8.
Par suite, supposons que ce texte de l'Apôtre laisse encore quelque doute : « Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort qui a passé ainsi chez tous les hommes1 » ; supposons qu'on puisse entendre ce texte en un sens différent du nôtre : est-il douteux, du moins, l'oracle que voici: «Si quelqu'un ne renaît pas de l'eau et de l'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu2? » Est-elle douteuse encore, cette autre parole: « Vous lui donnerez le nom de Jésus, car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés3 ? » Est-elle douteuse l'affirmation du Seigneur : « Que ce ne sont pas les personnes saines, mais les malades, qui ont besoin de médecin,4 », c'est-à-dire que Jésus- n'est point nécessaire à ceux qui sont exempts de péchés, mais bien à ceux qu'il faut racheter du péché? Est-il douteux enfin que si les hommes ne mangent point la chair de Jésus, c'est-à-dire, s'ils ne sont point rendus participants de son corps, ils n'auront point la vie5 ?
Ces oracles et d'autres, que j'omets de citer, resplendissent de toute la divine lumière et s'imposent avec toute la certitude de l'autorité divine; et par eux, que proclame la vérité même, sans la moindre équivoque possible? C'est que non-seulement les petits enfants non baptisés ne -peuvent entrer dans le royaume de Dieu, mais que même ils ne peuvent posséder la vie. éternelle, séparés qu'ils sont du corps de Jésus-Christ, puisque pour les y incorporer, il faut les imprégner des eaux du sacrement de baptême . Qu'atteste encore la vérité, sans ombre de doute et d'hésitation? c'est que, si des mains pieu ses apportent ces petits enfants à Jésus, c'est-à-dire au Christ Sauveur et médecin, un seul motif détermine cet empressement: c'est de les faire guérir de la peste du péché, en leur appliquant le remède du sacrement de Jésus. — Mais aussi, pourquoi hésiterions-nous maintenant sur l'interprétation du texte précité de l'Apôtre, au sujet duquel nous avions peut-être quelque doute encore? Comment ne pas entendre ce texte aussi dans un sens qui le fasse concorder avec ces autres oracles sacrés à l'endroit desquels aucun doute ne nous est possible ?