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The Seven Books of Augustin, Bishop of Hippo On Baptism, Against the Donatists
10.
Wherefore, then, have ye severed yourselves? If there is any sense left in you, you must surely see that you can find no possible answer to these arguments. "We are not left," they say, "so utterly without resource, but that we can still answer, It is our will. Who art thou that judgest another man's servant? to his own master he standeth or falleth.'" 1 They do not understand that this was said to men who were wishing to judge, not of open facts, but of the hearts of other men. For how does the apostle himself come to say so much about the sins of schisms and heresies? Or how comes that verse in the Psalms, "If of a truth ye love justice, judge uprightly, O ye sons of men?" 2 But why does the Lord Himself say, "Judge not according to the appearance, but judge righteous judgment," 3 if we may not judge any man? Lastly, why, in the case of those traditors, whom they have judged unrighteously, have they themselves ventured to pass any judgments at all on another man's servants? To their own master they were standing or falling. Or why, in the case of the recent followers of Maximianus, have they not hesitated to bring forward the judgment delivered with the infallible voice, as they aver, of a plenary Council, in such terms as to compare them with those first schismatics whom the earth swallowed up alive? And yet some of them, as they cannot deny, they either condemned though innocent, or received back again in their guilt. But when a truth is urged which they cannot gainsay, they mutter a truly wholesome murmuring: "It is our will: Who art thou that judgest another man's servant? to his own master he standeth or falleth.'" But when a weak sheep is espied in the desert, and the pastor who should reclaim it to the fold is nowhere to be seen, then there is setting of teeth, and breaking of the weak neck: "Thou wouldst be a good man, wert thou not a traditor. Consult the welfare of thy soul; be a Christian." What unconscionable madness! When it is said to a Christian, "Be a Christian," what other lesson is taught, save a denial that he is a Christian? Was it not the same lesson which those persecutors of the Christians wished to teach, by resisting whom the crown of martyrdom was gained? Or must we even look on crime as lighter when committed with threatening of the sword than with treachery of the tongue?
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Du baptême contre les Donatistes
10.
Pourquoi donc vous êtes-vous séparés? S’il vous reste encore quelque peu de bon sens, vous devez sentir que toute réponse vous est impossible. « Non », disent-ils, « les choses n’en sont pas encore arrivées à ce point que nous ne puissions répondre. Nous ne consultons ici que notre volonté. Qui êtes-vous, pour oser ainsi condamner le serviteur d’autrui? S’il tombe ou s’il reste debout, cela regarde son maître(Rom., XIV, 4) ». C’est à eux que s’adresse ce reproche, mais ils ne le comprennent pas, eux qui voulaient juger le prochain, non pas sur des oeuvres extérieures, mais sur les dispositions les plus secrètes du coeur. S’il est absolument défendu de juger, comment donc l’Apôtre saint Paul parle-t-il si souvent des crimes du schisme et de l’hérésie? Comment le Psalmiste s’écrie-t-il : « Enfants des hommes, si vous aimez véritablement la justice, jugez équitablement (Ps., LVII, 2)? » Pourquoi le Seigneur dit-il lui-même: «Gardez-vous de juger personnellement, mais portez un jugement légitime (Jean, VII, 24)?» Et puis les Donatistes n’ont pas craint de se prononcer sur les traditeurs; pourquoi donc n’ont-ils pas craint de juger les serviteurs d’autrui? Que ces serviteurs fussent debout ou tombés, cela ne regardait que leur maître.
Pourquoi enfin citant à leur barre les Maximianistes et prononçant contre eux, disent-ils, la sentence véridique d’un concile général, ont-ils osé les comparer à ces anciens schismatiques que la terre engloutit tout vivants? Pourtant ils ne sauraient nier qu’ils les ont condamnés quoique innocents, ou qu’ils les ont reçus quoique coupables. Mais quand on leur jette quelqu’une de ces vérités auxquelles ils ne peuvent répondre, ils murmurent avec rudesse : « C’est là ce que nous voulons. Qui êtes-vous pour oser ainsi condamner le serviteur d’autrui? Qu’il tombe ou qu’il reste debout, cela ne regarde que son maître ». Vous apercevez une faible brebis dans la solitude ; point de pasteur pour la réclamer ; vos dents se desserrent, vous lui lancez d’une voix acerbe ces paroles : « Vous seriez un homme excellent si vous n’étiez pas un traditeur. Pensez au salut de votre âme; soyez chrétien ». O rage cruelle! C’est à un chrétien que l’on dit: Soyez chrétien; n’est-ce pas dire clairement qu’il ne l’est pas? et que lui apprend-on autre chose, si ce n’est à nier qu’il le soit? N’est-ce pas là également ce que désiraient enseigner ces persécuteurs du Christianisme, auxquels les fidèles durent résister jusqu’à mériter la couronne du martyre? Toute faute commise sous la menace du glaive est-elle donc plus légère que celle qui est commise par l’effet des séductions de la langue?