53.
Quant aux persécutions dirigées contre vous, vous cesserez de vous plaindre si vous songez; si vous comprenez d'abord que toute persécution n'est point coupable. Autrement on ne pourrait louer cette parole : « Je persécutais celui qui, en secret, calomniait son prochain1 ». Ne voyons-nous pas tous les jours le fils se plaindre d'un père qui le persécute; l'épouse, de son mari; l'esclave, de son maître; le colon, du propriétaire; l'accusé, du juge ; le soldat, l'habitant de la province, de son général ou de son roi? Et cependant, tous ces supérieurs, quand ils veulent détourner leurs inférieurs de fautes gravement coupables, usent d'un pouvoir, très légitime, pour menacer de peines légères en comparaison ; quand ils veulent, au contraire, forcer à quitter une vie réglée et à cesser les bonnes actions, ils ont recours aux menaces les plus sévères et aux supplices les plus cruels. Dans le premier cas, ils corrigent, ils sont de bons conseillers ; dans le second, ils sont persécuteurs et oppresseurs. On blâme ceux mêmes qui, pour détourner du mal, emploient des moyens trop rigoureux. On devra blâmer aussi ceux qui, comme des furieux, se précipitent, pour les réformer, sur des hommes qui ne leur sont soumis à aucun titre.
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Ps. C, 5. ↩