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Commentaire de Saint Jean Chrysostome sur l'épître de Saint Paul aux Hébreux
3.
Voulez-vous entendre les plaisanteries et les moqueries qu'on lui décochait? La moquerie est bien ce qui nous mord le plus vivement au coeur. Eh bien ! voici, d'abord, contre sa naissance. « N'est-il pas », disaient les juifs, « n'est-il (571) pas le fils d'un charpentier? ne connaissons-nous pas et son père et sa mère? Tous ses frères ne sont-ils pas parmi nous? » (Matth. XIII, 55.) Plaisantant le Seigneur sur sa patrie, ils le disaient natif de Nazareth, et ajoutaient : « Informez-vous, et soyez sûr qu'il ne sort point de Prophète de la Galilée ». (Jean, VII, 52.) Toutes ces calomnies le trouvaient patient toujours! Ils ajoutaient : « L'Ecriture ne dit-elle pas que le Messie doit venir du bourg de Bethléem? » (Jean, VII, 42.) — Voulez-vous entendre les moqueries insultantes qu'on employait à son égard? Venant, dit l'Ecriture, jusqu'au pied de la croix, ces gens l'adoraient, le frappaient, lui lançaient des soufflets et disaient : « Dis-nous qui t'a frappé? » Et lui offrant du vinaigre : « Si tu es le Fils de Dieu », s'écriaient-ils, « descends de la croix». (Matth. XXVI, 68 et XXVII, 40.) Déjà un serviteur du grand prêtre lui avait donné un soufflet, et il n'avait répondu qu'un mot : a Si j'ai mal a parlé, faites voir ce que j'ai dit de mal; mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappez-vous? » Pour mieux l'insulter, ils lui mirent une chlamyde de pourpre et lui crachèrent au visage, sans cesser de l'accabler de questions perfides et de tentations. — Voulez-vous constater les accusations publiques ou secrètes, celles mêmes que ses disciples formulaient contre lui, puisque lui-même leur demandait : « Voulez-vous aussi vous en a aller? Possédé du démon » (Jean, VI, 68, et VII, 30), c'était un mot que prononçaient de lui ceux mêmes qui avaient cru en lui. Enfin, répondez-moi, n'est-il pas vrai qu'il en était réduit à s'enfuir, tantôt en Galilée, tantôt en Judée ? Ne fut-il pas dès le berceau ballotté par toutes sortes d'épreuves? Ne fallut-il pas qu'encore enfant, sa mère l'emportât en Egypte? C'est en souvenir de tant de douleurs que saint Paul a dit : « Jetons les yeux sur Jésus, l'auteur et le consommateur de notre foi, qui, au lieu de la vie tranquille et heureuse dont il pouvait jouir, a souffert la croix a en méprisant la honte et l'ignominie, et qui maintenant est assis à la droite du trône de Dieu ». Jetons donc nos regards sur lui, et sur ses disciples; lisons les souffrances de Paul; écoutons-le, qui nous dit : « Il nous a fallu grande patience dans les maux, dans les tribulations, dans les nécessités pressantes, dans les persécutions, les angoisses, les plaies, les prisons, les séditions, les jeûnes, les travaux, la chasteté, la science » ; et ailleurs: « Jusqu'à cette. heure nous souffrons la faim et la soif, la nudité et les mauvais traitements; nous n'avons point de demeure stable; nous travaillons avec beaucoup de peine, de nos propres mains; on nous maudit, et nous bénissons; on nous persécute, et nous le souffrons ; gon nous dit des injures, et nous répondons par ides prières». (II Cor. VI, 4; I Cor. III, 11.) Quelqu'un a-t-il souffert la moindre partie de maux pareils? On nous traite, dit-il, en séducteurs, en infâmes, en êtres vils et qui n'ont rien. Et ailleurs : « J'ai reçu des juifs, en cinq fois différentes, trente-neuf coups de fouet ; j'ai été battu de verges par trois fois, j'ai été lapidé une fois, j'ai passé une nuit et un jour au fond de là mer, j'ai fait maints pénibles voyages, avec afflictions, angoisses, famine ». (II Cor. XI, 24.) Or, entendez-le vous dire aussi combien une telle vie plaisait à Dieu : « Pour cela j'ai trois fois prié le Seigneur, et il m'a répondu : Ma grâce te suffit; car ma puissance éclate dans l'infirmité». Aussi ajoute-t-il : « Je me complais dans mes infirmités, dans les afflictions, les nécessités, les angoisses, les plaies, les prisons, afin que la vertu puissante de Jésus-Christ habite en moi ». (II Cor. XII, 8.) Enfin écoutez la parole même de Jésus-Christ : « Vous aurez l'affliction en ce monde ». (Jean, XVI, 33.)
« Pensez donc en vous-mêmes à celui qui a souffert une si grande contradiction des pécheurs qui se sont élevés contre lui; afin que vous ne vous découragiez pas et que vous ne tombiez point dans l'abattement (3) ». Saint Paul a bien droit de tenir ce langage. Car si les souffrances du prochain nous animent, combien plus d'ardeur et d'amour doit réveiller en nous la passion de Notre-Seigneur? Quel merveilleux effet doit-elle produire? — Et remarquez comment saint Paul, en négligeant le détail des peines du Sauveur, les résume toutes en ce mot: « Contradiction »; soufflets sur les joues, moqueries, insultes, reproches, railleries; l'apôtre ne fait qu'indiquer ces horreurs par ce mot contradiction ; et pourtant en dehors de celles-là, il y a toutes celles encore qui ont accompagné son enseignement évangélique.
Pensons, mes frères, pensons toujours à cette vie et à cette passion du Sauveur; occupons-en nos coeurs et le jour et la nuit, sachant que nous en recueillerons des fruits immenses, et des avantages inappréciables. Oh oui ! c'est une grande, c'est une ineffable consolation que les souffrances de Jésus-Christ, que celles encore de ses apôtres. Notre-Seigneur savait si bien que cette voie est la meilleure pour la vertu, que sans être obligé, lui, d'embrasser cette route, il y est entré tout d'abord; tant il regardait l'affliction comme une grâce, comme la mère d'un plus grand repos et d'une douce paix dans le monde à venir. Au reste, entendez-le : « Si quelqu'un ne porte pas sa croix et ne marche pas derrière moi, il n'est pas digne de moi ». (Matth. X, 38.) Comme s'il disait . Si tu es mon disciple, prouve que tu l'es en effet imite ton maître. Que s'il est venu par la route de l'application, tandis que tu prétends marcher par celle du repos et des loisirs, non, ce n'est plus sa voie que tu veux suivre, mais un tout autre chemin. Comment le suivre saris être sur ses traces.? Comment es-tu un disciple sans marcher derrière ton maître? Paul t'a condamné dans les mêmes termes : « Nous sommes les faibles; et vous, les forts ; nous sommes les gens méprisés ; vous, les honorés ! » ( I Cor. IV, 10.) Comment est-il raisonnable que nous suivions des directions si opposées quand vous êtes nos disciples, et que nous sommes vos maîtres? Donc la souffrance, mes frères, est une grande puissance : car elle produit ces deux grands effets, qu'elle efface nos péchés et qu'elle nous donne force et vigueur.
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Homilien über den Brief an die Hebräer (BKV)
III.
Wenn du aber die Spottworte und das Hohngerede wissen willst, das man gegen ihn in Bereitschaft hielt, was schmerzlich in unsere Seele einbeißt, so höre vorerst, was man in Bezug auf seine Herkunft vorbrachte: „Ist Dieser nicht,“ heißt es, „eines Zimmermannes Sohn, dessen Vater und Mutter wir kennen; und sind nicht alle seine Brüder bei uns?“1 Und wenn sie ihn bezüglich seiner Heimath verspotten wollten, sagten sie, er sei aus Nazareth. Und wieder: „Durchforsche die Schrift und siehe, daß aus Nazareth kein Prophet aufsteht.“2 Und alle diese Verunglimpfungen ertrug er. Und wieder sagten sie: Sagt nicht die Schrift: „Christus kommt aus dem Flecken Bethlehem?“3 Willst du auch die Hohnrede wissen, die sie gegen ihn selbst S. 417 beim Kreuze ausstießen? Sie beteten ihn spottweise an; sie stießen ihn und schlugen ihn in’s Angesicht und sprachen: „Weissage uns, Christus, wer ist’s, der dich geschlagen hat?“4 Und sie reichten ihm Essig dar mit den Worten: „Wenn du der Sohn Gottes bist, so steige vom Kreuze herab.“5 Auch sogar der Knecht des Hohenpriesters gab ihm einen Backenstreich, und er erwidert: „Habe ich unrecht geredet, so beweise, daß es unrecht sei, habe ich aber recht geredet, warum schlägst du mich?“6 Und zum Hohne zogen sie ihm einen Soldatenmantel um und spuckten in sein Angesicht, und bereiteten ihm immer Versuchungen, und legten ihm Fallstricke. Willst du auch die Beschuldigungen wissen, die gegen ihn im Geheimen, und öffentlich und von seinen Schülern vorgebracht wurden? Denn die Worte: „Wollet auch ihr fortgehen?“7 und: „Du hast den Teufel“8, wurden von Denen gesprochen, welche schon glaubten. Aber sage mir, floh er nicht selbst immer bald nach Galiläa, bald nach Judäa? Wurden ihm nicht von den Windeln an viele Gefahren bereitet? Nahm ihn nicht seine Mutter als kleines Kind und floh nach Aegypten? Wegen all Diesem sagt Paulus: „Und lasset uns aufblicken zu dem Anfänger und Vollender des Glaubens, zu Jesus, der für die ihm vorgelegte Freude das Kreuz erduldete, die Schmach nicht achtete, und zur Rechten des Thrones Gottes sitzt.“ Auf ihn also wollen wir hinschauen und auf die Schicksale seiner Jünger, und wollen besonders beim hl. Paulus verweilen, indem wir seine eigenen Worte anhören: „Durch große Geduld in Trübsalen, in Nöthen, in Aengsten, in Schlägen, in Gefängnissen, in Aufruhr, in Mühen, in Fasten, durch Keuschheit, mit Klugheit.“9 Und wieder: „Bis zu dieser Stunde hungern und S. 418 dursten wir, sind entblößt, werden mit Fäusten geschlagen, und haben keine bleibende Stätte. Wir arbeiten und mühen uns mit unsern Händen; man verflucht uns, und wir segnen; man verfolgt uns, und wir dulden, man lästert uns, und wir beten.“10 Kann nun Einer von uns sagen, daß er auch nur den kleinsten Theil von Dem gelitten habe? Denn wie Verführer, sagt er, wie ohne Ehre, wie Nichts habend.11 Und wieder: „Von den Juden habe ich fünfmal vierzig Streiche weniger Einen bekommen. Dreimal bin ich mit Ruthen gestrichen, einmal gesteinigt worden, einen Tag und eine Nacht bin ich in der Meerestiefe gewesen, oft auf Reisen, in Gefahren, in Mühseligkeit, in Hunger.“12 Und daß Dieses Gott gefiel, darüber höre ihn selbst sprechen: „Um deßwillen habe ich drei Mal den Herrn gebeten, daß er von mir weiche. Er aber sprach zu mir: es genügt dir meine Gnade, denn die Kraft wird in deiner Schwachheit vollkommen; darum habe ich Wohlgefallen an meinen Schwachheiten, an Schmähungen, an Nöthen, an Verfolgungen, an Bedrängnissen um Christi willen.“13 Höre aber auch, was Christus selber spricht: „In der Welt werdet ihr Bedrängniß haben.“14
3. „Denn denket, sagt er, an ihn, der solchen Widerspruch von den Sündern gegen sich erduldet hat, damit ihr nicht ermüdet, und eueren Muth nicht sinken lasset.
Mit Recht hat er Das hinzugefügt; denn wenn die leidendes Nächsten uns anspornen, welchen Muth werden wir aus den Leiden des Herrn selbst schöpfen? Wie werden sie uns nicht beistehen! Und betrachte, wie er es unterläßt, Alles anzuführen, und durch den Ausdruck Widerspruch, den er hinsetzt, das Ganze bezeichnet. Denn die S. 419 Backenstreiche, das Hohnlachen, die Schmähungen, die Beschimpfungen, den Spott, alles Dieß hat er durch das Wort „Widerspruch“ angedeutet, und nicht allein Dieses, sondern was ihm in seinem ganzen Leben, da er lehrte, begegnete. Dieß also, Geliebte. wollen wir immer bedenken, und bei Tag und Nacht in unserm Geiste erwägen, in der Gewißheit, daß wir hieraus große Güter gewinnen und großen Nutzen ziehen werden. Denn einen großen, ja in Wahrheit einen großen Trost gewähren uns die Leiden Jesu, die Leiden der Apostel. Denn so sehr erkannte er, daß dieser Weg der beste Weg zur Tugend sei, daß auch er selbst, der dessen nicht bedurfte, ihn wandelte; so sehr erkannte er es, daß die Trübsal uns heilsam ist und die Grundbedingung unserer Ruhe bildet; denn höre, was Christus selbst spricht: „Und wer sein Kreuz nicht auf sich nimmt, und mir nachfolgt, ist meiner nicht werth.“15 Durch diese Worte will er folgende Lehre ertheilen: „Wenn du ein Schüler bist, so ahme dem Meister nach, denn Das ist die Pflicht des Schülers.“ Wenn er selbst aber den Weg der Trübsal ging, du aber auf dem der Ruhe lustwandelst, so bist du mit jenem nicht auf derselben Straße, sondern auf einer andern. Wie bist du nun ein Nachfolger, wenn du ihm nicht nachgehst? Wie ein Schüler, wenn du nicht dem Meister folgst? Dieß sagt auch Paulus: „Wir sind schwach, ihr aber seid stark; ihr seid angesehen, wir aber verachtet.“ Oder welchen vernünftigen Sinn, will er sagen, kann Das haben, daß wir nach einem ganz entgegengesetzten Ziele streben, und ihr Schüler seid, wir aber Lehrer sind?
Eine herrliche Sache ist daher, Geliebte! die Trübsal; denn sie bewirkt zwei sehr wichtige Dinge: „sie tilgt die Sünden und verleiht Festigkeit.“