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Et c'est pourquoi le fait de nous éloigner de Dieu nous appartient, et c'est la volonté mauvaise ; au contraire, notre conversion à lui ne nous est possible que s'il nous excite et nous aide, et c'est la bonne volonté : dès lors, qu'avons-nous que nous n'ayons reçu? Et si nous l'avons reçu, pourquoi nous en glorifions-nous, comme si nous ne l'avions pas reçu? De là encore, « pour que celui qui se glorifie, se glorifie en Dieu1 », ceux, à qui Dieu veut bien faire un don semblable, ne le tiennent que de sa miséricorde, et non de leurs mérites personnels ; tandis que ceux à qui Dieu le refuse deviennent une preuve de la vérité divine. Car un juste châtiment est dû aux pécheurs, puisqu'il est écrit : « Le Seigneur aime la miséricorde et la vérité2 » ; et: « En lui la miséricorde et la vérité se sont rencontrées3 »; et: « Toutes les voies du Seigneur sont miséricorde et vérité4 ». Comment expliquer autrement la fréquence de rapprochement entre ces deux termes dans les saintes Écritures ? Quelquefois, on les y trouve remplacés par des expressions synonymes. Ainsi la grâce est nommée pour la miséricorde dans ce texte : « Et nous avons vu sa gloire, la gloire due à celui qui est le Fils unique du Père, et qui est plein de grâce et de vérité5 ». Parfois la vérité est appelée jugement, comme dans ce verset : « Seigneur, je célébrerai votre miséricorde et votre jugement6 ».