15.
Ouvrons maintenant les Prophètes que de témoignages manifestes en faveur de l'Eglise répandue dans toutes les, nations de l'univers ! Je me borne à quelques textes, laissant les autres à l'examen de ceux qui voudront consacrer leurs loisirs à les lire dans la crainte de Dieu. Recevons les réponses divines par la bouche du saint prophète Isaïe, et interrogeons ses paroles comme étant les oracles de Dieu. Imposons silence à ces violents et funestes débats des rivalités humaines : prêtons une oreille soumise à la parole du Seigneur. Qu'Isaïe nous dise où la révélation divine lui a fait voir par avance la sainte Eglise de Jésus-Christ ; voyons dans ces paroles qui annoncent l'avenir ce qui s'accomplit de nos jours : « Toute la terre a été remplie », dit ce Prophète, « afin qu'elle connaisse le Seigneur ; afin que les eaux comblent le lit de la mer. Et en ce jour-là paraîtra la tige de Jessé, et Celui qui s'élèvera pour régner sur les nations : les nations espéreront en lui1 ». Que cette tige de Jessé soit le Christ, issu de David selon la chair, nul chrétien, quel qu'il soit, ne l'ignore. Que si l'on veut disputer, il faut contredire l'apôtre saint Paul qui dans ses épîtres invoque ce témoignage d'Isaïe2. Le Prophète dit encore : « Israël poussera des feuilles et des fleurs, et ses fruits rempliront la terre3 ». Israël était fils d'Isaac, petit-fils d'Abraham auquel Dieu promit que dans sa race toutes les nations seraient bénies; or, cette race, selon saint Paul, est Jésus-Christ. Le Christ est issu d'Abraham par Isaac et par Israël, et par ceux dont l'Evangile énumère les générations, jusqu'à l'avènement du Christ4. Donc ne pas admettre notre interprétation du texte d'Isaïe, c'est aller contre l'Evangile ; il faut nier que le Christ soit issu d'Israël, pour oser nier ce que dit le Prophète « Israël poussera des feuilles et des fleurs, et ses fruits rempliront l'univers ». Isaïe dit encore : « Je suis le Dieu suprême, je suis présent à tout ce qui arrivera. Les nations ont vu, et les extrémités de la terre ont tremblé5 ». N'est-ce pas la même pensée que la sainte Ecriture exprime ailleurs en disant : « Je suis le premier et le dernier6 », l'alpha et l'oméga, deux lettres qui, comme tous le savent, s'appliquent au Christ? Ce mot : « le dernier », Isaïe le remplace par ceux-ci : « Je suis présent à tout ce qui arrivera ». C'est contredire cette révélation que de se refuser à croire, ou plutôt à voir l'accomplissement de cette prédiction : « Les nations ont vu, et les extrémités de la terre ont tremblé ». Isaïe dit encore un peu plus loin : « Jacob est mon serviteur ; je lui serai favorable ; Israël est mon élu ; mon âme l'a accueilli avec bienveillance. J'ai répandu sur lui mon Esprit ; il jugera les nations. Il ne criera pas, il ne se reposera pas, et on n'entendra pas sa voix au dehors. Il ne brisera point le roseau à demi rompu, il n'éteindra point le bois qui fume encore ; mais il prononcera son jugement selon la vérité. Il brillera d'un vif éclat, et ne sera point brisé, jusqu'à ce qu'il ait établi le jugement sur la terre ; et les nations espèreront en son nom7 ». C'est au Christ que conviennent ces paroles, et on les retrouve dans l'Evangile. Aurez-vous assez d'audace pour rejeter un pareil témoignage ? Sinon, espérez en Jésus-Christ avec les nations, et ne vous séparez point de ces nations qui espèrent en lui ; ou si vous vous en êtes séparés, revenez à l'unité pour ne point périr.