CHAPITRE XII : LES DISCIPLES DE NOTRE SAUVEUR
Tout le monde connaît parfaitement les noms des apôtres du Sauveur d'après l'Évangile. Quant à la liste des soixante-dix disciples, elle n'existe nulle part. On dit pourtant que Barnabé était l'un d'eux; car les Actes des Apôtres le mentionnent plusieurs fois, de même que Paul écrivant aux Galates. On prétend que Sosthène, qui écrivit avec Paul aux Corinthiens, en était aussi ; [2] Clément, dans la cinquième de ses Hypotyposes, l'affirme, et il déclare que Céphas, dont Paul dit : « Quand Céphas vint à Antioche, je lui résistai en face », est un des soixante-dix disciples, homonyme de l'apôtre Pierre. [3] Il raconte encore que Mathias qui fut élu par les Apôtres à la place de Judas, et celui qui, dans cette élection, fut honoré d'un pareil suffrage, avaient été tous deux jugés dignes de la vocation des soixante-dix. Thaddée est aussi présenté comme l'un d'eux ; à son sujet je vais incessamment rapporter un récit venu jusqu'à nous.
[4] Du reste, si l'on réfléchit, on trouvera qu'il y eut plus de soixante-dix disciples du Sauveur. Paul en apporte un témoignage quand il dit qu'après sa résurrection d'entre les morts, le Sauveur a été vu d'abord par Céphas, puis par les douze, et en une seule fois par cinq cents frères, dont plusieurs sont morts, affirme-t-il, mais dont le plus grand nombre demeure encore en ce monde à l'époque même où il écrit. [5] Il poursuit en disant que le Sauveur apparut à Jacques, l'un de ceux qu'on appelait les frères du Sauveur. Puis, comme en dehors de ceux-ci beaucoup étaient apôtres à l'imitation des douze, tel que Paul lui-même, il ajoute ces paroles : « Il fut ensuite vu de tous les apôtres. » Mais en voilà assez sur ce sujet. 1
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sur cette correspondance, voy. A. STUELCKEM, dans E. HENNECKE, Handbuch zu den neuiestamentlicken Apokryphen (Tubingue, 1904), p. 153 suiv. 9. Le texte mis entre crochets est conservé par BDER, omis par AΜΤ syr. lat. Celte opposition peut servir à prouver que l'archétype de BDER était interpolé. — 10 : Γέγραπται γάρ, etc. La parole citée ici ne se trouve textuellement dans aucun Écriture; mais cf. Is., vi, 9 suiv., ΜAΤΤH., XIII, 14 suiv,; JEAN, XII, 39 suiv,; Actes, xxviii, 25 et suiv.; et voy. RESCH, Agrapha (Leipzig, 1889), p. 462 (Apokryphon 103), et ROPBS, Die Sprüche Jesu, p. 112, n° 11 ↩