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Werke Augustinus von Hippo (354-430) De libero arbitrio

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De libero arbitrio (PL)

39.

Videndum est etiam illud, utrum vere dicatur aliquam naturam naturae alterius vitio corrumpi, nullo adjuncto vitio suo. Si enim natura quae accedit cum vitio suo ad aliam corrumpendam, non in ea corruptibile aliquid invenit, non eam corrumpit. Si autem invenit, adjuncto ejus vitio corruptionem ejus operatur. Potentior enim ab infirmiore si corrumpi nolit, non corrumpitur: si autem velit, prius incipit suo vitio corrumpi quam alieno. Aequalis autem ab aequali nihilominus si corrumpi nolit, non potest. Nam quaecumque natura cum vitio ad eam quae sine vitio est, ut corrumpat accedit, eo ipso non accedit aequalis, sed infirmior vitio suo. Si vero potentior invalidiorem corrumpit, aut utriusque vitio fit, si utriusque prava cupiditate fit; aut vitio potentioris, si naturae tanta praestantia est, ut inferiorem quam corrumpit, etiam vitiosa praecedat. Quis enim recte vituperaverit fructus terrae, quod homines eis non utantur bene, corruptique vitio suo, corrumpant eos abutendo ad luxuriam; [Col. 1291] cum tamen dubitare dementis sit praestantiorem potentioremque esse hominis naturam etiam vitiosam, quam non vitio as quasque fruges?

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Traité du libre arbitre

39.

Examinons encore une chose, savoir si l'on peut dire avec vérité qu'une nature se corrompe par le vice d'une autre sans être viciée elle-même.

Si la nature viciée qui cherche à en corrompre une autre ne trouve dans celle-ci rien de corruptible, elle ne la corrompt pas à coup sûr ; et si elle y trouve quelque chose de corruptible, la corruption ne s'opère point sans le concours de cette dernière. En effet si une nature plus puissante résiste à une nature plus faible, la corruption n'a pas lieu; et si elle n'y résiste pas, c'est qu'elle commence à être gâtée par son propre vice avant de l'être par le vice étranger. Est-ce une nature égale qui résiste aux assauts d'une égale nature ? La corruption est encore impossible; car dès qu'une nature viciée cherche à corrompre une nature qui ne l'est pas, elle n'est plus de force égale, son vice la rend plus faible. Est-ce enfin une nature plus puissante qui corrompt une nature qui l'est moins? Le fait doit être attribué à toutes deux, s'il y a eu passion de part et d'autre; ou à la plus puissante, lorsque malgré sa corruption elle l'emporte encore sur la plus faible qu'elle parvient à vicier. Eh 1 qui aurait droit de condamner les fruits de la terre, lorsque les hommes en mésusent et que corrompus eux-mêmes par leur propre faute ils les corrompent en en abusant pour enflammer leurs passions? Ne faudrait-il pas néanmoins avoir perdu la raison pour douter que l'homme, même vicieux, est d'une nature plus excellente et plus forte que les fruits de la terre lors même qu'ils ne sont point gâtés ?

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