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Commentaire sur la première épitre aux Corinthiens
5.
Quand nous serions réduits aux dernières extrémités comme celui qui avait dissipé son patrimoine et qui vivait de glands, pourvu que noua fassions pénitence, nous serons certainement sauvés; dussions-nous dix mille talents, pourvu que nous demandions grâce et que nous oubliions les injures, tout nous sera remis; fussions-nous égarés comme la brebis qui s'est écartée du bercail , il saura nous ramener, pourvu que nous le voulions, mes bien-aimés : car Dieu est bon. Aussi s'est-il contenté de voir à ses genoux celui qui lui devait dix mille talents ; de voir le prodigue revenir, et la brebis égarée consentir à être rapportée. Considérant donc l'étendue de sa bonté, rendons-le-nous propice ; prosternons-nous devant sa face en faisant l'aveu de nos fautes, de peur qu'au sortir de ce monde, nous trouvant sans excuse, nous ne soyons livrés au dernier supplice. Si nous montrons de la diligence pendant cette vie, une diligence quelconque, nous en retirerons un très-grand profit; mais si nous nous en allons sans nous être améliorés, l'amer repentir que nous éprouverons dans l'autre vie ne nous servira de rien. C'était dans l'arène qu'il fallait combattre, et non après la lutte finie, se livrer à des lamentations et à des larmes inutiles, à l'exemple de ce mauvais riche qui pleurait et gémissait, mais en pure perte, parce qu'il avait négligé de le faire à temps. Et il n'est pas le seul; il y a encore aujourd'hui beaucoup de riches de ce genre, qui ne veulent pas mépriser les richesses, mais qui négligent leur âme; ils sont pour moi un sujet d'étonnement, quand je les vois solliciter continuellement la miséricorde divine et cependant persévérer dans des dispositions qui les rendent incurables, et traiter leur âme comme une ennemie.
Ne nous faisons point d'illusion, mes bien-aimés, ne nous faisons point d'illusion, et ne nous trompons pas nous-mêmes au point de demander à Dieu d'avoir pitié de nous, pendant que nous préférons à cette pitié l'argent, la volupté, tout en un mot. Si quelqu'un vous constituait juge, et disait que celui qu'il accuse, méritant mille fois la mort et pouvant se racheter au moyen d'un léger sacrifice d'argent, aime cependant mieux mourir que de faire ce sacrifice, vous ne jugeriez certainement pas l'accusé digne d'indulgence ni de pardon. Appliquez-vous ce raisonnement : voilà ce que nous faisons réellement, quand nous négligeons notre salut et ménageons notre argent, Comment pouvez-vous prier Dieu de vous épargner, quand vous ne vous épargnez pas vous. même, et préférez l'argent à votre âme? Aussi je me sens frappé d'un extrême étonnement quand je considère combien il y a de prestige dans l'argent, ou plutôt de déception dans les âmes qui s'y attachent. Il y en a pourtant, oui, il y en a qui rient de bon cœur de cette séduction. Qu'y a-t-il donc là de propre à nous fasciner? n'est-ce pas de la matière, une matière inanimée, éphémère? Sa possession n'est-elle pas incertaine ? n'est-elle pas pleine de craintes et de périls? Une occasion de meurtres et d'embûches ? Une source d'inimitié et de haine ? de paresse et de vices nombreux? N'est-ce pas de la terre et de la cendre? Quelle folie que celle-là ! quelle maladie ! Mais, dirat-on, il ne s'agit pas seulement d'accuser ces malades, mais de les guérir de leur passion. Et comment les guérir, sinon en leur (447) montrant que cette passion est ignoble et qu'elle entraîne des maux incalculables?
Mais il n'est pas aisé de convaincre un homme attaché à ces puérilités. — Il faut donc lui présenter une autre beauté. — Mais étant encore malade, il ne voit pas la beauté incorporelle. — Offrons-lui-en donc une corporelle et disons-lui : Voyez les prairies et les fleurs qui les émaillent, plus éclatantes que l'or, plus gracieuses et plus brillantes que toutes les pierres précieuses; voyez les ruisseaux limpides, les fleuves sortant de terre sans bruit, comme de l'huile ; montez au ciel et voyez la beauté du soleil, le modeste éclat de la lune, les fleurs des étoiles. — Qu'est-ce que cela? direz-vous. Nous n'en usons pas comme de l'argent. — Nous en usons bien plus que de l'argent, puisque le besoin en est plus grand et la jouissance plus sûre. Car vous n'avez pas peur qu'on vous les enlève comme l'argent; vous pouvez compter dessus, et cela- sans souci, sans inquiétude. Que si vous vous affligez d'en jouir avec d'autres, de ne pas les posséder seul comme l'argent : alors ce n'est plus l'argent que vous aimez, ce me semble, mais l'avarice seule; vous n'aimeriez pas même l'argent, si tout le monde en avait. Puisque nous avons découvert l'objet de votre passion, c'est-à-dire, l'avarice, venez que je vous montre combien elle vous hait et vous déteste , que de glaives elle aiguise contre vous, combien de gouffres elle creuse sous vos pieds, combien de pièges elle vous tend, combien de précipices elle vous ouvre, afin que vous étouffiez votre affection pour elle. Et d'où saurons-nous tout cela? Des chemins, des guerres, de la mer, des tribunaux. En effet, elle emplit la mer de sang, elle rougit souvent le glaive des juges , elle arme elle-même ceux qui tendent jour et nuit des embûches sur les routes, elle porte à méconnaître les lois de la nature, elle fait les parricides, elle a introduit tous les maux dans le monde.
Aussi Paul l'appelle-t-il la racine de tous les maux. Elle réduit des amants à une condition qui n'est guère préférable à celle des condamnés aux mines. En effet, comme ceux-ci travaillent continuellement enfermés dans les ténèbres, chargés de fers et sans profit pour eux; ainsi les avares,.enfouis dans les cavernes de l'avarice, sans que personne les y oblige, se créent à eux-mêmes leur tourment, se chargent volontairement de chaînes que rien ne peut briser. Encore les condamnés se reposent-ils de leurs travaux, quand vient le soir; mais les avares creusent leurs misérables mines jour et nuit : ceux-là ont une mesure de travail déterminée; les avares ne connaissent point de mesure, et sont d'autant plus malheureux qu'ils creusent davantage. Et si vous me dites que les tins travaillent par force et les autres volontairement, vous indiquez par là même ce qu'il y a de terrible dans l'avarice, puisque,ceux qui en souffrent ne peuvent pas s'en débarrasser, vu qu'ils l'aiment. Comme le pourceau dans la fange, ils prennent plaisir à se vautrer dans la bourbe infecte de la cupidité, bien plus malheureux que ces condamnés dont nous parlions tout à l'heure. Pour vous convaincre que leur condition est pire, écoutez ce qu'est celle des uns et des autres. On dit donc que le terrain aurifère renferme dans ses sombres cavernes des coins et des recoins; on donne au condamné à ces durs travaux une lampe et un hoyau; puis il entre, portant aussi un vase qui distille l'huile goutte à goutte dans sa lampe, parce que, comme je l'ai déjà dit, les ténèbres pour lui sont continuelles. Le moment de prendre sa misérable nourriture vient et on dit qu'il l'ignore ; mais le gardien frappe violemment sur l'antre, et par le bruit et les éclats de sa voix, avertit les travailleurs que la fin du jour est arrivée. Ne frissonnez-vous pas en entendant tout cela ? Voyons cependant si le sort des avares n'est pas pire encore.
Leur passion est pour eux un gardien bien plus terrible , d'autant plus terrible , qu'elle enchaîne leur âme en même temps que leur corps. Leurs ténèbres sont encore plus affreuses; car elles ne sont pas sensibles, ils les produisent eux-mêmes et les traînent partout avec eux. Pour eux, la vue de l'âme est éteinte. Aussi le Christ les proclame-t-il malheureux entre tous, en disant : « Si donc la lumière qui. est en toi est ténèbres, les ténèbres elles-mêmes que seront-elles ? » (Matth. VI, 23.) Les condamnés ont au moins une lampe qui brille, les avares en sont privés; aussi tombent-ils chaque jour dans mille gouffres. Les condamnés respirent au moins quand la nuit descend ; ils goûtent le calme commun à tous les malheureux, le calme de la nuit; mais l'avarice ferme ce port à ses victimes: tant sont nombreux les soucis qui les accablent pendant la nuit. Ils se tourmentent (448) alors avec d'autant plus de liberté que personne ne les gêne. Voilà ce qu'ils souffrent sur la terre ; mais comment peindre ce qu'ils souffriront dans l'autre monde ! Ces fournaises insupportables, ces fleuves de feu, ces grincements de dents, ces chaînes que rien ne peut briser, ce ver empoisonné , ces ténèbres absolues , ces maux qui n'auront point de fin? Craignons donc, mes bien-aimés, craignons la source de tant de supplices, cette passion insatiable, la ruine de notre salut. Car on ne peut aimer en même temps son âme et l'argent. Comprenons que l'argent n'est que terre et poussière, qu'il nous quitte au sortir de ce monde , souvent même avant le départ, qu'il nous nuit pour l'avenir et pour le présent. Car, même avant l'enfer et ses supplices, il nous enrage dans mille combats, il allume les séditions et les guerres.
Point de brouillon comme l'avarice ; rien de si appauvrissant pour le riche comme pour le pauvre. Car elle prend racine même dans l'âme des pauvres, et rend encore plus lourde leur pauvreté. Si un pauvre est avare, ce n'est plus par la fortune, mais par la faim qu'il est puni. Car il ne peut pas même se résoudre à jouir librement du peu qu'il a; mais il torture son estomac par la faim , punit son corps par la nudité et le froid, est plus sale et plus crasseux que ceux qui sont dans les fers ; il pleure et se lamente sans cesse, comme étant le plus malheureux des hommes, quand même il y en aurait par milliers de plus pauvres que lui. S'il paraît en public, il n'en sort que chargé de coups; s'il entre aux bains ou au théâtre, il sera plus maltraité encore, non-seulement de la part des spectateurs, mais de la part des acteurs, quand il verra des prostituées toutes brillantes d'or. S'il navigue en mer, en songeant aux marchands, aux navires chargés, à d'immenses profits, il se croira à peine vivant; s'il voyage sur terre, en pensant aux campagnes, aux domaines voisins des villes, aux hôtelleries, aux établissements de bains, aux revenus que tout cela produit, il ne pourra croire que sa vie soit une véritable vie. Si vous le renfermez chez lui, en grattant les blessures qu'il a reçues sur la place il s'affligera encore davantage ; il ne verra pas d'autre consolation dans les maux qui l'obsèdent, que la mort, le départ de ce monde. Tel sera le sort, non-seulement du pauvre, mais aussi du riche affecté de cette maladie, et de celui-ci d'autant plus que le joug tyrannique lui pèse davantage et que son ivresse est plus grande. Aussi se croit-il le plus pauvre de tous et l'est-il réellement. Car la richesse et fa pauvreté ne se mesurent pas sur ce que l'on possède, mais sur les dispositions de l'âme; et celui-là est le plus pauvre de tous , qui désire toujours davantage et ne peut jamais éteindre ce coupable désir. Pour toutes ces raisons, fuyons donc l'avarice, la mère de la pauvreté, la perte de l'âme, l'amie de l'enfer, l'ennemie du royaume des cieux, ta source de tous les maux à la fois; et méprisons l'argent, afin de jouir de l'argent lui-même et avec lui des biens qui nous sont promis. Puissions-nous tous les obtenir , par la grâce et la bonté de Notre-Seigneur Jésus-Christ, auquel, ainsi qu'au Père et au Saint-Esprit, gloire, puissance et honneur, maintenant et à jamais, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Traduit par M. l'abbé DEVOILE.
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Homilien über den ersten Brief an die Korinther (BKV)
V.
Wären wir auch in jene Tiefe des Elendes gerathen wie Jener, der das väterliche Erbgut vergeudet und sich schließlich von Trebern genährt hat, so werden wir, wenn wir nur Buße thun, sicher gerettet. Und wenn wir zehntausend Talente schulden und dem Herrn zu Füßen fallen und die erlittene Beleidigung vergessen, so wird uns Alles erlassen. Und hätten wir uns auch wie jenes Schäflein von der Heerde verirret, so wird er uns zurückführen, wenn wir, Geliebte, nur wollen; denn Gott ist ja gütig. Darum genügte es ihm, daß jener Knecht, der die zehntausend Talente schuldig war, ihm zu Füßen fiel, und daß Der, welcher das väterliche Erbe vergeudet hatte, nur heimkehrte, und daß sich das verirrte Schäflein nur tragen ließ.
Lasset uns also die Größe seiner Erbarmung erwägen und ihn versöhnen und vor ihm unsere Schuld bekennen, damit wir nicht beim Hinscheiden aus diesem Leben ohne Nachsicht der äussersten Strafe verfallen! Wenn wir in dem gegenwärtigen Leben auch nur einen gewöhnlichen Eifer beweisen, so werden wir davon den größten Gewinn haben; wenn wir aber hienieden uns nicht bessern und so hinscheiden, so wird es uns jenseits Nichts nützen, wenn wir auch die bitterste Reue empfinden; denn wir sollen kämpfen, während wir auf dem Kampfplatze sind, nicht aber, nachdem das Spiel aus ist, fruchtlos jammern und Meinen, wie es jener Reiche gemacht, der weinte und weh- S. 398 klagte, aber umsonst und vergebens, da er die Zeit, wo Dieses hätte geschehen sollen, nicht achtete. Er ist aber nicht allein, sondern es gibt auch jetzt noch viele Reiche, die ihm gleichen, welche das Geld nicht verachten, wohl aber um des Geldes willen ihre Seele vernachlässigen. Über solche Leute muß ich mich dann wundern, wenn ich sehe, wie sie Gott um Erbarmen anflehen, dabei aber sich selbst nicht helfen wollen und mit ihrer eigenen Seele feindlich verfahren. Lasset uns doch nicht scherzen, Geliebte, lasset Uns kein eitles Spiel treiben und uns nicht selbst täuschen, indem wir Gott bitten, daß er sich unser erbarme, dabei aber Geld, Wollust und alles Andere diesem Erbarmen vorziehen! Wenn dir Jemand einen Streithandel vortrüge und irgend einen Andern verklagte, daß er tausendmal den Tod verdient habe, daß er sich mit Geld hätte loskaufen können, aber lieber habe sterben, als nur Etwas von seinem Vermögen habe daran wagen wollen, so würdest du wohl nicht behaupten, daß ein Solcher Barmherzigkeit und Vergebung verdiene. So denke nun auch in Bezug auf dich selber; denn wir thun ja Dasselbe. Wir vernachlässigen das Seelenheil aus Liebe zum Gelde. Wie darfst du nun Gott bitten, daß er dich verschone, da du dich selbst nicht verschonst und das Geld der Seele vorziehst? Ich staune über den Zauber, der in dem Gelde oder besser gesagt, in den Herzen der Verblendeten liegt. Doch gibt es auch sicherlich Menschen, welche dieses Blendwerk herzlich verlachen, denn was liegt wohl darin, das unsere Augen bezaubern könnte? Ist es nicht ein lebloses Wesen? Ist es nicht vergänglich? Ist sein Besitz nicht unsicher, verbunden mit Furcht und Gefahr, Mord und Nachstellungen, mit Feindschaft und Haß, mit Trägheit und allerlei Bosheit? Ist es nicht Staub und Asche? Welcher Wahnsinn! Welche Krankheit!
Allein man soll, heißt es, Diejenigen, welche mit dieser Krankheit behaftet sind, nicht bloß anklagen, sondern ihnen diese Liebe benehmen. Und wie werden wir ihnen diese S. 399 anders benehmen als dadurch, daß wir ihnen beweisen, wie böse sie sei, und wie zahllose Übel sie im Gefolge habe? Allein es ist nicht leicht, Jemanden, der in Etwas verliebt ist, von dem Läppischen Desselben zu überzeugen. Man muß ihm daher eine andere Schönheit vorführen. Da er aber noch krank ist, sieht er keine unkörperliche Schönheit. Wir wollen ihm also eine körperliche zeigen und zu ihm sprechen: Stelle dir die Wiesen vor und, die Blumen darin, schimmernder als Gold und schöner und prächtiger als alle Juwelen; denke dir das krystallhelle Quellwasser und die Bächlein, die sanft wie Öl aus der Erde hervorsprudeln! Erbebe deine Augen zum Himmel empor und schaue die Schönheit der Sonne, den Glanz des Mondes und der Sterne Pracht, gleich Blumen ausgesäet! Nun was soll Das? wirst du fragen; wir können diese Dinge doch nicht gleich dem Gelde benutzen. Jawohl, mehr als das Geld, infofern ihr Gebrauch nothwendiger und der Genuß sicherer ist; denn du hast nicht zu fürchten, daß dir Jemand diese Dinge wie etwa das Geld entwende, sondern du kannst dich darauf immer verlassen und zwar ohne Kummer und Sorge. Wenn dich aber der Umstand schmerzt, daß auch Andere mit daran Theilhaber sind und du nicht allein im Besitze bist wie in Bezug auf das Geld, so scheinst du mir nicht sowohl das Geld als die Sucht nach demselben zu lieben. Du würdest das Geld auch nicht lieben, falls es Alle als Gemeingut besäßen. Da wir nun, deine Geliebte — die Habsucht — gefunden haben, wohlan, so Will ich dir zeigen, wie sie dich haßt und verabscheut, wie viele Schwerter sie gegen dich schärft, wie viele Abgründe sie für dich gräbt, wie viele Schlingen sie legt, wie viele Klippen sie bietet, — damit du so diese Liebe auslöschen mögest. Woher kann man aber Das wissen? Das erfährt man auf den Landstraßen, im Kriege, auf dem Meere, auf den Gerichtsplätzen. Denn sie ist es, welche das Meer mit Blut anfüllt und oft das Schwert der Richter mit Blut, und nicht selten mit unschuldigem Blute färbt; sie bewaffnet die Räuber, die Tag und Nacht an den Wegen lagern; S. 400 sie lehrt die Natur verleugnen, erzeugt Vater- und Mutter-Mörder und bringt alles Unheil in’s Leben. Darum nennt sie auch Paulus eine Wurzel des Bösen. Sie bewirkt, daß es ihren Liebhabern nicht besser ergeht als Denen, die in den Bergwerken arbeiten. Denn gleichwie diese beständig in dunkelen Schachten und in Ketten gedankenlos arbeiten, so verdammen sich die Geizigen aus eigener Wahl und ohne von Jemand gezwungen zu werden, in die finstern Höhlen des Geizes und legen sich unauflösbare Fesseln an. Die Sträflinge in den Bergwerken haben wenigstens am Abende Ruhe; diese aber graben Tag und Nacht nach dem verwünschten Metalle. Jenen ist die mühsame Arbeit bestimmt und abgemessen; diese hingegen kennen kein Maß, sondern je mehr sie graben, desto größerer Plage unterziehen sie sich. Wenn nun Jene gezwungen, Diese aber aus freien Stücken Das leiden, so besteht das Schlimme der Krankheit darin, daß sie von derselben nicht befreit werden können, indem sie nicht einmal das Übel hassen, sondern sich, wie Schweine im Schlamme, im Unrath des Geizes mit Behaglichkeit wälzen und schlimmer daran sind als jene Sträflinge. Vernimm, wie es Diesen ergeht, und dann wirst du hören, daß die Geizigen noch schlimmer daran sind! In jenen dunkelen Höhlen der goldhaltigen Erde gibt es, wie man erzählt, viele Schachte und Winkel. Der Sträfling, welcher zu jenen Arbeiten verurtheilt ist, geht nun, mit Licht und Werkzeug versehen, hinein und trägt eine Ölbulle mit, um nachzugießen, wenn das Licht ausgehen will, weil es, wie ich oben gesagt, finster ist, da kein Tageslicht einfällt. Der Unglückliche, heißt es, wisse nicht einmal, wann die Zeit zum Essen da ist; dann stoße der Aufseher von oben mächtig an die Decke des Schachtes und gebe durch jene Erschütterung und jenes Getön ihnen das Zeichen, daß der Tag zu Ende sei. — Schaudert ihr nicht bei diesen Worten? Nun wollen wir sehen, ob die Geizigen nicht Ärgeres ausstehen. Diese haben einen noch härteren Kerkermeister, den Geiz, der um so schlimmer ist, weil er Leib und Seele in Bande legt. Auch die Finsterniß S. 401 ist hier weit schauerlicher; denn sie fällt nicht in die Sinne, sondern die Geizigen erzeugen sie in ihrem Innern und tragen sie überall mit sich, denn ihr Geistesaug’ ist erloschen. Darum nennt sie auch Christus die allerunglückseligsten Menschen, indem er spricht: „Wenn aber das Licht, das in dir ist, Finsterniß ist, wie groß wird die Finsterniß selbst sein?1 Jene haben doch wenigstens ein scheinendes Licht; Diesen aber mangelt ein solches und deßwegen stürzen sie täglich in allerlei Abgründe. Jene Sträflinge können sich wenigstens erholen, sobald die Nacht einbricht, dieser allgemeine Hafen für Diejenigen, die bei Tage geplagt sind; den Geizigen aber hat die Habsucht diesen Hafen verschlossen, da sie sich, ohne von Jemanden gequält zu werden, auch in der Nacht durch vielerlei Kummer und Sorgen selbst foltern. Und das ist ihre Strafe hienieden; was sie aber dort zu gewärtigen haben, welche Zunge schildert uns Das? — die unerträgliche Glut, die feurigen Ströme, das Zähneknirschen, die unauflöslichen Bande, den giftigen Wurm, die undurchdringliche Finsterniß und die Qual ohne Ende?
Erschrecken wir also, o Geliebte, erschrecken wir vor der Quelle so vieler Leiden, vor jener unersättlichen Wuth, vor jenem Verderben unserer Seele! Denn Geld und Seele können wir nicht zu gleicher Zeit lieben. Lernen wir doch einsehen, daß der Reichthum Staub und Asche ist, daß er uns beim Austritt aus diesem Leben, ja schon vor demselben verläßt und uns sowohl hier wie dort im Wege steht. Denn ehe noch die Hölle und jene ewige Strafe eintritt, verursacht er schon hier unzählige Kriege, erregt Zänkereien und Zwist. Denn Nichts erregt so viel Streit als der Geiz; Nichts macht den Menschen so sehr zum Bettler, mag er nun reich oder arm erscheinen. Denn auch in den Gemüthern der Armen entsteht diese gefährliche Krankheit, S. 402 und Nichts quält sie heftiger bei ihrer Armuth. Und wenn ein Armer dem Geize verfällt, so ist nicht das Geld seine Strafe, sondern der Hunger; denn er wagt es nicht einmal, das Wenige, was er besitzt, zu benutzen, sondern quält seinen Magen durch Hunger, plagt den ganzen Leib mit Blöße und Frost und erscheint überall schmutziger und elender, als die im Gefängnisse liegen, und jammert immer und klagt, als sei er der Elendeste aller Menschen, obgleich es noch zahllose Ärmere gibt. Wenn Dieser den Marktplatz betritt, so verläßt er denselben mit vielen Striemen;2 geht er in’s Bad oder in’s Theater, so trägt er noch mehr Wunden davon, nicht nur von Seite der Zuschauer, sondern auch von den Schauspielern und beim Anblick der in Gold strahlenden Diener. Beschifft er das Meer und sieht da die Kaufleute und ihre reichbeladenen Schiffe und den großen Gewinn, so glaubt er nicht mehr leben zu können. Und reist er zu Lande und sieht die Äcker und Landgüter, Lusthäuser und Bäder, und berechnet ihren Ertrag, so hält er das fernere Leben für unerträglich. Wollte man ihn in seinem Hause einsperren, so wird er die Wunden, die draussen empfangen, von Neuem aufreissen und desto tiefer sich grämen, und es verbleibt ihm in seinem Grame nur ein Trost — der Tod und der Abschied vom Leben. So ergeht es nicht bloß dem Armen, sondern auch dem Reichen, der dieser Krankheit verfällt; ja diesem geht es noch schlimmer als dem Armen, da die Tyrannei ihn heftiger angreift und die Trunkenheit größer ist. Darum hält sich ein Solcher für den Allerärmsten, und er ist es auch wirklich; denn Reichthum und Armuth schätzt man nicht nach dem Maße des Vermögens, sondern nach der Gesinnung; und so ist denn Derjenige der Allerärmste. der sich nach immer mehr sehnt und diese heillose Gier nie sättigen kann.
S. 403 Aus all diesen Gründen lasset uns die Geldliebe fliehen, sie, die den Menschen zum Bettler macht, die Seelen verdirbt, die Freundin der Hölle, die Feindin des Himmels und die Mutter aller Übel ist! Lasset uns das Geld verachten, auf daß wir es genießen und zugleich auch die verheissenen Güter erlangen. Mögen diese uns allen zu Theil werden durch die Gnade u. s. w.