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Commentaire de Saint Jean Chrysostome sur l'épître de Saint Paul aux Hébreux
2.
Voyez-vous comme le. péché engendre l'incrédulité? Si l'incrédulité produit la vie criminelle, l’âme, arrivée au fond de l'abîme, méprise, et dans son dédain elle ne veut plus rien croire, pour se délivrer de toute crainte. Nous lisons dans le Psalmiste : « Ils ont dit : Le Seigneur ne nous verra pas, et le Dieu de Jacob n'en saura rien ». (Ps. XCIII, 7.) Et ailleurs : « Nos lèvres sont à nous, qui donc est notre Seigneur? » (Ps. XI, 5.) Et encore : «Pourquoi l'impie a-t-il irrité Dieu? » (Ps. X, 13.) Et ailleurs : « L'insensé a dit en son coeur : Il n'y a pas de Dieu. Ils se sont corrompus et ils ont contracté des penchants abominables ». (Ps. XIII, 1.) Et .ailleurs : « La crainte de Dieu n'est plus devant leurs yeux ». Et ailleurs : «Il a usé de ruse devant lui; Dieu a découvert et détesté l’iniquité de l'impie ». (Ps. XXXV, 2, 3.) Le Christ aussi parle en ces termes : « Tout homme qui agit mal craint la lumière et la fuit ». (Jean, III, 20.) Puis il ajoute : « Nous sommes entrés dans la participation du Christ » : que veut dire ce mot? Nous ne faisons qu'un, lui et nous. Il est la tête, nous sommes le corps, nous sommes ses cohéritiers et nous ne faisons avec lui qu'un même corps. Nous ne sommes qu'un seul corps , dit-il, formé de sa chair. et de ses os; « à condition toutefois de conserver jusqu'à la fin ce commencement de substance nouvelle qu'il a mis en nous ». — « Qu'est-ce que ce commencement de substance nouvelle? » C'est la foi par laquelle nous subsistons, par laquelle nous avons été régénérés, par laquelle nous sommes consubstantiels au Christ. Puis il ajoute : « Pendant que l'on «nous dit : aujourd'hui, si vous entendez sa voix, n'endurcissez pas vos coeurs comme il arriva au temps du murmure qui excita ma colère. »(15) . — Il y a ici une transposition, voici quelle est la suite des idées : « Craignons donc que, négligeant la promesse qui nous est faite d'entrer dans le repos de Dieu, il n'y ait quelqu'un d'entre vous qui en soit exclu? » (IV, 1.) — « Car on nous l'a annoncé aussi bien qu'à eux (2)». — « Pendant que l'on nous dit : Aujourd'hui si vous entendez sa voix». — «Aujourd'hui » signifie « en tout temps » : ensuite il dit : « Mais la parole qu'ils entendirent ne leur servit de rien, n'étant pas accompagnée de la foi dans ceux qui l'entendirent(2)».Il montre pourquoi cette parole est restée inutile; c'est qu'elle n'était point accompagnée de la foi. Il prouve cette vérité par les exemples qu'il expose : « Quelques-uns », dit-il, « ayant entendu sa voix, irritèrent Dieu par leurs murmures; mais cela n'arriva pas à tous ceux que Dieu avait fait sortir de l'Egypte (16) ». — « Or qui sont ceux que Dieu supporta avec peine pendant quarante ans, sinon ceux qui avaient péché, dont les corps demeurèrent étendus dans le désert (17) ? » — « Et qui sont ceux à qui Dieu jurait qu'ils n'entreraient jamais dans son repos, sinon ceux qui ne crurent pas en lui (18) ? ». — « En effet, nous voyons qu'ils ne purent y entrer, à cause de leur incrédulité (19) ».
Après avoir cité le témoignage de l'histoire, il emploie la forme interrogative, pour donner plus d'éclat à sa parole. « Il a dit, en effet, » s'écrie-il, « aujourd'hui si vous écoutez sa voix, n'endurcissez pas vos coeurs, comme au jour de sa colère ». Quels sont ces coeurs endurcis dont il se souvient? Quels sont ceux qui n'ont pas cru en lui? Ne sont-ce pas les Juifs? Voici le sens de ces paroles : Ils ont entendu comme nous; mais cela ne leur a servi de rien. N'allez donc pas croire qu'il vous suffira d'entendre la parole de Dieu pour en profiter! Eux aussi, ils l'ont entendue, mais sans profit, parce qu'ils n'ont pas cru. Chaleb et Jésus n'ayant pas fait cause commune avec les incrédules, ont évité le châtiment qui leur a été infligé. Et voyez ce qu'il y a ici d'admirable. Il n'a pas dit : Ils n'ont pas fait cause commune ; il a dit « Ils ne se sont pas mêlés à eux ». Ils se sont séparés de ces séditieux unis dans une même pensée. Ici, selon moi, il nous fait entendre que cette pensée était une pensée de révolte.
« Nous entrerons dans son repos » , dit - il, « nous qui avons cru » ; et pour confirmer cette proposition, il ajoute : « Dans ce repos dont il parle en disant : J'ai juré dans ma colère qu'ils n'entreraient pas dans mon repos », et Dieu parle du repos qui suivit l'accomplissement de ses ouvrages, dans la création du monde (3). On pouvait peut-être lui dire: Cela ne signifie pas que nous n'entrerons pas dans le repos; cela signifie que ces hommes d'autrefois n'y sont pas entrés. Que fait-il, pour prévenir cette objection? Il s'étudie à prouver que ce repos des premiers temps n'empêche pas de parler d'un autre; que ce repos D'empêché pas de parler du repos qui nous attend au royaume des cieux. Il veut donc montrer qu'ils n'ont point obtenu ce lieu du repos. Pour que vous sachiez que c'est bien là ce qu'il veut dire, il ajoute : « Car l'Ecriture dit en quelque lieu, parlant du septième jour : Dieu se reposa le septième jour, après avoir achevé toutes ses oeuvres (4) ». Et il est dit encore ici :« Ils n'entreront point dans mon repos (5) ». Vous voyez qu'un repos n'exclut pas l'autre. « Puisqu'il faut donc », dit-il, « que quelques-uns y entrent, et que ceux à qui la parole en fut premièrement portée, n'y sont (480) point entrés à cause de leur incrédulité (6), Dieu n détermine encore un jour particulier qu'il appelle aujourd'hui, en disant tant de temps après par David, ainsi que je viens de dire (7) ». Que veut-il dire ici? Puisque, dit-il, quelques élus doivent entrer dans le repos de Dieu et que les anciens Hébreux n'y sont pas entrés, voici une troisième espèce de repos qu'il établit. Mais comment prouve-t-il que certains élus doivent entrer dans ce repos de Dieu ? Ecoutons-le : « C'est que », dit-il, « après tant d'années », voilà David qui répète : « Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, n'endurcissez pas vos coeurs, comme aux jours de sa colère. Car, si Jésus les avait établis dans ce repos, l'Ecriture n'aurait jamais parlé, après cela, d'un autre jour (6) ». Ce langage est clair et nous fait entrevoir quelqu'autre récompense. « Il y a donc encore un sabbat réservé au peuple de Dieu (9) »; d'où résulte cette conclusion , ce précepte : « N'endurcissez pas vos coeurs ». Car si un sabbat n'existait pas, et s'ils n'étaient pas exposés à subir les mêmes châtiments, à quoi bon ce précepte, à quoi bon cette recommandation de ne pas retomber dans les mêmes fautes, pour ne pas retomber dans le même abîme de souffrances? Et comment ceux qui étaient en Palestine pouvaient-ils subir les mêmes supplices, s'il n'y avait pas encore un repos?
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Homilien über den Brief an die Hebräer (BKV)
II.
Siehst du, daß die Sünde die Mutter des Unglaubens ist? Denn wie der Unglaube ein lasterhaftes Leben gebiert, so ist die Seele, sobald sie sich in den Abgrund des Bösen verloren, voll Verachtung (gegen die Wahrheit), und in dieser Verachtung läßt sie den Glauben nicht Platz greifen, um die Furcht von sich zu verscheuchen. „Denn sie sagen,“ heißt es, „nicht sieht es der Herr, noch merkt es der Gott Jakobs;“1 und wieder: „Unsere Lippen sind für uns, wer ist unser Herr?“2 Ferner: „Warum hat der Böse Gott erbittert?“ Weiter: „Der Thor spricht in seinem Herzen: Es ist kein Gott. Verderbt sind sie geworden in ihren Anschlägen.“3 Und wiederum: „Furcht Gottes ist nicht vor ihren Augen;“4 und: „Denn er handelt trüglich vor seinem Angesichte, daß man finde seine Sünden und hasse.“5 Dasselbe sagt auch Christus: „Ein Jeder, der Böses thut, hasset das Licht und kommt nicht an das Licht.“6 Dann fügt der Apostel bei: S. 108
14. Denn wir sind Christi theilhaftig geworden. Was heißt Das: „Wir sind Christi theilhaftig geworden“? Er und wir sind Eins geworden; denn er ist das Haupt, wir aber sind der Leib und Miterben und zu einem Körper vereinigt. Ein Körper sind wir, sagt er, von seinem Fleische und von seinem Gebein; „wenn wir anders seine anfängliche Grundlage festhalten.“ Was ist Das: „Die anfängliche Grundlage“? Der Glaube, durch den wir Bestand gewonnen, durch den wir (neu) geboren und man könnte sagen mit dem wir wesenhaft verbunden wurden (συνουσιώϑημεν). Dann fügt er bei:
15. Heute, da ihr seine Stimme höret, verhärtet euere Herzen nicht wie bei jener Erbitterung!Das steht in verkehrter Ordnung;7 das Folgende aber lautet also:
Kap. IV.
1. 2. Fürchten wir also, daß wir etwa die Verheissung, in seine Ruhe einzugehen, vernachlässigen, und Jemand aus euch erfunden werde, zurückgeblieben zu sein. Denn auch uns ist die Verheissung verkündet worden, so gut wie Jenen.
So lange es heißt: „Heute, da ihr seine Stimme höret;“ denn der Ausdruck: „heute“ hat die Bedeutung von: S. 109 „immer“. Dann sagt er: „Aber Jenen nützte das vernommene Wort nicht, da sie mit Dem, was sie gehört, nicht auch den Glauben verbanden,“ wodurch er zeigt, wie das Wort nutzlos war; denn ohne Nutzen blieb es für sie, weil es mit dem Glauben nicht verbunden war. Da er sie in Furcht setzen will, weist er Dieß nach durch die folgenden Worte:
16 - 19. (Kap. III.) Denn einige, die gehört hatten, erbitterten ihn, aber nicht Alle, die unter Moses aus Ägypten zogen. Welchen zürnte er durch vierzig Jahre? Waren es nicht jene Sünder, deren Leiber in der Wüste dahinfielen? Welchen schwur er, daß sie zu seiner Ruhe nicht eingehen werden, als Denen, welche ungläubig waren? So sehen wir, daß sie nicht eingehen konnten wegen des Unglaubens.
Nachdem er wieder das Zeugniß gebracht, fügt er auch die Frage bei, was der Rede mehr Klarheit verleiht. „Denn er hat gesprochen,“ sagt er, „heute, da ihr seine Stimme höret, verhärtet euere Herzen nicht wie bei jener Erbitterung!“ Welche sind es denn, von welchen er ob ihrer Verhärtung und ihres Unglaubens spricht? Sind es nicht die Juden? Er will aber damit Folgendes sagen: Gehört haben Jene, wie auch wir hören, aber ohne daraus einen Nutzen zu ziehen. Glaubt also ja nicht, aus dem bloßen Anhören des Evangeliums (der Predigt) schon einen Vortheil zu schöpfen, da auch Jene hörten, aber ohne Belohnung verblieben, weil sie nicht glaubten. Die aber zu Chaleb und Josue hielten, entgingen, weil sie sich nicht unter die Ungläubigen mischten, d. h. denselben nicht beistimmten, S. 110 der über diese verhängten Strafe. Zu bewundern ist, wie er die Worte: „sie stimmten nicht bei“ vermeidet und sich des Ausdruckes bedient: sie mischten sich nicht (unter sie), d. h. sie standen dem Aufruhr ferne, während Jene ohne Ausnahme die eine und dieselbe Gesinnung theilten. Hier scheint er auf eine Empörung anzuspielen.
3. (Kap. IV.) Denn wir werden eingehen in die Ruhe, wenn wir geglaubt haben (dann fährt er, Dieß bekräftigend, fort) gemäß Dem, was er gesprochen: „So schwur ich denn in meinem Zorne: sie sollen nicht eingehen in meine Ruhe,“ obwohl die Werke seit Grundlegung der Welt fertig waren.
Da aber der Einwurf nahe lag, daß durch das Gesagte keineswegs bewiesen sei, wir würden nicht eingehen, sondern Jene seien nicht eingegangen, - was thut er? Er beeilt sich, zu zeigen, daß, wie jene Ruhe noch eine andere neben sich bestehen lasse, dieselbe auch nicht die Ruhe der himmlischen Seligkeit sei; indeß will er zeigen, daß Jene die Ruhe nicht erlangt haben. Daß er aber Dieß sagt, wird aus dem Folgenden klar.
4. 5. (Denn die Schrift) spricht an irgend einem Orte von dem siebenten Tage also: Und Gott ruhte am siebenten Tage von allen seinen Werken. Und an jenem Orte abermal: Sie sollen nicht eingehen in meine Ruhe.
Siehst du, wie jene Ruhe diese nicht ausschließt? S. 111
6. 7. Weil nämlich noch zu erwarten ist, daß Einige in dieselbe eingehen, nachdem Die, denen es zuerst verkündet worden, nicht eingegangen sind wegen ihres Unglaubens: so bestimmt sie (die Schrift) nochmals einen Tag, ein Heute, indem sie nach so langer Zeit durch David spricht, wie oben gesagt worden: Heute, wenn ihr seine Stimme höret, verhärtet euere Herzen nicht!
Was sagt er aber mit diesen Worten? Da Einige ganz und gar eingehen sollen, Jene aber nicht eingegangen sind, so setzt er eine dritte Ruhe fest. Hören wir aber, wie er beweist, daß Einige nothwendig eingehen müssen! Weil nach so vielen Jahren, sagt er, David wiederum spricht: „Heute, wenn ihr seine Stimme höret, verhärtet euere Herzen nicht wie bei der Erbitterung!“
8. Denn hätte Josue sie zur Ruhe gebracht, sowürde er darnach nicht von einem anderen Tage sprechen.
Offenbar sagt er Dieses im Hinblick aus Solche, die noch in der Zukunft eine Vergeltung erlangen werden.
9. Also steht noch eine Sabbatruhe für das Volk Gottes zu erwarten.
Warum? Weil die Aufforderung besteht: „Verhärtet euere Herzen nicht!“ Denn sollte kein Ruhetag folgen, so würde keine solche Ermahnung ergehen, noch auch befohlen werden, ja nicht Dasselbe zu thun, damit sie nicht gleicher Strafe verfielen, wenn sie nicht Dasselbe erfahren sollten. Wie hätten aber Diejenigen, welche Palästina besaßen, Dasselbe erfahren sollen, wenn es nicht eine andere Ruhe gäbe? S. 112