten wir Alles umkehren, viele Arbeit erforderlich ist, um zur Sonne aufzuschauen, so werden wir auch hier, wenn wir in der Tiefe der bösen Begierden, wenn wir uns selbst im Dunkel der Leidenschaften und der weltlichen Sorgen vergraben, mit Mühe durchblicken, mit Mühe emporkommen können. Wer tief vergraben ist, strebt, je mehr er aufblickt, desto mehr gegen die Sonne. Schütteln wir also den Schutt ab; zerreissen wir die auf uns lastende Finsterniß; sie ist dicht und zusammengezogen und läßt uns nicht aufwärts blicken. Und wie wird, sagt man, diese Wolke durchbrochen? Wenn wir die Strahlen der geistigen Sonne, der Sonne der Gerechtigkeit, an uns ziehen, wenn wir die Hände zum Himmel erheben: „Meiner Hände Erhebung,“ heißt es, „sei ein Abendopfer,“3 wenn wir mit den Händen auch den Sinn emporrichten. Ihr Eingeweihten wisset, was ich sagen will; ihr verstehet wohl meine Worte und habt Einsicht in Das, was ich angedeutet habe: wir wollen den Sinn zum Himmel erheben! Ich kenne viele Männer, welche fast über der Erde schwebten, und über das Maß die Hände ausstreckten und schmerzerfüllt waren, daß sie sich nicht in die Höhe erheben konnten und also mit Eifer beteten. So wünsche ich, möget ihr immer sein; wenn aber nicht immer, doch oft, wenn aber nicht oft, wenigstens manchmal, doch Morgens und Abends. Denn sage mir, kannst du deine Hände nicht ausstrecken? So laß deinen Willen sich S. 337 erheben, so weit du willst. Diesen laß selbst bis zum Himmel emporsteigen, und wenn du die höchste Höhe selbst berühren und hoch emporgestiegen dort verweilen willst: es ist dir vergönnt; denn leichter und höher als jeder Vogel erhebt sich unser Geist. Wenn er aber auch noch die Gnade des heiligen Geistes empfangen hat, ha! wie ist er dann so schnell, so durchdringend; wie umeilt er Alles und wird nicht abwärts getragen und fällt nicht zur Erde! Diese Flügel wollen wir uns verschaffen; mit ihnen sind wir im Stande, über das wogenreiche Meer dieses Lebens hinüberzufliegen. Die schnellsten Vögel schweben in kurzer Zeit unversehrt über Berge und Thalschluchten und Meere und Bergspitzen. So ist auch der Geist beschaffen. Hat er Flügel empfangen, hat er sich den Angelegenheiten dieses Lebens entzogen, so vermag ihn Nichts zu halten; er ist über Alles erhaben und höher, als die feurigen Geschoße des Teufels reichen. So zieltreffend ist der Teufel nicht, daß er diese Höhe zu erreichen vermöchte. Er schleudert zwar die Geschoße, denn er ist unverschämt, aber er trifft nicht; sondern das Geschoß kehrt ohne Wirkung zu ihm zurück, und nicht nur ohne Wirkung, sondern es fährt auf sein eigenes Haupt; denn hat er einmal ein solches abgeschleudert, so muß es unfehlbar treffen. Wie nun Dasjenige, was von Menschen geschleudert wird, entweder den Gegenstand, auf den es geworfen ward, trifft, entweder einen Vogel oder eine Mauer oder ein Kleid oder ein Holz oder die Luft selbst schneidet, so muß auch das Geschoß des Teufels ganz und gar verletzen; trifft es aber den Zielgegenstand nicht, so muß es durchaus auf Den, der es geschleudert, eindringen. Und von vielen Seiten her können wir uns davon überzeugen, daß, wenn wir nicht getroffen werden, Jener geschlagen wird. So z. B. stellte er dem Job nach; er überwand Diesen nicht, sondern wurde selbst geschlagen. Er stellte dem Paulus nach, aber er verletzte ihn nicht, sondern unterlag selber. Denn wenn er schlägt, wird er selbst getroffen, ganz besonders aber, wenn wir uns selbst mit den Schwertern und dem Schilde S. 338 des Glaubens gegen ihn bewaffnet und befestiget haben und in Sicherheit uns schirmen, so daß wir unüberwindlich sind. Ein Geschoß des Teufels aber ist die böse Begierlichkeit. Der Zorn ist meistentheils ein Feuer, eine Flamme, die um sich greift, zerstört, verbrennt, die wir aber durch Geduld und Langmuth auslöschen. Denn gleichwie glühendes Eisen, wenn es in Wasser getaucht wird, das Feuer verliert, so schadet auch der Zorn, wenn er einen Langmüthigen anfällt, einem solchen Nichts, sondern verschafft ihm vielmehr Nutzen, indem die Festigkeit noch mehr zunimmt. Nichts kommt der Langmuth gleich; wer diese besitzt, wird nie verletzt, sondern wie diamantene Körper nicht beschädiget werden, so verhält es sich auch mit solchen Seelen: ihre Höhe ist für Geschoße unerreichbar. Der Langmüthige ist erhaben und so erhaben, daß der Geschoßwurf ihm keine Verletzung beibringt. Wird also Jener zornig, so lache du; lache aber nicht offenbar, um ihn nicht zu erbittern, sondern für dich, deiner selbst wegen! Denn auch bei Kindern lachen wir, wenn sie im Zornmuthe uns schlagen, als wollten sie sich rächen. Wenn du also lachst, so wird zwischen dir und Jenem ein solcher Unterschied sein wie zwischen einem Kinde und einem Manne; zeigst du dich aber zornig, so bist du ein Kind geworden; denn die Zornigen sind unsinniger als Kinder. Sage mir, wenn Jemand seinen Blick auf einen ergrimmten Knaben fallen läßt, lacht er dann nicht? Dasselbe kann man auch bei Zornmüthigen wahrnehmen. Solche sind auch kleine Seelen, wenn aber kleine Seelen, so sind sie auch unverständig. „Wer aber ungeduldig ist,“ heißt es, „der richtet seine Thorheit auf.“4 Wer sich aber als unverständig erweist, der ist ein Kind. „Und wer geduldig ist,“ heißt es, „den leitet viel Verstand.“ Dieser Geduld also wollen wir nachstreben, - denn Die sich derselben befleissen, gewinnen S. 339 große Einsicht, - damit wir der verheissenen Güter theilhaftig werden in Christus Jesus, unserm Herrn, dem mit dem Vater und dem heiligen Geiste sei Macht, Ruhm und Ehre und Anbetung jetzt und alle Zeit und von Ewigkeit zu Ewigkeit. Amen. S. 340