3.
Nos adversaires opposent aussi à l'Ancien Testament, le passage où l'Apôtre déclare que Dieu ne se complaît que dans la paix et non dans la division et la guerre1. Mais qu'ils sachent donc que dans les Ecritures Dieu nous est représenté tel que personne ne peut lui ravir la paix dont il jouit en lui-même. D'un Dieu comme ils le prêchent, qui craignant l'attaque pour son empire, lance au loin chacun de ses membres pour y subir la guerre étrangère, sauf à les mettre dans l'impossibilité, de se délivrer, de se relever de leurs défaites et de se purifier de leurs souillures ; d'un Dieu comme celui-là, il n'en est pas question dans les Livres saints. Au contraire, s'agit-il de la nature humaine tombée dans l'abîme du péché, Dieu s'éprend d'amour pour la paix dont elle peut jouir, mais non pas jusqu'à blesser les droits de la justice, jusqu'à permettre que la paix qu'il aime soit foulée aux pieds par les pécheurs; ce qu'il veut, c'est qu'elle soit aimée par les combattants, embrassée par les vainqueurs, promise en figure aux âmes encore charnelles, et montrée dans sa ravissante réalité aux hommes spirituels.
-
I Cor. XIV, 33. ↩