Translation
Hide
On Continence
15.
And there are also they who in excuse of their sins so accuse God, as to say that sins are pleasing to Him. For, if they were displeasing, say they, surely by His most Almighty power He would by no means suffer them to take place. As though indeed God suffered sins to be unpunished, even in the case of those whom by remission of sins He frees from eternal punishment! No one forsooth receives pardon of more grievous punishment due, unless he hath suffered some punishment, be it what it may, although far less than what was due: and the fullness of mercy is so conveyed, as that the justice also of discipline is not abandoned. For also sin, which seems unavenged, hath its own attendant punishment, so that there is no one but by reason of what he hath done either suffers pain from bitterness, or suffers not through blindness. As therefore you say, Why doth He permit those things, if they are displeasing? so I say, Why doth He punish them, if they are pleasing? And thus, as I confess that those things would not take place at all, unless they were permitted by the Almighty, so confess thou that what are punished by the Just One ought not to be done; in order that, by not doing what He punishes, we may deserve to learn of Him, why He permits to exist what He punishes. For, as it is written, "solid food is for the perfect," 1 wherein they who have made good progress already understand, that it pertained rather unto the Almighty power of God, to allow the existence of evils coming from the free choice of the will. So great forsooth is His Almighty goodness, as that even of evil He can make good, either by pardoning, or by healing, or by fitting and turning unto the profit of the pious, or even by most justly taking vengeance. For all these are good, and most worthy a good and Almighty God: and yet they are not made save of evils. What therefore better, what more Almighty, than He, Who, whereas He maketh no evil, even of evils maketh well? They who have done ill cry unto Him, "Forgive us our debts;" 2 He hears, He pardons. Their own evils have hurt the sinners; He helps and heals their sicknesses. The enemies of His people rage; of their rage He makes martyrs. Lastly, also, He condemns those, whom He judges worthy of condemnation; although they suffer their own evils, yet He doeth what is good. For what is just cannot but be good, and assuredly as sin is unjust, so the punishment of sin is just.
Translation
Hide
De la continence
15.
Il est aussi des hommes qui, pour excuser leurs fautes, soutiennent que Dieu n'a pour Le péché que des complaisances., Si le péché déplaisait à Dieu, disent-ils, armé qu'il est d'une puissance infinie, il n'en permettrait pas la perpétration. Ils oublient donc que Dieu ne laisse impuni aucun péché, même pour ceux que la rémission de leurs fautes doit arracher au supplice éternel. Aucun pécheur, en effet, ne reçoit la remise d'une peine plus grave, .qu'en, en subissant.. une autre, quelqu'inférieure qu'elle puisse être. Dès lors l'immensité de la miséricorde laisse toujours place à la justice. Tel péché vous (95) paraît-il impuni ? son châtiment n'en est que plus rigoureux, car s'il n'est point expié par l'amertume de la douleur, il l'est par l'aveuglement et l'endurcissement du coeur. Pourquoi, demandez-vous, Dieu permet-il le péché, si le péché lui déplaît ? Si le péché plaît à Dieu, demanderai-je à mon tour, pourquoi le punit-il ?J'avoue de mon côté que nulle faute ne se commettrait, si le Tout-Puissant ne le permettait; avouez donc aussi que ce qui doit être puni justement, ne doit pas être commis. Et c'est en évitant ce qu'il punit, que nous mériterons d'apprendre de Dieu lui-même pourquoi il permet ce qu'il doit punir.
« Pour les parfaits, il faut une nourriture « solide », écrivait saint Paul aux Hébreux1. Tous ceux donc qui reçoivent cette nourriture des forts, comprennent qu'il était digne de la Toute-Puissance divine de laisser libre la volonté humaine et de permettre le mal qui pouvait én résulter. Mais sa bonté est aussi toute-puissante; à elle donc de tirer le bien du mal, soit en pardonnant, soit en guérissant, soit en disposant toutes choses pour le bien des justes, soit enfin en exerçant contre le mal une vengeance légitime. Or tout cela est bien; tout cela est vraiment digne d'un Dieu bore et tout-puissant, et cependant tous ces biens sont tirés du mal. Où trouverons-nous la perfection suprême et la toute-puissance, si ce n'est en Celui qui, étranger au mal, sait changer en bien le mal lui-même ? Les pécheurs élèvent vers lui ce cri de la prière : « Pardonnez-nous nos offenses2 », et il les exauce, il leur pardonne. Le mal a laissé dans les pécheurs de profondes blessures; il les cicatrise et les guérit. Tels ennemis poursuivent les justes de leur fureur, et Dieu fait, de leurs victimes, de glorieux martyrs. Ceux enfin qu'il juge dignes de la réprobation, il les condamne; et en faisant ainsi retomber sur les méchants leur propre malice, Dieu n'accomplit que le bien. En effet, ce qui est juste peut-il ne pas être bien ? et si le péché est injuste, le châtiment qui le frappe peut-il ne pas être juste?