4.
La mort et le progrès dans la vertu. — A propos de la manière dont on désirerait vouloir mourir, si un homme, doué d'une foi intègre et qui voit où il doit en venir, parvenait à vouloir mourir comme il le souhaite, il aurait déjà fait du progrès, pour être prêt à quitter cette vie sans répugnance. Car autre chose est de voir où il faut en venir, autre chose d'aimer ce terme de l'existence et de désirer l'atteindre : celui qui éprouve ce désir dans son coeur doit nécessairement mourir sans regret. C'est donc en vain que plusieurs, qui sont animés d'une foi véritable, disent qu'ils ne veulent pas mourir, afin de faire des progrès; puisque leur progrès consiste précisément à vouloir mourir. Par conséquent, s'ils veulent être sincères, qu'ils ne disent pas : Je ne veux pas mourir, afin de l'aire des progrès ; mais : Si je ne veux pas mourir, c'est parce que je n'ai pas fait de progrès. Ne pas vouloir mourir, n'est donc pas un conseil de perfection pour des fidèles, mais c'est l'indice qu'ils n'ont point fait de progrès. Ce qu'ils ne veulent pas. dans le dessein d'être parfaits, qu'ils le veuillent donc, et la perfection leur est assurée.
Traduit par M. l'abbé POGNON.