36.
Je ne dissimule pas que certaines personnes regardent les enfants comme illuminés bientôt après leur naissance. Ils entendent ainsi ce qui est écrit: « La vraie lumière était celle qui illumine tout homme venant en ce monde1». Mais si c'est le sens du texte évangélique, on doit s'étonner que ces enfants soient illuminés par le Fils unique de Dieu, par celui qui était le Verbe, Dieu en Dieu, dès le commencement, et que cependant il nous faille les exclure du royaume de Dieu, comme n'étant ni les héritiers de Dieu, ni les cohéritiers de Jésus-Christ. Ce privilège, en effet, ne leur est accordé que par le baptême, de l'aveu même de ceux qui professent cette opinion. — Puis, une fois qu'ils ont été illuminés, bien que incapables encore d'arriver au royaume de Dieu, ces enfants devraient recevoir du moins, avec joie et transport, le baptême lui-même; comment donc, au contraire, les voyons-nous résister avec des cris et des larmes ? Cette touchante ignorance de cet âge si tendre nous fait simplement pitié; et, comme nous savons quelle est pour eux l'utilité des sacrements, nous les leur conférons en toute cérémonie, malgré leur résistance. Comment, d'ailleurs, l'Apôtre nous recommande-t-il de « ne pas être des enfants par l'intelligence2 », si ces intelligences d'enfants sont vraiment illuminées déjà par cette lumière véritable que nous appelons le Verbe de Dieu?