Edition
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De carne Christi
XXII
[1] Deleant igitur et testimonia daemonum filium David proclamantia ad Iesum, sed testimonia apostolorum delere non poterunt, si daemonum indigna sunt. ipse imprimis Matthaeus, fidelissimus evangelii commentator ut comes domini, non aliam ob causam quam ut nos originis Christi carnalis compotes faceret ita exorsus est: Liber generaturae Iesu Christi filii David filii Abrahae. [2] his originis fontibus genere manante cum gradatim ordo deducitur ad Christi nativitatem, quid aliud quam caro ipsa Abrahae et David per singulos traducem sui faciens in virginem usque describitur inferens Christum--immo ipse Christus prodit --de virgine? [3] sed et Paulus, utpote eiusdem evangelii et discipulus et magister et testis, quia eiusdem apostolus Christi, confirmat Christum ex semine David secundum carnem, utique ipsius. ergo ex semine David caro Christi. sed secundum Mariae carnem ex semine David: ergo ex Mariae carne est dum ex semine est David. [4] quocunque detorseris dictum, aut ex carne est Mariae quod ex semine est David, aut ex David semine est quod ex carne est Mariae. totam hanc controversiam dirimit idem apostolus ipsum definiens esse Abrahae semen: cum Abrahae, utique multo magis David, quasi recentioris. [5] retexens enim promissionem benedictionis nationum in semine Abrahae, Et in semine tuo benedicentur omnes nationes, Non, inquit, dixit seminibus tanquam de pluribus, sed semine, de uno, quod est Christus. [6] qui haec nihilominus legimus et credimus, quam debemus et possumus agnoscere in Christo carnis qualitatem? utique non aliam quam Abrahae, siquidem semen Abrahae Christus: nec aliam quam Iesse, siquidem ex radice Iesse flos Christus: nec aliam quam David, siquidem fructus ex lumbis David Christus: nec aliam quam Mariae, siquidem ex Mariae utero Christus: et adhuc superius nec aliam quam Adae, siquidem secundus Adam Christus. consequens ergo est ut aut illos spiritalem carnem habuisse contendant, quo eadem conditio substantiae deducatur in Christum, aut concedant carnem Christi spiritalem non fuisse, quae non de spiritali stirpe censetur.
Übersetzung
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De la chair de Jesus-Christ
XXII.
Que l'on efface les témoignages des démons qui proclament Jésus fils de David, à la bonne heure; du moins ne pourra-t-on pas effacer les témoignages des Apôtres, si ceux des démons ne méritent pas d'être reçus. A leur tête, Matthieu, le plus fidèle interprète de l'Evangile, parce qu'il était le compagnon du Seigneur, sans autre dessein que de nous faire connaître l'origine de Jésus-Christ selon la chair, commence par ces mots: « Livre de la génération de Jésus-Christ, fils de David, fils |429 d'Abraham. » Puisque telles sont les sources sacrées d'où part cette descendance que l'Apôtre conduit de degré en degré à la naissance du Christ, qu'est-ce que cette chair, sinon la chair d'Abraham et de David, passant par diverses générations pour arriver jusqu'à la Vierge, et par la Vierge au Christ? Il y a mieux; l'Evangile ne dit-il pas que le Christ est né de la Vierge?
Venons à Paul, qui, disciple, maître et témoin du même Evangile, en sa qualité d'Apôtre du même Christ, confirme « que Jésus-Christ est de la postérité de David, selon la chair, » la chair du Christ, conséquemment. La chair du Christ est donc la postérité de David. Mais c'est selon la chair de Marie, qu'il est de la postérité de David: donc il est de la chair de Marie puisqu'il est de la postérité de David. En quelque sens que tu tortures ce mot, ou ce qui est de la postérité de David est de la chair de Marie, ou ce qui est de la chair de Marie est de la postérité de David. L'Apôtre met fin à cette discussion en déclarant que Je Christ est la postérité d'Abraham. D'Abraham! à plus forte raison de David, qui est bien plus récent. Rapportant la promesse que les nations seront bénies au nom d'Abraham: « Toutes les nations de la terre seront bénies en celui qui sortira de toi, » l'Apôtre ajoute: « L'Ecriture ne dit pas: dans ceux qui sortiront de toi, comme si elle en eût voulu marquer plusieurs, mais elle dit en parlant d'un seul: dans celui qui naîtra de toi, c'est-à-dire le Christ. » Nous qui lisons et qui croyons ces témoignages, quelle qualité devons-nous et pouvons-nous assigner à la chair du Christ? La même qu'à celle d'Abraham, indubitablement, puisque le Christ est la postérité d'Abraham; la même qu'à celle de Jessé, puisque le Christ « est une fleur de la tige de Jessé; » la même qu'à celle de David, puisque le Christ est un fruit du sang de David; la même qu'à celle de Marie, puisque le Christ est sorti du sang de Marie; faut-il remonter encore plus haut? la même qu'à celle d'Adam, puisque le Christ « est le second Adam. » |430 La conséquence veut donc ou que l'on reconnaisse qu'ils ont eu tous une chair spirituelle, pour que l'on puisse attribuer à Jésus-Christ un corps de même nature, ou que l'on nous accorde que la chair de Jésus-Christ n'a pas été de nature spirituelle, puisqu'elle n'est pas sortie d'une tige dont la chair ait été spirituelle.