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De la grâce de Jésus-Christ et du péché originel
46.
Que personne ne s'étonne et ne dise « Pourquoi donc la bonté de Dieu crée-t-elle ce qui va tomber en la puissance de la méchanceté du démon ? » Admirons plutôt la bonté avec laquelle il accorde la fécondité à toutes ses créatures, et fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants, et pleuvoir sur les justes et sur les pécheurs1. C'est par cette bonté qu'il a béni et fondé dans les créatures le pouvoir de se reproduire ; et cette bénédiction accordée à une nature bonne, la faute la plus criminelle ne saurait la détruire. Cette faute a bien pu faire que par le juste châtiment de Dieu les hommes prissent naissance avec la souillure du péché originel ; mais elle n'a pu empêcher les hommes de naître. Dans les adultes, les péchés les plus graves ne sauraient détruire l'humanité; l'oeuvre de Dieu reste toujours bonne, quels que soient les crimes qui tendent à la déshonorer. Sans doute, en tant qu'il suit ses passions, l'homme, naturellement si noble, a pu être comparé et trouvé semblable aux animaux', mais sans devenir par cela même un animal. Ce que l'on compare en lui, ce n'est pas sa nature, mais le vice auquel il s'abandonne; et ce à quoi on le compare, ce n'est pas le vice, mais la nature même de l'animal. En effet, comparé à l'animal, l'homme reste encore en possession d'une telle grandeur que le vice en lui devient la nature même de l'animal; ce qui ne prouve aucunement que la nature de l'homme devient la nature de l'animal. Quand donc Dieu condamne l'homme, il le condamne à cause du vice qui déshonore sa nature, et non à cause de sa nature, laquelle n'est pas détruite par le vice. Loin de nous, sans doute, la pensée de croire les animaux soumis à la peine de la damnation; puisqu'ils n'ont aucun droit à la béatitude, serait-il juste de les soumettre au châtiment? Mais quelle injustice peut-il y avoir à soutenir que l'homme est soumis à l'esprit immonde, non pas à raison de sa propre nature, mais à cause de,la souillure qu'il apporte en naissant et qui est l'oeuvre, non pas de Dieu lui-même, mais de la volonté humaine? Cet esprit immonde, en tant qu'esprit, n'est-il pas bon ? et s'il est mauvais, n'est-ce pas uniquement en tant qu'il est impur ? En tant qu'esprit, il est l'oeuvre de Dieu; mais s'il est impur, il ne le doit qu'à sa volonté propre. Voilà pourquoi la nature plus forte, c'est-à-dire la nature angélique, s'appuyant sur la communauté du péché, tient sous sa domination la nature inférieure, c'est-à-dire la nature humaine. Voilà pourquoi aussi le Médiateur, plus fort que les anges, s'est rendu faible pour les hommes; de cette manière, l'orgueil du tyran est écrasé par l'humilité du Rédempteur; et celui qui se faisait de sa force angélique un motif pour couvrir de ses dédains les enfants des hommes, se voit honteusement vaincu par l'humaine faiblesse que le Fils de Dieu a daigné revêtir pour nous racheter. 2
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A Treatise on the grace of christ, and on original sin
Chapter 46.--Difficulty of Believing Original Sin. Man's Vice is a Beast's Nature.
No one should feel surprise, and ask: "Why does God's goodness create anything for the devil's malignity to take possession of?" The truth is, God's gift is bestowed on the seminal elements of His creature with the same bounty wherewith "He maketh His sun to rise on the evil and on the good, and sendeth rain on the just and on the unjust." 1 It is with so large a bounty that God has blessed the very seeds, and by blessing has constituted them. Nor has this blessing been eliminated out of our excellent nature by a fault which puts us under condemnation. Owing, indeed, to God's justice, who punishes, this fatal flaw has so far prevailed, that men are born with the fault of original sin; but yet its influence has not extended so far as to stop the birth of men. Just so does it happen in persons of adult age: whatever sins they commit, do not eliminate his manhood from man; nay, God's work continues still good, however evil be the deeds of the impious. For although "man being placed in honour abideth not; and being without understanding, is compared with the beasts, and is like them," 2 yet the resemblance is not so absolute that he becomes a beast. There is a comparison, no doubt, between the two; but it is not by reason of nature, but through vice--not vice in the beast, but in nature. For so excellent is a man in comparison with a beast, that man's vice is beast's nature; still man's nature is never on this account changed into beast's nature. God, therefore, condemns man because of the fault wherewithal his nature is disgraced, and not because of his nature, which is not destroyed in consequence of its fault. Heaven forbid that we should think beasts are obnoxious to the sentence of condemnation! It is only proper that they should be free from our misery, inasmuch as they cannot partake of our blessedness. What, then, is there surprising or unjust in man's being subjected to an impure spirit--not on account of nature, but on account of that impurity of his which he has contracted in the stain of his birth, and which proceeds, not from the divine work, but from the will of man;--since also the impure spirit itself is a good thing considered as spirit, but evil in that it is impure? For the one is of God, and is His work, while the other emanates from man's own will. The stronger nature, therefore, that is, the angelic one, keeps the lower, or human, nature in subjection, by reason of the association of vice with the latter. Accordingly the Mediator, who was stronger than the angels, became weak for man's sake. 3 So that the pride of the Destroyer is destroyed by the humility of the Redeemer; and he who makes his boast over the sons of men of his angelic strength, is vanquished by the Son of God in the human weakness which He assumed.