3.
Comment tout est dans le Verbe. — La volonté du Verbe éternel est toujours immuable, parce qu'elle possède en même temps toutes choses : mais la nôtre n'a point de stabilité, précisément parce qu'elle n'est pas dans les mêmes conditions ; c'est pourquoi nous voulons tantôt une chose, tantôt une autre. Tout ce qui a été fait pour l'homme a été connu par lui à l'avance, de la même manière qu'un peintre a dans l'idée de reproduire sur la toile tout un palais, et prévoit ou tonnait le lieu où il doit le. peindre : ainsi le Verbe a tout en idée, en préparation, en volonté, quoiqu'il exécute chaque chose en son temps et à des époques déterminées. C'est ainsi que toute créature, et l'humanité même, en qui devait se personnifier la Sagesse d'une manière mystique et ineffable, était de tout temps, comme par un art éternel de Dieu, dans cette même sagesse, quoiqu'elle fasse chaque chose en son temps, atteignant avec force depuis une extrémité jusqu'à l'autre, disposant tout avec douceur, et renouvelant toutes choses, en demeurant immuable en elle-même 1.
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Sag. VIII, 1 ; VII, 27. ↩