1.
« L'herbe ayant donc poussé, et étant montée en épis, l'ivraie parut aussi. » Lorsque l'homme devient spirituel et juge de tout 1, alors on commence à bien distinguer les erreurs. Les serviteurs dirent au maître : « Voulez-vous que nous allions arracher l'ivraie? » Sont-ce ces mêmes serviteurs qui sont appelés moissonneurs un peu plus loin ? Comme Notre-Seigneur désigné ses anges sous le nom de moissonneurs dans l'explication de la parabole, mais que personne n'oserait dire que les anges ont ignoré qui avait semé l'ivraie, et qu'ils ne l'ont vue que quand l'herbe eût poussé, n'est-il pas préférable d'admettre que les serviteurs signifient les hommes fidèles, figurés d'ailleurs par la bonne semence ? Il n'y a rien d'étonnant que ces hommes soient appelés à la fois la bonne semence et les serviteurs du père de famille, de même que le Sauveur s'appelle lui-même et la porte du bercail et le pasteur du troupeau 2. Une chose reçoit en effet de diverses significations des applications différentes. Ce qui fortifie cette hypothèse, c'est qu'en s'adressant aux serviteurs il ne dit pas: « Au temps de la moisson, » je vous dirai ; mais : « je dirai aux moissonneurs. » D'où il suit que le soin de ramasser l'ivraie pour la brûler dans le feu constitue une mission à part et que nul enfant de l'Eglise ne doit s'estimer appelé à la remplir.