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Œuvres Jean Chrysostome (344-407) Commentaire sur la première épitre aux Thessaloniciens
HOMÉLIE PREMIÈRE.

5.

« De sorte que vous avez servi de modèles à tous ceux qui ont embrassé la foi dans la Macédoine et dans l'Achaïe». Cependant ils avaient été les derniers visités par l'apôtre. Mais vous avez brillé, leur dit-il, jusqu'à devenir les modèles de ceux qui vous ont précédés. C'était là une vertu vraiment apostolique. L'apôtre ne dit pas simplement qu'ils ont servi de modèles à ceux qui n'ont pas encore embrassé la foi, mais à ceux mêmes qui l'ont déjà embrassée. Vous leur avez appris de quelle manière il faut croire en Dieu, vous qui, à peine entrés dans la foi, avez commencé à combattre pour elle. — « Dans l'Achaïe», c'est-à-dire dans la Grèce. Que ne fait point le zèle? Il ne lui faut ni temps, ni délai, ni retard. Il lui suffit de se montrer, et tout est fait. Ainsi les Thessaliens, les derniers venus dans la foi, se montraient les maîtres des premiers venus. Que personne donc ne se décourage: quand même on aurait passé une bonne partie de sa vie sans tien faire, on pourrait encore, en très-peu de temps, faire plus qu'on n'aurait peut-être fait en s'y prenant dès le commencement. Si celui qui n'était pas encore chrétien, jette tout en le devenant un si vif éclat, que ne pourra pas faite celui qui a déjà la foi?

Mais, d'un autre côté, qu'on n'aille pas tomber dans la paresse sous prétexte qu'on pourra tout réparer en peu de temps. Car l'avenir est incertain et le jour du Seigneur est un voleur qui survient tout à coup pendant que nous dormons. Si nous ne dormons point, il ne viendra pas nous surprendre comme un voleur, il ne nous emmènera point sans que nous soyons prêts. Si nous veillons, il viendra comme un envoyé du Rai du ciel nous appeler au bonheur qui nous est préparé. Mais si nous nous endormons, il se présentera comme un voleur. Que personne donc ne s'endorme, que personne ne soit lâche dans la pratique de la vertu, car voilà le sommeil. Ne savez-vous pas que, lorsque nous dormons, nos biens sont peu en sûreté, et qu'il est facile de nous les prendre? Veillons-nous, la garde en est facile. Dormons-nous, malgré tous nos soins, nous perdons souvent ce que nous avons. Portes, (182) verrous, sentinelles en dedans et au dehors, rien n'empêche le voleur d'entrer. Quelle conséquence tirer de mes paroles? c'est qu'éveillés nous n'avons pas besoin du secours d'autrui, et qu'endormis le secours d'autrui ne nous servira de rien et n'empêchera point notre perte.

C'est un grand bien que d'être secouru par les prières des saints, mais à la condition que nous nie resterons pas nous-mêmes sans rien faire. Vous dites : Mais de quoi me serviront les prières des autres, si moi-même je suis vigilant, et si je ne me réduis pas moi-même à en avoir besoin ? Je vous conseille fort de ne pas vous réduire à cet état. Cependant nous avouerons, si nous sommes sages, que nous ne sommes jamais sans avoir besoin des prières des autres. Saint Paul ne disait pas: Qu'ai-je besoin de prières ? Et cependant ceux qui priaient pour lui étaient loin d'être ses égaux. Et vous, vous dites : Qu'ai-je besoin de prières? Saint Pierre non plus ne disait pas : Qu'ai-je besoin de prières? « Une prière assidue », dit le livre des Actes (XII, 5), « était adressée pour lui à Dieu, par l'Eglise ». Et vous, vous dites : Qu'ai-je besoin de prières ? Vous en avez un grand besoin, puisque vous vous imaginez n'en avoir pas besoin. Vous seriez un saint Paul que vous en auriez encore besoin. Ne vous élevez pas, pour que vous ne soyez pas rabaissé. Mais, comme je viens de le dire, c'est à la condition que nous agirons nous-mêmes, que les prières faites pour nous, nous seront utiles. Ecoutez les paroles de saint Paul : « Je sais que cela tournera à mon salut, par l'assistance de vos prières et le secours de l'Esprit de Jésus- Christ » (Philip. I, 49); et ailleurs : « Vous m'aiderez aussi en cela par le secours des prières que vous ferez pour moi, afin que Dieu, nous ayant fait grâce par les prières de plusieurs personnes, plusieurs personnes se joignent aussi à nous pour lui en témoigner notre reconnaissance ». (II Cor. I, 11.) Et vous, vous dites : Qu'ai-je besoin de prières? Mais si nous demeurons dans la lâcheté, personne, par ses prières, ne pourra nous être utile. De quel secours Jérémie fut-il pour les Juifs? Trois fois il se présenta devant le Seigneur, et trois fois il lui fut répondu : « Ne priez point, ne demandez rien pour ce peuple , parce que je ne vous exaucerai point ». (Jérém. VII, 16.) De quel secours fut pour Saül la prière de Samuel ? Et cependant il pleura sur lui jusqu'au dernier jour de sa vie, et il n'offrait pas seulement pour lui quelque prière en passant. De quel secours furent pour les Israélites les prières de ce même prophète? Ne disait-il pas lui-même : « Dieu me garde de pécher jusqu'à oublier de prier pour vous ». Et néanmoins tous périrent. — Les prières sont donc inutiles, direz-vous. Au contraire, elles sont utiles et grandement, mais à la condition que nous y joignions notre action. Les prières sont une aide et un secours; or, on ne secourt et on n'aide que celui qui travaille déjà lui-même. Si vous restez sans rien faire, l'utilité du secours sera nulle.

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Homilien über den I. Thessalonicher-Brief (BKV) Comparer

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