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Works John Chrysostom (344-407) Commentaire sur la première épitre aux Corinthiens
HOMÉLIE III.

1.

Les reproches, comme je vous l'ai toujours dit, doivent venir doucement, peu à peu; et c'est ce que Paul fait ici. Sur le point d'aborder un sujet plein de périls et capable de renverser l'Église de fond en comble, il adoucit son langage. Il dit qu'il les supplie, mais qu'il les supplie par le Christ: comme s'il ne se sentait pas capable de les prier et de les persuader par lui-même. Qu'est-ce que cela : « Je vous supplie par le Christ? » Je prends le Christ pour auxiliaire, j'invoque le secours de son nom, de ce nom injurié et déshonoré. Paroles pleines d'à-propos, pour ne pas les pousser à l'insolence : car le péché rend insolent. Si, en effet, vous commencez par de violents reproches, vous ferez des rebelles et des impudents; si vous grondez doucement, vous verrez le coupable incliner la tète. Garder le silence et baisser les yeux, c'est ce que Paul va faire, et, en attendant, il exhorte au nom du Christ. Et à quoi exhorte-t-il? « A avoir tous le même langage et à ne pas souffrir de schismes parmi vous ». Le sens énergique du mot schisme et le blâme qu'implique ce terme, étaient bien propres à les blesser au vif. Car il n'y avait pas beaucoup de parties entières ; mais l'imité même avait péri. En effet, si c'étaient des Eglises saines et entières, il y avait au moins beaucoup d'assemblées; mais si c'étaient des schismes, l'unité même avait disparu. Car l'unité divisée en beaucoup de parties, non-seulement ne se multiplie pas, mais est détruite elle-même. Telle est la nature des schismes. Ensuite, après les avoir blessés au vif par le mot de schisme, il se radoucit et mitige ainsi son langage : « Mais d'être tous unis dans le même esprit et dans le même « sentiment ». Après avoir dit : « D'avoir tous « le même langage », il ajoute : Ne pensez pas que je parle seulement de l'accord du langage, je demande aussi l'accord de pensée. Et connue il peut arriver que cet accord existe, mais non sur tous les points, il ajoute : « Mais d'être unis d'une manière parfaite ». Car celui qui est d'accord sur un point et en désaccord sur d'autres, n'est point uni en perfection, n'est point parfait sous le rapport de l'union. On peut encore être uni par la pensée et ne l'être point par le sentiment.: ce qui arrive par exemple quand nous avons la même foi et que nous ne sommes pas liés par la charité. En ce cas nous sommes unis par la pensée (puisque nous pensons les mêmes choses), mais nous ne le sommes point par le sentiment: ce qui avait lieu alors, où les uns s'attachaient à un maître, les autres à un autre. C'est pourquoi il exige qu'on soit uni d'esprit et de sentiment, Car les schismes ne provenaient pas de la différence de foi, tuais de la diversité des sentiments, effet des rivalités humaines.

Et comme un accusé se montre insolent, tant qu'il n'a pas de témoins contre lui, voyez comment il en produit, pour les mettre hors d'état de nier. « J'ai été averti sur votre compte, mes frères, par ceux de la maison de Chloé ». II n'avait d'abord pas dit cela, mais il avait en premier lieu établi l'accusation, ce qui prouve qu'il avait cru aux informations; sans cela il n'eût point accusé; car Paul n'était pas homme à croire sans raison. Il n'avait donc d'abord pas parlé de renseignements, pour ne pas paraître accuser à l'instigation de ceux qui les lui avaient donnés; mais il ne les passe pas sous silence, pour ne pas paraître agir de lui seul. Il leur donne encore le nom de frères : bien que leur péché fût évident, cela n'empêchait pas de les appeler ainsi. Et voyez sa prudence : il ne désigne point une personne en particulier, mais toute une maison, pour ne point les irriter contre l'auteur des révélations; par là il a mis celui-ci à couvert et a pu librement formuler son accusation. Il ne songe pas seulement aux intérêts des uns, mais aussi à ceux des autres. Voilà pourquoi il ne dit pas : J'ai appris de certaines personnes; mais il indique une maison tout entière, pour ne pas avoir l'air d'inventer. Que m'a-t-on appris ? « Qu'il y a des «contestations parmi vous ». Quand il leur adresse directement ses reproches, il leur dit . « Qu'il n'y ait pas de schismes parmi vous » ; mais quand il leur parle, d'après le témoignage des autres, il adoucit ses termes : « On m'a a appris qu'il y a des contestations parmi vous », afin de ménager ceux de qui il tient ses informations.

Il précise ensuite le genre de contestation : « Chacun de vous dit: Pour moi je suis à Paul, et moi à Apollon, et moi à Céphas ». Ce ne sont pas, dit-il, des disputes pour des intérêts privés, mais d'autres beaucoup plus fâcheuses. « Chacun de vous dit ». Ce n'est pas une partie de l'Eglise, mais l'Eglise entière que le fléau ravage. Pourtant on ne parlait ni de lui, ni d'Apollon, ni de Céphas ; mais il fait voir que si l'on ne peut s'attacher à ceux-là, encore bien moins le peut-on à d'autres. La preuve qu'on ne parlait pas d'eux, est dans ce qu'il dit plus bas : « J'ai proposé ces choses en ma personne et en celle d'Apollon, afin que vous appreniez, à notre exemple, à n'avoir pas a d'autres sentiments que ceux que je vous ai marqués ». (I Cor. IV, 6.) Car si l'on ne peut se dire partisan de Paul, d'Apollon et de Céphas, encore bien moins de tout autre. Si l'on ne doit point s'enrôler sous le drapeau d'un docteur, du premier des apôtres, de l'instituteur d'un si grand peuple, à plus forte raison sous le drapeau de ceux qui ne sont rien. Désirant ardemment les guérir de leur maladie, il met ces noms en avant; mais pour moins blesser il tait les noms de ceux qui déchiraient l'Eglise, et les abrite en quelque sorte sous ceux des apôtres : « Moi je suis à Paul, moi à Apollon, moi à Céphas ».

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Commentaire sur la première épitre aux Corinthiens
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