1.
Toutefois le païen sera peut-être conduit par les idées générales, et le Juif par les conceptions de l'Écriture, à ne pas contester l'existence d'un Verbe et d'un Esprit de Dieu. Mais le plan de Dieu le Verbe relatif à l'homme sera rejeté à l'examen par l'un et l'autre également, comme une théorie à la fois invraisemblable, et peu convenable à la nature de la divinité. Nous partirons donc d'un principe différent, pour amener, sur ce point encore, nos adversaires à la foi.
[2] Ils sont convaincus que toutes choses ont été créées par la raison et la sagesse de celui qui a organisé l'univers, ou bien ils font encore des difficultés pour admettre cette conception. S'ils n'accordent pas qu'une raison et une sagesse ont présidé à l'organisation de la réalité, ils frapperont d'incohérence et de gaucherie le principe de l'univers. Mais si c'est là une conclusion absurde et sacrilège, il faut bien convenir qu'ils reconnaîtront dans la réalité le gouvernement suprême d'une raison et d'une sagesse. Or précisément il a été démontré plus haut que le Verbe de Dieu n'a pas le même sens que le mot « parole » et n'est pas non plus la possession d'une science ou d'une sagesse ; que c'est une puissance substantielle, choisissant le bien en tout, et capable d'exécuter tout ce qu'elle choisit. Le monde étant bon, a donc pour cause la puissance qui met au jour et qui crée le bien. Si le fondement de l'univers dépend de la puissance du Verbe, comme la suite du raisonnement l'a montré, il faut de toute nécessité attribuer à l'organisation des parties de l'univers une seule cause, le Verbe lui-même, auquel toutes choses doivent d'avoir été appelées à la vie.
