59.
« Il y avait un homme d'entre les pharisiens, nommé Nicodème, sénateur des Juifs, qui vint trouver Jésus pendant la nuit, et lui dit : Maître, nous savons que vous êtes, venu de la part de Dieu pour nous instruire, comme un docteur; car personne ne saurait faire les miracles que vous faites, si Dieu n'est avec lui. Jésus lui répondit : En vérité, en vérité, je vous le dis : Personne ne peut voir le royaume de Dieu, s'il ne naît de nouveau. Nicodème lui dit: Comment peut naître un homme qui est déjà vieux? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère, pour naître une seconde fois? Jésus lui répondit : En vérité, en vérité, je vous le dis : Si un homme ne renaît de l'eau et de l'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est esprit. Ne vous étonnez pas de ce que je vous ai dit, qu'il faut que vous naissiez de nouveau. L'Esprit souffle où il veut, et vous entendez sa voix ; mais vous ne savez d'où il vient ni où il va; il en est de même de tout homme qui est né de l'Esprit. Nicodème lui répondit: Comment cela peut-il se faire? Jésus lui dit : Quoi ! vous êtes maître en Israël, et vous ignorez ces choses? En vérité, en vérité, je vous dis que nous ne disons que ce que nous savons, et que nous ne rendons témoignage que de ce que nous avons vu; et cependant, vous ne recevrez point notre témoignage. Mais si vous ne m'avez pas cru lorsque je vous parle des choses de la terre, comment me croirez-vous quand je vous parlerai des choses du ciel? Aussi personne n'est monté au ciel que celui qui est descendu du ciel, savoir le Fils de l'homme, qui est dans le ciel. Et comme Moïse éleva dans le désert le serpent d'airain, il faut de même que le Fils de l'homme soit élevé, afin que tout homme qui croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique; afin que tout homme qui croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais afin que le monde soit sauvé par lui. Celui qui croit en lui n'est pas condamné ; mais celui qui ne croit pas est déjà condamné, parce qu'il ne croit pas au nom du Fils unique de Dieu. Et le sujet de cette condamnation est que la lumière est venue dans le monde, et que les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière; parce que leurs oeuvres étaient mauvaises. Car quiconque fait le mal, hait la lumière, et ne s'approche point de la lumière, de peur que ses oeuvres ne soient condamnées. Mais celui qui fait ce que la vérité lui prescrit, s'approche de la lumière, afin que ses oeuvres soient découvertes, parce qu'elles sont faites en Dieu1 ». Ici s'arrête, quant à la question qui nous occupe, le passage évangélique, qui jusque-là s'y rapporte tout entier; l'écrivain sacré passe à un autre sujet.
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Jean, III, 1-21. ↩