4.
Et qu'on ne soit point surpris de cette autre parole du même Prophète : « Si vous ne croyez point, vous ne comprendrez point 1 ; » qu'on n’y voie pas une sorte de contradiction avec ce passage de saint Jean : « Ils ne pouvaient croire, parce que Dieu avait aveuglé leurs yeux ; » ce qui veut dire, que les paraboles de Notre-Seigneur étaient formulées en termes tels, qu'ils ne pouvaient y rien comprendre. Quelqu'un dira en effet Mais s'ils devaient croire pour comprendre, comment se fait-il qu'ils ne pouvaient pas croire, parce qu'ils ne comprenaient point, c'est-à-dire parce que leurs yeux étaient aveuglés ? Or ces paroles d'Isaïe : « Si vous ne croyez point, vous ne comprendrez point, » s'entendent de l'intelligence des réalités inénarrables, où l'on sera fixé pour toujours; au lieu que quand on nous dit ce que nous devons croire, nous ne pouvons le croire sans le comprendre. Il faut donc comprendre ce qu'on nous dit, afin de comprendre ce qui peut se dire ; et croire ce qui peut se dire, afin de comprendre ce qui ne saurait s'exprimer.
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Is. VII, 9 selon les Sept. ↩