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Commentaire de Saint Jean Chrysostome sur l'épître de Saint Paul aux Hébreux
4.
Mais n'arrive-t-il pas, direz-vous, qu'elle renverse et qu'elle ruine ? — Non, la souffrance ne (572) produit point ces malheurs; n'en accusons que notre lâcheté. Si nous sommes sobres et vigilants, si nous prions Dieu de ne pas permettre que nous soyons tentés au-delà de nos forces; si nous nous tenons toujours étroitement attachés à liai, nous serons toujours debout, nous ferons face à l'ennemi. Tant que nous aurons Dieu pour auxiliaire, en vain les tentations souffleront plus impétueuses que tous les vents à la fois, elles ne seront pour nous que pailles et feuilles légères, qu'un rien dissipe au hasard. Ecoutez la parole de Paul : « En tous ces combats nous sommes vainqueurs ». Et ailleurs : « J'estime que toutes les souffrances de ce siècle ne sont point dignes d'être comparées avec la gloire à venir qui sera manifestée en nous ». (Rom. VIII, 37 et 18.) Et ailleurs « Notre tribulation présente, légère en elle-même, et purement momentanée, nous produira un excès incroyable, un poids ineffable de gloire éternelle ». (II Cor. IV, 16.) Remarquez quels périls affreux, quels naufrages, quelles afflictions sans nombre il qualifie de maux légers. Soyez l'émule de ce coeur de diamant enveloppé d'un corps fragile et souffreteux.
Vous êtes dans la pauvreté, peut-être ! Mais non toutefois dans une misère comme celle de Paul, qui luttait avec la faim, la soif et la nudité. Car il ne souffrit point tous ces maux seulement un jour par rencontre, mais continuellement il les endura. Et la preuve? Vous la trouverez dans sa parole
« Jusqu'à ce jour nous ne cessons de subir la « faim, la soif, la nudité ». (I Cor. IV, 11.) Et cependant quelle gloire il avait déjà acquise dans la prédication, lorsqu'il était encore réduit à toujours ainsi souffrir ! car il avait dépensé vingt années déjà dans l'enseignement de l'Evangile, quand il écrivait ces mots : « Je connais », en effet, dit-il, « un homme qui fût ravi au paradis il y a quatorze ans, est-ce avec ou sans son corps, je ne sais ». (II Cor. XII, 2.) Et ailleurs : « Trois ans après je montai à Jérusalem » (Gal. I,18) ; et dans un autre passage : « Il me serait plus avantageux de mourir, que de permettre à personne d'atténuer ma gloire ». Et ce texte se lie à celui-ci : « Nous sommes devenus comme les balayures de ce monde ». (I Cor. IX, 15; IV, 13.)
Quoi de plus pénible que la faim, que le froid, que les complots imaginés même par des frères, qu'il appelle de faux frères ? N'osait-on pas l'appeler la peste du monde, un imposteur, un démolisseur ? N'était-il pas déchiré par les fouets cruels? Appliquons à ces exemples, mes frères, nos méditations, nos pensées, nos souvenirs, et jamais nous n'éprouverons de découragement, d'abattement, quand même l'injustice nous opprimerait, quand tous nos biens nous seraient volés et qu'on nous ferait subir des maux à l'infini. Qu'il nous soit donné seulement de trouver au ciel une moisson d'estime et d'honneur, et tout devient supportable. Puissions-nous faire dignement nos affaires d'outre-tombe, et celles d'ici -bas nous paraîtront sans valeur; quelles qu'elles soient, elles ne sont que des ombres et des rêves.
Car ce qu'on peut attendre ou redouter sur la terre n'a rien de sérieux ni en soi, ni dans la durée. Que voulez-vous comparer, en effet, avec ces terreurs si légitimes et si effrayantes de l'avenir; avec ce feu qui ne peut s'éteindre; avec ce ver qui ne peut mourir? Est-il un mal du siècle qui égale le grincement des dents, les chaînes, les ténèbres extérieures, les fureurs, la désolation, les angoisses de ces supplices? Mais vous comparez la durée, peut-être? — Eh ! que font dix mille ans auprès des siècles infinis et interminables ? Ce qu'est une petite goutte d'eau, n'est-ce pas, en présence du grand abîme.
Préférez-vous comparer bonheur avec bonheur? Celui du ciel est infiniment supérieur. « L'oeil de l'homme n'a point vu », dit l'Ecriture, « son oreille n'a point entendu, son coeur ne pourra jamais comprendre cette félicité souveraine ». (I Cor. II, 9.) Et sa durée se prolongera dans l'infinité des siècles. Pour elle, par conséquent, ne serait-il pas avantageux d'être mille fois déchirés vivants, tués, brûlés, de subir mille morts enfin, de supporter en paroles et en faits tout ce qu'il y a de plus rude et de plus affreux? Devrions-nous passer, si c'était possible, toute la vie présente dans les flammes dévorantes, qu'il faudrait ainsi fout accepter pour gagner les biens que Dieu nous garde.
Mais que parlé-je ainsi à des hommes qui loin de consentir à mépriser l'argent, le poursuivent et s'y attachent comme à la seule richesse immortelle, à des hommes qui, pour avoir donné quelque petite chose sur une fortune immense, croient avoir tout fait? Non, ce n'est pas là l'aumône. L'aumône vraie, c'est le fait de cette veuve qui verse tout généreusement, jusqu'à sa dernière obole. Si vous n'avez pas le coeur de donner autant qu'une pauvre veuve, donnez du moins votre superflu, gardez le nécessaire, et rien au delà : mais personne ne sait faire le sacrifice même du superflu. J'appelle superfluité ce nombreux personnel qui vous sert, ces vêtements de soie qui vous couvrent. Rien n'est moins nécessaire, rien moins utile même que ce dont nous pouvons nous passer pour vivre; voilà, oui, des superfluités, et pour le dire une fois, de véritables excès.
Voyons toutefois, s'il vous plaît, quel est l'indispensable nécessaire de la vie. Avec deux serviteurs seulement, nous pouvons vivre. Car puisque plusieurs personnes, à nos côtés, vivent sans serviteur aucun , quelle excuse avons-nous, si deux domestiques ne peuvent nous suffire? Nous pouvons très-bien nous loger dans une maison de briques, pourvu qu'elle ait trois appartements voilà le suffisant assurément. Car n'y a-t-il pas des pères de famille, ayant femme et enfants, qui se contentent d'une seule habitation ? Or, si vous le voulez absolument, on vous accorde des domestiques.
Mais, dira une grande dame, n'est-il pas honteux pour une personne d'un certain rang, de paraître en public avec deux domestiques seulement? — Arrière cette honte. Non, une femme de haut rang n'a pas à rougir de paraître avec deux domestiques seulement; mais elle devrait rougir de se montrer avec plus nombreuse escorte. Vous riez peut-être en m'écoutant ici; eh bien ! je (573) répète, sa honte devrait être de parader avec toute une escorte. Quoi! pareils à des marchands de moutons, ou à ces cabaretiers qui vendent des esclaves, vous vous feriez une espèce de gloire à paraître avec un nombreux cortège de serviteurs! Faste et vaine gloire, en vérité; lorsque la modestie, en cela, est une preuve de sagesse et d'honorabilité. Non, il ne faut pas que voire dignité se prouve par la multitude de vos suivants : où est la vertu, à posséder toute cette valetaille ? Ce n'est certes point une vertu de l'âme; et ce qui ne prouve point une âme vertueuse, ne démontre pas non plus une âme bien née. Quand une dame est contente de peu, elle prouve mieux sa dignité native; quand elle a besoin de tant d'accessoires, elle n'est qu'une servante, plus abaissée même qu'une esclave.
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Homilien über den Brief an die Hebräer (BKV)
IV.
Wie aber, wenn sie zu Grunde richtet und zerstört? Die Trübsal thut Das nicht, sondern unsere Faulheit. Wie S. 420 denn? sagt man. Wenn wir nüchternen Geistes sind; wenn wir Gott anflehen, er möge uns nicht über unsere Kräfte versucht werden lassen; wenn wir uns immer an ihn halten, werden wir heldenmüthig und kampfbereit dastehen. Denn solange wir ihn zum Helfer haben, werden alle Versuchungen, und brausten dieselben gewaltiger als alle Stürme auf uns los, uns wie Spreu erscheinen und wie Laub, das leicht hinweggeweht wird. Höre, was Paulus spricht: „Aber in Diesem allen überwinden wir.“1 Und wieder: „Denn ich halte dafür, daß die Leiden dieser Zeit nicht zu vergleichen sind mit der zukünftigen Herrlichkeit, die an uns offenbar werden wird.“2 Und wieder: „Denn unsere gegenwärtige Trübsal, die augenblicklich und leicht ist, bewirkt eine überschwengliche, ewige, Alles überwiegende Herrlichkeit in uns.“3 Betrachte, welch’ große Gefahren, Schiffbrüche, ununterbrochene Trübsale und was sonst der Art ist, er leicht nennt, und ahme diesem diamantenen Mann nach, der gleichsam wie zum Überflüsse mit diesem Leibe bekleidet war. Bist du in Armuth? Aber in keiner solchen, worin sich Paulus befand, der in Hunger und Durst und Blöße geprüft wurde, denn er litt Dieß nicht etwa Einen Tag, sondern erduldete es fortwährend. Woraus geht Dieses hervor? Höre, was er selbst sagt: „Bis zu dieser Stunde hungern und dursten wir und sind entblößt.“4 Ha, welchen Ruhm besaß er schon in der Verkündigung des Evangeliums, als er Solches erduldete; denn er predigte schon im zwanzigsten Jahre, als er Folgendes schrieb: „Denn ich kenne,“ sagten „einen Menschen in Christo, der vor vierzehn Jahren, ob mit dem Leibe, ich weiß es nicht, ob ausser dem Leibe, ich weiß es nicht, Gott weiß es, entrückt war bis in den dritten Himmel“.5 Und wieder: „Hierauf nach drei Jahren kam ich nach Jerusalem.“6 Und höre ihn noch weiter sprechen: S. 421 „Denn lieber wollte ich sterben, als daß mir Jemand meinen Ruhm vernichte.“7 Aber nicht allein Dieses sagt er, sondern er schreibt noch weiter: „Wie ein Auswurf dieser Welt sind wir geworden.“8 Was ist drückender als Hunger, als Kälte, als Nachstellungen von Brüdern, die er falsche Brüder nennt? Hieß er nicht der Verderber des Erdkreises? Wurde er nicht Verführer und Zerstörer genannt? Wurde er nicht mit Geißeln zerfleischt? - Das wollen wir, Geliebte! im Geiste betrachten, Das wollen wir bedenken, Daran uns erinnern, und wir werden niemals erschlaffen, wenn wir auch Unrecht leiden, wenn wir beraubt werden, wenn wir unzählige Unbilden erdulden. Wenn wir nur im Himmel in gutem Andenken stehen, dann ist Alles leicht zu ertragen; wenn wir nur dort unsere Angelegenheiten in gute Ordnung bringen, dann werden wir den Begegnissen hienieden wenig Berücksichtigung schenken; denn diese sind Schatten und Traum; mögen sie aber auch sein, wie sie wollen; indem wir jene Güter hoffen und erwarten, kann Nichts hart genannt werden, möge es nun die Beschaffenheit oder die Natur betreffen. Denn was sollen wir mit jenen Übeln vergleichen? was mit dem Feuer, das nicht erlischt? was mit dem Wurm, der nicht stirbt? Was hienieden könnte man gleich heissen mit dem Zähneknirschen, den Fesseln, der äussersten Finsterniß, der Zornwuth, der Bedrängniß, der Noth? Aber was die Zeit betrifft? Und was sind zehntausend Jahre gegen eine grenzenlose und endlose Dauer? Nicht wie ein Tropfen gegen einen unermeßlichen Abgrund? Aber was die Güter betrifft? Aber die jenseitigen strahlen in noch größerem Übermaaße hervor: „Kein Auge,“ heißt es, „hat es gesehen, kein Ohr hat es gehört, und in keines Menschen Herz ist es gekommen.“9 Und Diese werden wieder in einer unendlichen Zeitdauer fortbestehen. Ist es nun kein Glück, für diese zehntausend Mal zerhauen, gemordet, S. 422 verbrannt zu werden und unzählige Male den Tod auszustehen und jedwede durch Wort und That zugefügte Qual zu erdulden? Denn wenn es möglich wäre, in einem Feuerbrande zu leben, müßte man sich nicht Allem unterziehen, um in den Besitz der verheissenen Güter zu kommen? Aber warum rede ich thörichter Weise so zu Menschen, die nicht einmal die Reichthümer verachten, sondern dieselben wie unvergängliche Schätze festhalten, und wenn sie von dem Vielen etwas Weniges geben, Alles gethan zu haben vermeinen? Das ist kein Almosen. Almosen war die Gabe jener Wittwe, welche ihr Leben von Allem, was sie hatte, entblößte. Kannst du es aber nicht über dich gewinnen, so viel wie die Wittwe zu geben, so entäussere dich doch des Überflusses; behalte, was genügt, und nicht, was du nicht brauchst. Aber Niemand findet sich, der auch nur auf den Überfluß verzichten wollte; denn so lange du viele Diener und seidene Gewänder besitzest, ist Das lauter Überfluß. Nichts gehört zu unserm nothwendigen Gebrauch, ohne welches wir leben können; Solches ist überflüssig und liegt einfach ausser unserm Bedarf. Ohne was wir (nicht)10 leben können, wollen wir sehen, wenn es beliebt. Wenn wir nur zwei Diener haben, können wir leben; denn da es Manche gibt, die keine Diener haben - welche Entschuldigung hätten wir dann, wenn uns zwei nicht genügten? Wir können auch ein Haus aus Ziegelsteinen haben, das drei Wohnräume enthält, und das reicht für uns hin; denn es gibt noch Manche, die mit Frau und Kindern nur eine einzige Wohnstätte haben? Du sollst aber, wenn du willst, zwei Diener haben. Wie aber, sagt man, ist es denn nicht schimpflich, wenn eine Freie mit nur zwei Dienern geht? Bewahre. Das ist keine Unehre, wenn sich eine Freie mit zwei Dienern zeigt; Das aber ist eine Schande, wenn sie viele um sich hat. Ihr lachet vielleicht, da ihr Solches S. 423 höret. Glaubet es, Das ist schimpflich, mit vielen einherzuschreiten. Wie die Schafverkäufer oder wie die Sklavenhändler, so haltet ihr es für etwas Großes, mit vielen Dienern euch sehen zu lassen: Das ist Hochmuth und Eitelkeit, Jenes aber Weisheit und Würde; denn die Freie soll nicht aus der Menge der Diener hervorglänzen. Was besteht aber auch für eine Tugend darin, viele Sklaven zu haben? Das ist Nichts für die Seele; was aber nicht für die Seele ist, bekundet keine Freie. Ist sie mit Wenigem zufrieden, dann ist sie in Wahrheit frei; wenn sie aber Vieles bedarf, dann ist sie dienstbar und ist geringer als Sklaven.