28.
De là encore cette doctrine de Jésus-Christ : « Le Père aime son Fils et lui a tout remis entre les mains. Celui qui croit au Fils a la vie éternelle; mais celui qui est incrédule au Fils n'a pas la vie; au contraire, la colère de Dieu demeure sur lui1 ». Or, dans laquelle de ces deux catégories placerons-nous les enfants? Parmi ceux qui croient au Fils ou parmi ceux qui lui sont incrédules ?
Dans l'une ni dans l'autre, répondra-t-on peut-être; incapables de croire, ils ne doivent pas être non plus comptés comme incrédules. — La règle de l'Eglise n'est point ainsi tracée cependant: elle adjoint les enfants baptisés au nombre des fidèles. Or, si ceux qui arrivent au baptême sont rangés au nombre des croyants par la vertu puissante de ce grand sacrement et de sa réception solennelle, bien qu'ils ne fassent, d'ailleurs, ni de bouche ni de coeur, ce qu'il faut faire pour croire et pour confesser la foi, dès lors certainement aussi ceux à qui le sacrement aura manqué, doivent être placés avec ceux qui ne croient pas au Fils; et par conséquent, s'ils sortent de ce monde ainsi privés de cette grâce, l'oracle précité les regarde et les frappe : ils n'auront point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur eux. Et comme d'ailleurs il est clair qu'ils n'ont point de péchés personnels, comment expliquer leur perte, si on les suppose encore non entachés même du péché originel?
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Jean, III, 35, 36. ↩