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De la grâce de Jésus-Christ et du péché originel
11.
Dans un autre passage, après avoir longtemps soutenu que nous nous formons à nous-mêmes notre bonne volonté sans aucun secours de Dieu, Pélage se pose à lui-même une question, relativement à une épître de l'Apôtre :« Comment », dit-il, « restera vraie cette parole de l'Apôtre : Car c'est Dieu qui opère en vous le vouloir et l'action? » Il comprenait lui-même l'évidente contradiction de cette parole avec sa propre doctrine. C'est donc pour la lever qu'il ajoute : « Dieu opère en nous de vouloir ce qui est bon, de vouloir ce qui est saint, quand, nous voyant livrés aux cupidités terrestres et attachés aux choses présentes comme de vils animaux, il allume dans nos coeurs des désirs plus nobles et fait briller à nos yeux la grandeur de la gloire future et l'espérance des récompenses éternelles; quand par la révélation de la sagesse il soulève jusqu'au désir de Dieu notre volonté tremblante; quand enfin, quoique vous souteniez le contraire, il nous persuade tout ce qui est bien ». N'est-il pas évident que, à ses yeux, la grâce par laquelle Dieu opère en nous de vouloir ce qui est bon, n'est rien autre chose que la loi et la doctrine? En effet, c'est dans la loi et dans. la doctrine des saintes Ecritures que nous est promise la grandeur de la gloire future et des récompenses. Si la sagesse nous est révélée, c'est aussi par la doctrine, comme c'est elle qui nous persuade tout ce qui est bon. Dira-t-on qu'il parait y avoir une différence entre l'enseignement et le conseil ou plutôt l'exhortation ? C'est possible, mais tout cela se trouve renfermé sous la dénomination générale de doctrine, et par doctrine nous entendons toute pensée formulée parla parole ou par l'écriture. Les saintes Ecritures enseignent tout à la fois et exhortent; l'homme peut également enseigner et exhorter. De notre côté, nous voulons que Pélage confesse la grâce véritable, c'est-à-dire celle par laquelle la grandeur de la gloire future est non-seulement promise, mais fermement crue et espérée; celle par laquelle la sagesse est non-seulement révélée, mais aimée ; celle par laquelle tout ce qui est bien nous est non-seulement conseillé, mais encore persuadé. Tous entendent dans les Ecritures le Seigneur nous promettant le royaume des cieux, mais suit-il de là que tous aient la foi1 ? On conseille à tous, mais tous sont-ils persuadés de s'adresser à Celui qui nous dit : « Venez à moi, vous tous qui travaillez2?» Si donc nous voulons savoir quels sont ceux qui ont la foi, quels sont ceux qui sont persuadés de venir à Jésus-Christ, écoutons ces autres paroles : « Personne ne vient à moi s'il n'est attiré par mon Père qui m'a envoyé »; puis, parlant de ceux qui ne croient pas, le Sauveur ajoute : « Je vous ai dit que personne ne peut venir à moi, si mon Père ne lui en donne la grâce3 ». Telle est la grâce que Pélage doit confesser, s'il veut mériter non-seulement le titre, mais la qualité de chrétien.
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A Treatise on the grace of christ, and on original sin
Chapter 11 [X.]--Pelagius' Definition of How God Helps Us: "He Promises Us Future Glory."
For in another passage, after asserting at length that it is not by the help of God, but out of our own selves, that a good will is formed within us, he confronted himself with a question out of the apostle's epistle; and he asked this question: "How will this stand consistently with the apostle's words, 1 It is God that worketh in you both to will and to perfect'?" Then, in order to obviate this opposing authority, which he plainly saw to be most thoroughly contrasted with his own dogma, he went on at once to add: "He works in us to will what is good, to will what is holy, when He rouses us from our devotion to earthly desires, and from our love of the present only, after the manner of brute animals, by the magnitude of the future glory and the promise of its rewards; when by revealing wisdom to us He stirs up our sluggish will to a longing after God; when (what you are not afraid to deny in another passage) he persuades us to everything which is good." Now what can be plainer, than that by the grace whereby God works within us to will what is good, he means nothing else than the law and the teaching? For in the law and the teaching of the holy Scriptures are promised future glory and its great rewards. To the teaching also appertains the revelation of wisdom, whilst it is its further function to direct our thoughts to everything that is good. And if between teaching and persuading (or rather exhorting) there seems to be a difference, yet even this is provided for in the general term "teaching," which is contained in the several discourses or letters; for the holy Scriptures both teach and exhort, and in the processes of teaching and exhorting there is room likewise for man's operation. We, however, on our side would fain have him sometime confess that grace, by which not only future glory in all its magnitude is promised, but also is believed in and hoped for; by which wisdom is not only revealed, but also loved; by which everything that is good is not only recommended, but pressed upon us until we accept it. For all men do not possess faith, 2 who hear the Lord in the Scriptures promising the kingdom of heaven; nor are all men persuaded, who are counselled to come to Him, who says, "Come unto me, all ye that labour." 3 They, however, who have faith are the same who are also persuaded to come to Him. This He Himself set forth most plainly, when He said, "No man can come to me, except the Father, which hath sent me, draw him." 4 And some verses afterwards, when speaking of such as believe not, He says, "Therefore said I unto you, that no man can come unto me except it were given unto him of my Father." 5 This is the grace which Pelagius ought to acknowledge, if he wishes not only to be called a Christian, but to be one.