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Works Augustine of Hippo (354-430)

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De la grâce de Jésus-Christ et du péché originel

27.

Il faut donc que Pélage avoue franchement que les notions que nous donnons de la grâce sont clairement formulées dans les divins oracles. Dès lors, bien loin de se couvrir d'une fausse honte pour cacher ses anciennes erreurs, qu'il les dévoile avec tous les accents d'une douleur salutaire ; par ce moyen la sainte Eglise sortira du trouble que lui causé son aveugle obstination, et saluera de toute sa joie le retour du coupable à la vérité catholique. Qu'il distingue, comme on doit les distinguer, la connaissance et la dilection; car la science enfle et la charité édifie1. Mais la science n'enfle pas quand la charité édifie. Et comme la science et la charité sont toutes deux le don de Dieu, quoique à différent degré, qu'il se garde bien d'exalter tellement notre justice au détriment de la louange de notre justificateur, qu'il fasse intervenir le secours divin dans celui de ces dons qui est de moindre importance, tandis qu'il l'exclurait de celui qui est de beaucoup le plus excellent, pour le rapporter exclusivement au libre arbitre de l'homme. D'un autre côté, s'il convient que la charité ne nous est donnée que par la grâce de Dieu, qu'il rejette loin de lui la simple pensée de croire que cette grâce ne nous a été octroyée qu'en vue de nos mérites précédents. duels mérites pouvions-nous donc acquérir, quand nous n'aimions pas Dieu ? Avant de recevoir la dilection qui nous permît d'aimer, nécessairement -nous étions déjà aimés. C'est là ce que nous atteste clairement l'apôtre saint Jean : « Non pas que nous ayons aimé Dieu, mais parce qu'il nous a aimés lui-même ». Et ailleurs : « Aimons-le donc, puisqu'il nous a aimés le premier2 ». Cette doctrine est aussi sublime qu'elle est vraie. En effet, quel moyen aurions-nous de l'aimer, si ce moyen ne nous était donné par Celui qui nous a aimés le premier? Et si nous n'aimions pas, quel bien pourrions-nous faire? Ou comment ne faisons-nous pas le bien, si nous aimons? Sans doute il peut arriver que tel commandement soit observé quelquefois sous la seule impulsion, non pas de l'amour, mais de la crainte ; cependant là où il n'y a pas d'amour, non-seulement aucune action n'est imputée bonne, mais elle ne peut même pas être appelée telle, car tout ce qui ne se fait point selon la foi est péché3 ; or, la foi agit par la charité4. Cette grâce divine, par laquelle la charité de Dieu est répandue dans nos coeurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné5, doit donc être hautement confessée comme étant d'une telle nécessité que sans elle aucun bien n'est possible, du moins en ce qui regarde la véritable piété et la véritable justice. Ce n'est point assez de dire avec Pélage « que la grâce nous est donnée pour nous rendre plus facile l'accomplissement du précepte divin ». Cet homme nous a suffisamment prouvé que dans sa conviction, tout précepte divin peut être accompli sans la grâce, quoique avec la grâce cet accomplissement devienne plus facile.


  1. I Cor. VIII, 1. ↩

  2. I Jean, IV, 10, 19.  ↩

  3. Rom. XIV, 23.  ↩

  4. Gal. V, 6.  ↩

  5. Rom. V, 3. ↩

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A Treatise on the grace of christ, and on original sin

Chapter 27 [XXVI.]--What True Grace Is, and Wherefore Given. Merits Do Not Precede Grace.

Now even Pelagius should frankly confess that this grace is plainly set forth in the inspired Scriptures; nor should he with shameless effrontery hide the fact that he has too long opposed it, but admit it with salutary regret; so that the holy Church may cease to be harassed by his stubborn persistence, and rather rejoice in his sincere conversion. Let him distinguish between knowledge and love, as they ought to be distinguished; because "knowledge puffeth up, but love edifieth." 1 And then knowledge no longer puffeth up when love builds up. And inasmuch as each is the gift of God (although one is less, and the other greater), he must not extol our righteousness above the praise which is due to Him who justifies us, in such a way as to assign to the lesser of these two gifts the help of divine grace, and to claim the greater one for the human will. And should he consent that we receive love from the grace of God, he must not suppose that any merits of our own preceded our reception of the gift. For what merits could we possibly have had at the time when we loved not God? In order, indeed, that we might receive that love whereby we might love, we were loved while as yet we had no love ourselves. This the Apostle John most expressly declares: "Not that we loved God," says he, "but that He loved us;" 2 and again, "We love Him, because He first loved us." 3 Most excellently and truly spoken! For we could not have wherewithal to love Him, unless we received it from Him in His first loving us. And what good could we possibly do if we possessed no love? Or how could we help doing good if we have love? For although God's commandment appears sometimes to be kept by those who do not love Him, but only fear Him; yet where there is no love, no good work is imputed, nor is there any good work, rightly so called; because "whatsoever is not of faith is sin," 4 and "faith worketh by love." 5 Hence also that grace of God, whereby "His love is shed abroad in our hearts through the Holy Ghost, which is given unto us," 6 must be so confessed by the man who would make a true confession, as to show his undoubting belief that nothing whatever in the way of goodness pertaining to godliness and real holiness can be accomplished without it. Not after the fashion of him who clearly enough shows us what he thinks of it when he says, that "grace is bestowed in order that what God commands may be the more easily fulfilled;" which of course means, that even without grace God's commandments may, although less easily, yet actually, be accomplished.


  1. 1 Cor. viii. 1. ↩

  2. 1 John iv. 10. ↩

  3. 1 John iv. 19. ↩

  4. Rom. xiv. 23. ↩

  5. Gal. v. 6. ↩

  6. Rom. v. 5. ↩

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De la grâce de Jésus-Christ et du péché originel

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