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Werke Augustinus von Hippo (354-430) Contra Andimantum Contre Adimantus, manichéen
CHAPITRE XXVIII. DIEU PEUT-IL ÊTRE VU EN LUI-MÊME.

2.

En effet, nous trouvons dans les Ecritures différentes espèces de visions. L'une, par les yeux du corps; et c'est ainsi qu'Abraham vit les trois mystérieux personnages sous le chêne de Mambré1; Moïse, le feu du buisson ; les disciples, le Seigneur transfiguré sur la montagne entre Moïse et Elie, et autres faits semblables. Un autre genre de vision consiste à s'imaginer ce que nous sentons par notre corps; en effet, que Dieu vienne à élever notre nature au-dessus d'elle-même, aussitôt il se fait en nous de nombreuses révélations, sans que les yeux, les oreilles ou un autre sens charnel y ait aucune part. C'est de cette manière que saint Pierre aperçut la nappe qui lui parut échappée du ciel avec des animaux de différentes espèces. Tel fut aussi le genre de vision qu'eut Isaïe dans les circonstances dont nous parlons. En effet, il est certain que Dieu n'est pas environné d'une forme corporelle ; mais de même que nous employons très-souvent à son égard un langage figuré, de même nous nous faisons de lui beaucoup de représentations qui ne sont que des figures. Une troisième espèce de vision est tout intellectuelle, et consiste dans la représentation même de la vérité et de la sagesse. Sans cette dernière espèce, les deux premières n'ont aucune utilité et souvent même elles induisent en erreur. En effet, supposé que par l'action de Dieu, nous obtenions la compréhension de ce qui frappe nos sens ou notre imagination, si aux deux premiers genres de vision vient s'adjoindre le troisième, la révélation se trouve parvenue à toute sa perfection. Or, c'est à ce troisième genre de vision que je faisais allusion en citant ces paroles de l'Apôtre : « Les choses invisibles de Dieu sont devenues visibles intellectuellement depuis la création du monde, par tout ce qui a été fait ». On voit Dieu de cette manière quand, par l'action d'une foi vive et d'une connaissance de Dieu suffisante, le coeur s'est purifié et orné des plus belles vertus. A quoi a-t-il servi au roi Balthazar d'apercevoir une main traçant sous ses yeux des caractères sur la muraille? Comme à cette vue physique il ne put joindre la vue intellectuelle, il lui fallut chercher à voir ce que pourtant il voyait. Au contraire, Daniel, doué de cette perspicacité lumineuse qui donne le sens des choses, vit des yeux de son esprit ce qu'il voyait déjà par les yeux du corps2. Quant au roi Nabuchodonosor, c'est par l'imagination qu'il eut la vue de son fameux songe. Mais comme il n'avait pas à un assez haut degré le regard de l'entendement pour mieux voir ce qu'il voyait, ou plutôt pour le comprendre, il eut besoin d'invoquer l’assistance d'un devin, et ce devin fut encore Daniel. Ce dernier, il est vrai, lui demanda de raconter le songe, mais ce n'était que pour lui rendre la foi plus facile. Or, sous l'action révélatrice du Saint-Esprit, Daniel eut de ce songe une double vision, d'abord celle de l'imagination, et ensuite celle de l'intelligence ou de la compréhension3. En effet, tout prophète du Dieu suprême et véritable doit avoir la vision intellectuelle plus encore que celle du corps ou de l'imagination. Toutefois, les Ecritures se contentent de nous dire comment les choses ont été vues et non comment elles ont été entendues ; de cette manière le lecteur peut se livrer à tout le labeur de la vision intellectuelle, la seule qui soit vraiment utile. Mais bien souvent aussi c'est d'après les passages qui nous sont reproduits dans toute leur évidence, que nous pouvons interpréter ceux qui ont été écrits dans le sens figuré ou prophétique. En effet, les démonstrations figurées tiennent à la fois de ces deux genres de vision, celle du corps et celle de l'intelligence. Celle de l'intelligence n'est autre chose que la révélation simple et formelle de choses comprises et certaines. Disons cependant que tout cela dépend, avant tout, de l'action merveilleuse et ineffable du Saint-Esprit, qui distribue ses dons avec une sagesse souveraine et incorruptible. Combien donc sont à plaindre ces malheureux Manichéens qui condamnent le Prophète d'avoir dit qu'il a vu Dieu, en lui opposant le passage où l'Apôtre déclare que Dieu est invisible ! Si quelqu'un venait leur objecter ces paroles du Sauveur : « Bienheureux ceux qui ont le coeur pur, parce qu'ils verront Dieu », comment pourraient-ils soutenir encore que Dieu est invisible ? Ce qu'ils se proposent, c'est de jeter les faibles et les ignorants dans l'erreur; ils savent fort bien dans quel sens il est dit de Dieu qu'il est invisible, mais ils veulent paraître l'ignorer. Tant est profonde la perversité de certains esprits, qui en voulant tromper les hommes, se laissent tomber eux-mêmes dans l'erreur la plus profonde !

Traduction de M. l'abbé BURLERAUX.


  1. Act. XI. ↩

  2. Dan. V.  ↩

  3. Id. II. ↩

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Contre Adimantus, manichéen

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