19.
Plus que jamais donc maintenant comprenons le texte de l'Apôtre: « Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché, la mort, laquelle ainsi a passé dans tous les hommes qui ont péché dans un seul ». Entendons ce texte du péché d'origine; autrement, tant et de si splendides, de si importants oracles des divines Ecritures en vain nous instruiraient qu'en dehors de la société de Jésus-Christ, laquelle se fait en lui et avec lui quand nous sommes comme imprégnés de ses sacrements et incorporés à ses membres, nul ne peut acquérir la vie et Je salut éternel; nous serions convaincus, an contraire, d'opposer à cette irréfragable autorité une impardonnable et misérable folie. Et remarquons encore: « Par un seul homme le péché est entré dans le monde; et par le péché, la mort, laquelle a passé ainsi dans tous les hommes ». Cet oracle écrit aux Romains n'a pas d'autre sens que celui-ci écrit aux Corinthiens: « Par un, homme la mort, et par un homme aussi la résurrection des morts ; car, comme tous les hommes meurent en Adam, ainsi tous en Jésus-Christ retrouveront la vie ». Dans ce dernier passage, nul n'en doute, il s'agit de la mort du corps, puisque la question traitée si chaudement par le grand Apôtre roulait sur la résurrection du corps; aussi bien semble-t-il n'y avoir point parlé du péché, parce qu'il n'était point question de la justice pour le moment. Dans l'épître aux Romains, au contraire, l'un et l'autre sont cités, l'un et l'autre rappelés avec grand soin, je veux dire, notre péché en Adam et notre justice en Jésus-Christ; notre mort en Adam et notre vie en Jésus-Christ. Au reste, toutes les paroles de ce passage de l'Apôtre ont été, je l'ai dit déjà, étudiées à fond et expliquées dans le premier de mes deux livres, autant du moins que je l'ai pu et qu'il m'a paru nécessaire d'y insister.