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Works Augustine of Hippo (354-430)

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De la grâce de Jésus-Christ et du péché originel

45.

Quant à la souillure originelle dont nous parlons, elle frappe les enfants des chrétiens régénérés, jusqu'à ce que ces enfants aient été purifiés eux-mêmes dans le bain de la régénération. Le chrétien régénéré ne régénère donc pas les enfants de la chair, il ne peut que leur donner naissance; dès lors il leur transmet, non pas la justice de la régénération, mais la souillure de la génération. A ce point de vue donc, qu'il s'agisse d'un infidèle coupable ou d'un fidèle justifié, les enfants issus de l'un et de l'autre naissent toujours coupables et non pas absous; c'est ainsi que du rejeton de l'olivier franc comme du rejeton de l'olivier sauvage sortira, non pas un olivier franc, mais un olivier sauvage. De là je conclus que la première naissance soumet l'homme à la condamnation, dont il ne peut être délivré que par la régénération. L'enfant naît esclave du démon, c'est Jésus-Christ qui lui rend la liberté; il naît victime du séducteur d'Eve, le Fils de Marie le dé. livre; il naît soumis à celui qui par la femme a séduit l'homme, il est racheté par Celui qui est né de la femme qui n'a pas connu d'homme; il naît enfant de celui quia allumé la concupiscence dans le coeur de la femme, il est sauvé par celui qui a été conçu dans le sein de la femme sans aucune action de la concupiscence. Par le moyen d'un seul homme le démon a pu régner sur tous les hommes, et son empire ne saurait être détruit que par Celui qui seul ne lui a pas été soumis,

Prenons ensuite les sacrements de l'Eglise tels qu'ils nous ont été présentés par la tradition la plus ancienne et la plus imposante. Nos adversaires diront bien qu'ils étaient des symboles plutôt que des réalités; cependant, même à ce titre, ils n'osent pas les couvrir de leur dédain sacrilège. Eh bien ! ces sacrements de la sainte Eglise nous enseignent clairement que les enfants, immédiatement après leur naissance, sont délivrés de l'esclavage du démon par la grâce de Jésus-Christ. En effet, sans parler directement de la rémission même du péché, telle qu'elle s'opère mystérieusement et réellement par le sacrement de baptême, est-ce que ce sacrement n'est pas précédé des exorcismes et de ce souffle mystérieux destiné à chasser la puissance de l'ennemi? est-ce que dans des paroles solennelles les parrains et les marraines ne renoncent pas à Satan et à ses oeuvres? Tous ces symboles sacrés n'annoncent-ils pas que l'enfant s'arrache à l'empire du démon pour passer sous l'heureuse domination du Rédempteur, de ce Rédempteur qui a revêtu notre faiblesse et enchaîné le fort armé, afin de lui ravir ses dépouilles1? Saint Paul l'a dit : Ce qui paraît en Dieu une faiblesse est plus fort, non-seulement que tous les hommes, mais encore que tous les anges2. Quand donc Dieu délivre à la fois les petits et les grands, il prouve à nos yeux que c'est la vérité même qui a parlé par la bouche de l'Apôtre. Ce ne sont donc pas seulement les adultes, mais encore les petits enfants, qu'il a arrachés à la puissance des ténèbres, afin de les transporter dans le royaume de son Fils bien-aimé3.


  1. Matt. XII, 29.  ↩

  2. I Cor. I, 25.  ↩

  3. Coloss. I, 13.  ↩

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A Treatise on the grace of christ, and on original sin

Chapter 45.--Man's Deliverance Suited to the Character of His Captivity.

The guilt, therefore, of that corruption of which we are speaking will remain in the carnal offspring of the regenerate, until in them also it be washed away in the laver of regeneration. A regenerate man does not regenerate, but generates, sons according to the flesh; and thus he transmits to his posterity, not the condition of the regenerated, but only of the generated. Therefore, be a man guilty of unbelief, or a perfect believer, he does not in either case beget faithful children, but sinners; in the same way that the seeds, not only of a wild olive, but also of a cultivated one, produce not cultivated olives, but wild ones. So, likewise, his first birth holds a man in that bondage from which nothing but his second birth delivers him. The devil holds him, Christ liberates him: Eve's deceiver holds him, Mary's Son frees him: he holds him, who approached the man through the woman; He frees him, who was born of a woman that never approached a man: he holds him, who injected into the woman the cause of lust; He liberates him, who without any lust was conceived in the woman. The former was able to hold all men in his grasp through one; nor does any deliver them out of his power but One, whom he was unable to grasp. The very sacraments indeed of the Church, which she 1 administers with due ceremony, according to the authority of very ancient tradition (so that these men, notwithstanding their opinion that the sacraments are imitatively rather than really used in the case of infants, still do not venture to reject them with open disapproval),--the very sacraments, I say, of the holy Church show plainly enough that infants, even when fresh from the womb, are delivered from the bondage of the devil through the grace of Christ. For, to say nothing of the fact that they are baptized for the remission of sins by no fallacious, but by a true and faithful mystery, there is previously wrought on them the exorcism and the exsufflation of the hostile power, which they profess to renounce by the mouth of those who bring them to baptism. Now, by all these consecrated and evident signs of hidden realities, they are shown to pass from their worst oppressor to their most excellent Redeemer, who, by taking on Himself our infirmity in our behalf, has bound the strong man, that He may spoil his goods; 2 seeing that the weakness of God is stronger, not only than men, but also than angels. While, therefore, God delivers small as well as great, He shows in both instances that the apostle spoke under the direction of the Truth. For it is not merely adults, but little babes too whom He rescues from the power of darkness, in order to transfer them to the kingdom of God's dear Son. 3


  1. That is, the Church, according to one reading--concelebrat; but another reading, concelebrant, understands "the Pelagians" to be the subject of the proposition. ↩

  2. Matt. xii. 29. ↩

  3. Col. i. 13. ↩

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A Treatise on the grace of christ, and on original sin
De la grâce de Jésus-Christ et du péché originel

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