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Werke Ambrosius von Mailand (340-397) De Officiis Ministrorum Des Devoirs
LIVRE I

XXX. La bienfaisance est faite de bienveillance et de générosité.

Mais parlons maintenant de la bienfaisance qui se divise aussi elle-même en bienveillance et générosité. C'est donc à partir de ces deux vertus que se constitue la bienfaisance pour qu'elle soit parfaite : il ne suffit pas en effet de bien vouloir, mais il faut encore bien faire, et il ne suffit pas d'autre part de bien faire si cela ne procède d'une bonne source, c'est-à-dire de la bonne volonté. « Dieu aime en effet celui qui donne avec joie ». De fait, si tu agis contre ton gré, quelle récompense y a-t-il pour toi ? Aussi l'apôtre dit-il d'une manière générale : « Si je fais cela de mon plein gré, j'ai une récompense, mais si je le fais contre mon gré, c'est une fonction qui m'a été confiée » ». Dans l'Évangile aussi nous avons reçu de nombreuses leçons de juste générosité.

Ainsi donc il est beau de bien vouloir et de donner dans le dessein d'être utile, non pas de nuire. De fait, si tu penses devoir donner au débauché pour la profusion de sa débauche, à l'adultère pour la récompense de son adultère, cela n'est pas bienfaisance, là où n'est aucune bienveillance. C'est en effet être nuisible, non pas être utile à autrui, si tu donnes à celui qui complote contre la patrie, qui désire rassembler à tes frais des hommes perdus pour attaquer l'Église. Ce n'est pas une généro-sité qu'on puisse approuver si tu aides celui qui tranche contre la veuve et les orphelins, lors d'une grave que-relle, ou qui, par quelque violence, cherche à enlever leurs biens.

On n'approuve pas une largesse, si ce dont un homme fait largesse à l'un, il l'arrache à l'autre, s'il acquiert injustement et pense pouvoir distribuer juste-ment. A moins par hasard, comme le fameux Zachée, que tu ne rendes d'abord le quadruple à celui que tu as volé et que tu ne répares les vices du paganisme par le zèle de la foi et par l'action du croyant. Que ta géné-rosité ait donc un fondement.

On demande d'abord que tu donnes avec bonne foi, ne commettes pas de fraude sur tes offrandes, que tu ne dises pas que tu donnes plus, alors que tu donnes moins. Qu'est-il en effet besoin de le dire ? C'est une fraude sur la promesse : il est en ton pouvoir de faire la largesse que tu voulais. La fraude détruit le fondement et l'oeuvre s'écroule. Est-ce par indignation que Pierre s'échauffa au point de vouloir la mort d'Ananie ou de son épouse ? Mais c'est qu'à leur exemple, il ne voulut pas que tous les autres se perdissent.

Et cette générosité n'est pas parfaite, si tu fais des largesses plus par vanité que par miséricorde. C'est la disposition de ton âme qui impose son nom à ton oeuvre : c'est de la manière dont elle procède de toi, qu'elle est jugée. Tu vois à quel point s'intéresse à ta conduite le juge que tu as : il te consulte ; pour savoir comment accueillir ton oeuvre, il interroge d'abord ton âme ; « que ta main gauche, dit-il, ignore ce que fait ta main droite ». Il ne parle pas du corps ; mais que même ton intime, ton frère ignore ce que tu fais, de peur qu'en recherchant ici-bas le prix de la vanité, tu ne perdes là-haut le bénéfice de la récompense. Or la géné-rosité est parfaite lorsque l'homme cache son oeuvre sous le silence et subvient en secret aux besoins de cha-cun, lorsque le loue la bouche du pauvre et non pas ses propres lèvres.

Ensuite la générosité parfaite se recommande par la foi, par le cas, par le lieu, par le moment, en sorte que tu agisses d'abord à l'égard de tes familiers dans la foi. C'est une grande faute, si, toi le sachant, un fidèle vient à se trouver dans le besoin ; si tu sais qu'il est sans moyens financiers, qu'il endure la faim, qu'il subit une épreuve celui surtout qui peut rougir de se trouver dans le besoin s'il est tombé dans un cas, ou bien de captivité des siens ou bien de calomnie, et que tu ne l'aides pas ; s'il est en prison et affligé de châtiments et de tortures à cause de quelque dette, tout en étant juste car bien que la miséricorde soit due à tous, elle l'est cependant davantage au juste si au moment de son affliction, il n'obtient rien de toi, si au moment du danger qui l'entraîne à la mort, ton argent vaut plus à tes yeux que la vie de qui va mourir. A ce sujet, Job a dit cette belle parole : « Que la bénédiction de celui qui va périr vienne sur moi ».

Dieu assurément ne fait point acception des per-sonnes, car il connaît toutes choses. Quant à nous, c'est à tous assurément que nous devons la miséricorde, mais parce que un grand nombre la demandent par fraude et ajoutent faussement à leurs tribulations, pour cette raison, c'est lorsque le cas est éclairci, lorsque la personne est connue et que le temps presse, que la misé-ricorde doit se répandre plus largement. Le Seigneur en effet n'est pas avide au point de demander le plus : Bienheureux assurément celui qui abandonne toutes choses et le suit, mais il est aussi bienheureux celui qui fait par la disposition de son âme la valeur de ce qu'il a. Ainsi le Seigneur préféra les deux pièces de cette veuve aux présents des riches, parce qu'elle donna tout ce qu'elle avait, tandis que ceux-ci donnèrent de leur abondance une part infime. C'est donc la disposition de l'âme qui fait le don riche ou pauvre et impose aux choses leur prix. Du reste le Seigneur ne veut pas que les ressources soient prodiguées d'un coup, mais qu'elles soient réparties ; à moins par hasard de faire comme Elisée qui tua ses boeufs et nourrit les pauvres de ce qu'il avait, afin de n'être retenu par aucun souci domestique mais, ayant tout quitté, de se consacrer à la vie de prophète.

Elle est aussi à approuver, cette générosité qui veut que tu ne négliges pas les proches de ta famille, si tu les sais dans le besoin. Il vaut mieux en effet que tu subviennes en personne aux tiens qui ont honte de réclamer à d'autres un subside ou de solliciter de l'aide pour quelque nécessité ; que ce ne soit pas cependant pour qu'ils veuillent s'enrichir de ce que tu peux donner aux indigents. Leur cas, de fait, a priorité, mais non pas leur agrément. Et en effet ce n'est pas à cette fin que tu t'es consacré au Seigneur, d'enrichir les tiens, mais pour acquérir à ton profit la vie éternelle en béné-fice de ta bonne oeuvre, et pour racheter tes péchés au prix de ta miséricorde. Ils pensent qu'ils réclament trop peu ; mais c'est ce prix qu'ils demandent, c'est le bénéfice de ta vie qu'ils prétendent enlever. Et celui-là t'accuse de ne pas l'avoir enrichi, alors que lui veut te frustrer de la récompense de la vie éternelle.

Nous avons exprimé un conseil, recherchons une autorité. Tout d'abord il faut que personne n'ait honte si, de riche qu'il était, il devient pauvre en faisant largesse au pauvre, car le Christ « est devenu pauvre alors qu'il était riche » pour tous nous enrichir de son indigence Il a donné la règle à suivre pour qu'il y ait une bonne raison d'avoir épuisé son patrimoine : le cas où l'on a repoussé la faim des pauvres, soulagé l'indigence. Aussi « c'est un conseil que je donne sur ce point, dit l'apôtre : cela vous est en effet utile » d'imi-ter le Christ. On donne conseil aux bons, tandis que la réprimande corrige ceux qui s'égarent. Ainsi il dit comme à des bons que « vous avez commencé non seulement à faire, mais aussi à vouloir depuis l'année passée ». Aux parfaits appartiennent l'un et l'autre et non pas une partie. Et ainsi il enseigne, et que la générosité sans bienveillance et que la bienveillance sans générosité ne sont pas parfaites. Aussi exhorte-t-il à la perfection en disant : « Maintenant donc achevez aussi de faire, de telle sorte que, de même que la volonté de faire est manifeste en vous, de même le soit aussi celle de parfaire avec ce que vous avez. Si en effet la volonté s'est mise en avant, c'est en fonction de ce qu'elle a que cela est agréé, et non pas en fonction de ce qu'elle n'a pas. Le but n'est pas en effet le rétablissement pour les autres, et le manque pour vous, mais que par égalité en ce temps, votre abon-dance serve à leur indigence, comme aussi leur abondance à votre indigence, en sorte que se fasse l'égalité selon qu'il est écrit : « Celui qui avait beaucoup ne fut pas dans l'abondance et celui qui avait peu ne fut pas dans le besoin ».

Nous observons comment l'apôtre comprend la bienveillance, la générosité, la mesure, le bénéfice et les personnes. La mesure pour cette raison qu'il donnait conseil aux imparfaits : ce ne sont en effet que les impar-faits qui souffrent de manquer. Mais si quelqu'un, ne voulant pas être à charge à l'Église, alors qu'il est cons-titué dans quelque sacerdoce ou ministère, ne distribue pas tout ce qu'il a, mais donne avec beauté morale, autant qu'il suffit au devoir de sa charge, il ne me paraît pas être imparfait. Et je pense qu'ici l'apôtre a parlé d'un manque non pas de coeur, mais de patrimoine.

Mais je pense que c'est de personnes qu'il a été dit : « Que votre abondance serve à leur indigence et leur abondance à votre indigence ». C'est-à-dire : que l'abondance du peuple soit d'un bon effet pour soulager leur indigence de nourriture, et que leur abondance spi-rituelle secoure dans la foule l'indigence du mérite spi-rituel et lui apporte la grâce.

Et de cela il a fourni un très bon exemple : « Celui qui avait beaucoup, ne fut pas dans l'abondance, et celui qui avait peu ne fut pas dans le besoin ». C'est une bonne exhortation au devoir de la miséricorde, pour tous les hommes, que cet exemple, parce que, d'une part, celui qui possède beaucoup d'or n'est pas dans l'abondance car tout ce qui est dans le monde n'est rien et que d'autre part, celui qui a petitement, n'est pas dans le besoin car ce qu'il laisse n'est rien. Un bien n'est pas susceptible de perte, qui tout entier est perte.

II est encore une bonne interprétation, de la manière suivante : Celui qui a beaucoup, quoiqu'il ne donne pas, n'est pas dans l'abondance, car il peut acqué-rir autant qu'on veut, il est toujours dans le dénuement, celui qui désire davantage ; et celui qui a petitement, n'est pas dans le besoin, car ce n'est pas grand chose, ce qui nourrit le pauvre. De la même manière par consé-quent ce pauvre aussi qui apporte des biens spirituels en échange de biens pécuniaires, quoiqu'il ait beaucoup de grâce, n'est pas dans l'abondance : en effet la grâce ne charge pas mais allège l'âme.

Mais on peut encore comprendre de la manière suivante : Tu n'es pas, ô homme, dans l'abondance. Quelle est en effet l'importance de ce que tu as reçu, quoique ce soit une grande chose pour toi ? Jean en comparaison de qui nul n'est plus grand parmi les enfants des femmes, était cependant inférieur à celui qui est le plus petit dans le royaume des cieux.

On peut aussi comprendre de la manière suivante : La grâce de Dieu n'abonde pas corporellement, parce qu'elle est spirituelle. Qui peut embrasser ou la grandeur ou la largeur de cette grâce qu'il ne voit pas ? La foi, si elle est comme un grain de sénevé 1, peut transporter les montagnes, et il ne t'est pas donné plus qu'un grain de sénevé. Si la grâce abonde en toi, ne faut-il pas craindre que ton âme ne se mette à s'enorgueillir d'un si grand bienfait, car ils sont nombreux ceux qui de la hauteur de leur c?ur s'effondrèrent plus lourde-ment que s'ils n'avaient eu aucune grâce du Seigneur ? Et celui qui n'a guère n'est pas dans le besoin, parce que ce n'est pas un bien corporel en sorte qu'on puisse le fractionner, et ce qui ne paraît guère à celui qui l'a, est beaucoup pour celui à qui rien ne fait défaut.

II faut considérer, même dans l'attribution de largesses, l'âge et la faiblesse parfois même la modestie qui révèle une origine libre afin de faire davantage de largesses aux vieillards qui ne peuvent plus se pro-curer leur nourriture par leur travail. Il en va de même de la faiblesse physique, et il faut la secourir plus rapide-ment ; également si quelqu'un tombe de la richesse dans l'indigence et surtout s'il a perdu ce qu'il avait, non pas par sa faute, mais du fait de brigandages, de proscrip-tion ou de fausses accusations.

Mais quelqu'un dira peut-être : « Un aveugle reste assis en un endroit et l'on passe devant... et un jeune homme solide reçoit souvent ». Et c'est vrai, parce qu'il s'impose, à force d'importunité. Ce n'est pas une question de jugement, mais de lassitude. De fait, le Seigneur aussi dans l'Évangile dit de celui qui déjà avait fermé sa porte que, si quelqu'un frappe à sa porte avec pas mal d'impu-dence, il se lève et lui donne à cause de son importunité.


  1. Sénevé est le nom commun de la plante dont les grains fournissent la moutarde (Sinapis nigra). La plante peut atteindre jusqu’à trois mètres de hauteur. La parabole du grain de moutarde dérive de cette différence entre "la plus petite de toutes les semences" et la plante à venir, qui devient plus grande que les autres plantes potagères. ↩

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