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Œuvres Jean Chrysostome (344-407) Commentaire sur la première épitre aux Corinthiens
HOMÉLIE XVI.

1.

Comme il avait dit: « Et vous n'êtes pas plutôt clans les pleurs, pour faire disparaître du milieu de vous celui qui a commis cette « action? » et encore : « Purifez-vous du vieux levain », il était vraisemblable que les Corinthiens se croiraient obligés de fuir tous les fornicateurs. En effet, si le coupable communique son mal aux innocents; ce sont surtout les infidèles qu'il faut éloigner; puisqu'on ne doit pas même épargner un frère de peur qu'il ne répande la contagion , à plus forte raison ne doit-on pas ménager les étrangers. Dans celte hypothèse , il aurait donc fallu rompre avec tous les fornicateurs qui se trouvaient chez les Grecs : chose impossible; et que les Corinthiens eussent difficilement acceptée. Voilà pourquoi l'apôtre met un correctif, en disant : « Je vous ai écrit : n'ayez point de commerce avec les fornicateurs ; ce qui ne s'entend pas des fornicateurs de ce monde »; et donnant, ces mots : « Ce qui ne s'entend pas », comme chose convenue. De peur qu'ils ne s'imaginent qu'il n'exige point cette séparation parce qu'ils sont trop imparfaits et pour qu'ils ne s'avisent pas de l'opérer en qualité de parfaits, il leur fait voir qu'ils ne le pourraient pas avec la meilleure volonté possible : autrement il faudrait chercher un autre mondé. Aussi ajoute-t-il : « Autrement vous devriez sortie du monde ».

Voyez-vous comme il est peu exigeât, comme il cherche en tout à rendre l'exécution de la loi, non-seulement possible, mais facile? Comment, leur dit-il, serait-il possible à un chef de maison , à un père de famille, à un magistrat, à un artisan, à un soldat, au milieu de tant de grecs , d'éviter les fornicateurs qui se trouvent partout? Car c'est aux grecs qu'il applique cette expression : « Les fornicateurs de ce monde. Mais je vous ai écrit de ne point avoir de commerce avec celui qui, portant le nom de frère , est fornicateur, et même de ne pas manger avec lui ». Ici il indique d'autres personnes vivant dans l'iniquité. Mais comment un frère peut-il être idolâtre? Cela arrivait autrefois chez les samaritains, qui n'avaient embrassé la religion qu'à demi. D'ailleurs il pose. ici la base de ce qu'il (395) va dire tout à l'heure sur les idolâtres. « Ou avare ». Il va combattre ce vice ; aussi dit-il : « Pourquoi ne supportez-vous pas plutôt d'être lésés? Pourquoi ne soutirez-vous pas d'être dépouillés? Mais vous-mêmes vous lésez, vous dépouillez». — « Ou ivrogne». Plus bas il accuse aussi ce vices quand il dit : « L'un a faim, et l'autre est ivre» (Ch. XI, 21); et encore « Les aliments sont pour l'estomac et l'estomac a pour les aliments (Ch. VI, 13). Ou médisant ou rapace ». Il en a déjà parlé plus haut avec blâme. Ensuite il donne la raison pour laquelle il n'empêche point d'avoir des rapports avec les étrangers entachés de ces vices : C'est que non-seulement cela n'est pas possible, mais que ce serait inutile. « En effet, m'appartient-il de juger ceux qui sont dehors? »

Il appelle chrétiens ceux qui sont dedans, et grecs ceux qui sont dehors. C'est ainsi qu'il dit ailleurs : « Il faut aussi qu'il ait un. bon témoignage de ceux qui sont, dehors ». Et dans l'épître aux Thessaloniciens , il répète dans les mêmes termes : « N'ayez point de commerce avec lui, afin qu'il soit couvert de confusion. Cependant ne le regardez pas a comme un ennemi, mais reprenez-le comme un frère ». Cette fois il ne donne pas de motif. Pourquoi? Parce que là il voulait consoler, et ici, non. Là, la faute n'était pas la même, elle était moindre ; il n'accusait que d'oisiveté; ici il s'agit de fornication et d'autres fautes plus graves. Si on veut passer chez les grecs , il ne défend pas d'y manger, et pour la même raison. Nous agissons encore de même, faisant tout pour nos fils et nos frères , et tenant peu de compte des étrangers. Quoi donc? Paul avait-il aucun souci de ceux du dehors ? Il en avait, mais il ne leur donnait des lois qu'après qu'ils avaient reçu la prédication et s'étaient soumis à la doctrine du Christ ; mais tant qu'ils la méprisaient , il était inutile de donner des ordres à des hommes qui ne connaissaient pas même le Christ. « Et ceux qui sont dedans, n'est-ce pas vous qui les jugez? Mais ceux qui sont dehors, c'est Dieu qui les jugera ». Après avoir dit : « M'appartient-il de juger ceux qui sont dehors, ? » De peur qu'on ne s'imaginât qu'ils resteraient impunis, il les livre à un autre tribunal terrible. Son but, en disant cela, est d'effrayer les uns et de consoler les autres, et de montrer que cette punition temporelle délivre du châtiment éternel; ce qu'il affirme encore ailleurs, quand il dit : «Nous sommes jugés et châtiés maintenant, afin de ne pas être condamnés avec ce monde » (Ib. XI, 32) ; et encore : « Faites disparaître le coupable du milieu de vous ». (Deut. XVII, 7.)

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