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Contre les lettres de Pétilien
Chapitre 43.
101. Pétilien. « Est-ce que le traître Judas suspendu à sa corde est mort pour vous, ou bien, est-ce pour imiter sa conduite que, après vous être emparés des trésors de l'Eglise, vous vous vendez aux puissances du siècle, vous, les héritiers de Jésus-Christ? »
102. Augustin. Ce n'est point Judas qui est mort pour nous, mais Jésus-Christ à qui s'adresse cette parole de l'Eglise répandue sur toute la terre : « Je répondrai à tous ceux qui m'outragent, car j'ai espéré en votre parole1». Lorsque j'entends ce mot du Seigneur : « Vous me rendrez témoignage à Jérusalem, dans toute la Judée, à Samarie et jusqu'aux extrémités de la terre2 » ; et cet autre du Prophète : « Le son de leur voix a retenti dans tout l'univers, et leur parole s'est fait entendre jusqu'aux confins de la terre3 », je n'ai plus à m'effrayer du mélange corporel des bons et des méchants, pourvu que je sache dire : « Recevez favorablement votre serviteur, et que les orgueilleux cessent contre moi leurs calomnies4». Je méprise donc toutes les vaines calomnies, parce que je possède des promesses infaillibles.
Que si vous vous plaignez d'avoir perdu des richesses ou des édifices ecclésiastiques, les Juifs peuvent au même titre se proclamer justes et nous reprocher notre iniquité, puisque les chrétiens sont aujourd'hui les maîtres de ces lieux qui étaient autrefois le siège de leur empire. Si donc le Seigneur a voulu que les chrétiens possédassent ce qui appartenait aux hérétiques, où est l'iniquité? N'est-ce pas à tous ceux qui se ressemblent, c'est-à-dire aux impies et aux pécheurs que s'adresse cette parole du Seigneur : « Le royaume de Dieu vous sera enlevé et donné à une nation qui accomplira les lois de la justice5? » Est-ce en vain qu'il est écrit : « Les justes profiteront des travaux des impies6 ? » Ce qui doit vous étonner, ce n'est donc pas que vous ayez perdu quelque chose, mais que vous possédiez encore quelque chose. Toutefois, modérez cet.étonnement, car la muraille blanchie tombe peu à peu. Considérez les Maximianistes et les lieux qu'ils occupaient; souvenez-vous surtout de ceux qui les ont dépossédés et chassés. Et si c'est justice de subir cette infortune, et injustice de l'imposer, je vous laisse le soin de vous expliquer, si vous le pouvez. Et d'abord, cette mesure ce sont eux qui l'ont subie et vous qui l'avez imposée. Ensuite, selon cette règle de justice posée par vous-même, vous vous trouvez dans une évidente infériorité. En' effet, ce n'est qu'après jugement rendu, et sur les ordres d'empereurs catholiques, qu'ils ont été chassés des édifices anciennement consacrés au culte; et vous, d'après quels ordres faites-vous évacuer les basiliques de l'unité ? Après cela pouvez-vous encore douter de votre infériorité, non-seulement à l'égard de vos collègues, mais encore à l'égard de ces Maximianistes que vous avez condamnés comme sacrilèges, par sentence rendue dans votre concile général?
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The Three Books of Augustin, Bishop of Hippo in answer to The Letters of Petilian, the Donatist, Bishop of cirta
Chapter 43.
101.Petilianus said: "Can it be that the traitor Judas hung himself for you, or did he imbue you with his character, that, following his deeds, you should seize on the treasures of the Church, and sell for money to the powers of this world us who are the heirs of Christ?"
102.Augustin answered: Judas did not die for us, but Christ, to whom the Church dispersed throughout the world says, "So shall I have wherewith to answer him that reproacheth me: for I trust in Thy word." 1 When, therefore, I hear the words of the Lord, saying, "Ye shall be witnesses unto me both in Jerusalem, and in all Judea, and in Samaria, and even in the whole earth," 2 and through the voice of His prophet, "Their sound is gone out through all the earth, and their words into the ends of the world," 3 no bodily admixture of evil ever is able to disturb me, if I know how to say, "Be surety for Thy servant for good: let not the proud oppress me." 4 I do not, therefore, concern myself about a vain calumniation when I have a substantial promise. But if you complain about matters or places appertaining to the Church, which you used once to hold, and hold no longer, then the Jews also may say that they are righteous, and reproach us with unrighteousness, because the Christians now occupy the place in which of old they impiously reigned. What then is there unfitting, if, according to a similar will of the Lord, the Catholics now hold the things which formerly the heretics used to have? For against all such men as this, that is to say, against all impious and unrighteous men, those words of the Lord have force, "The kingdom of God shall be taken from you, and be given to a nation bringing forth the fruits thereof;" 5 or is it written in vain, "The righteous shall eat of the labors of the impious"? 6 Wherefore you ought rather to be amazed that you still possess something, than that there is something which you have lost. But neither need you wonder even at this, for it is by degrees that the whitened wall falls down. Yet look back at the followers of Maximianus, see what places they possessed, and by whose agency and under whose attacks they were driven from them, and do you venture, if you can, to say that to suffer things like these is righteousness, while to do them is unrighteousness. In the first place, because you did the deed, and they suffered them; and secondly, because, according to the rule of this righteousness, you are found to be inferior. For they were driven from the ancient palaces by Catholic emperors acting through judges, while you are not even driven forth by the mandates of the emperors themselves from the basilicas of unity. For what reason is this, save that you are of less merit, not only than the rest of your colleagues, but even than those very men whom you assuredly condemned as guilty of sacrilege by the mouth of your plenary Council?