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Ägyptische Erzählungen über die Vorsehung
6.
Doch müssen wir uns hüten, irgend ein Geheimniß auszuplaudern. Einerseits sei uns hold das Heilige; andererseits aber finden wir es, da wir die früheren und jetzigen Begebenheiten des Bruders kennen, gar wunderbar und der Betrachtung werth, warum wohl, wenn irgendwo eine außerordentliche Natur erscheint, sie nicht, in geringem Grade, sondern bei weitem entweder besser oder schlechter ist, wie eine mit dem Laster ungemischte Tugend oder ein mit der Tugend ungemischtes Laster, nahe wohl sogar der reine Gegensatz aufsprießt, so daß aus Einem Heerde das Verschiedenartigste hervorgeht, und beide Gewächse Eine Wurzel haben. Befragen wollen wir demnach die Philosophie, was wohl der Grund dieses sonderbaren Ereignisses sei. Sie wird uns vielleicht erwiedern, etwas auch von der Dichtung borgend: »O Menschen!
Zwei der Fässer, ja stehen gestellt an der Schwelle Kronions,
Voll das Eine von Gaben des Wehs, das andre des Heiles.
Das Meiste schenkt er gleichmäßig, oder etwas weniger aus beiden ein, und mischt es, so daß es der Natur angemessen ist. Wenn er aber manchmal zu viel aus einem von beiden einschenkt, und ein Vater durch seinen ersten Sohn vollkommen glücklich oder unglücklich ist, so geht das andere, was übrig geblieben, vollends auf das Folgende über; denn der Gott, der es vertheilt, wird das Mangelnde ausgleichen, da der Auf- Wand der zwei Fässer gleich seyn muß, oder es sind Anfangs bei den Geschlechtern die Samen von beiden gleich und beide nach Verhältniß der gemeinsamen Natur Eins. Hat man aber eines von beiden, das wie immer geschieden ward, vorher erschöpft, so ist das übrige unvermischt.«
Wenn sie so spricht, so wird sie uns überzeugen, da wir auch sehen, daß die Frucht der Feige sehr süß; Blätter aber, Rinde, Wurzel und Stamm, alles sehr bitter ist; denn was die Natur des Baumes immer Schlechteres an sich hat, das scheint sie in dem nicht Eßbaren ganz aufgewendet und das Beste in der Frucht rein zurückgelassen zu haben. Daher pflanzen euch die Landleute — wir wollen uns auch gemeine Bilder gefallen lassen, wenn wir etwas zur Aufnahme der Wahrheit beitragen sollen —, jene, sage ich, pflanzen, unstreitig von der Natur darüber belehrt, Uebelriechendes neben Wohlduftendes und Süßes neben Bitteres, damit es, was die Erde immer Schlechtes enthält, dieses durch seine Verwandtschaft an sich ziehe und den edleren Saft und Dunst allein und geläutert in den bessern Wurzeln lasse. Dieß dient zur Reinigung des Gartenbeetes.
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L'Égyptien ou De la providence
6.
Mais prenons garde de profaner, en les divulguant, quelques mystères; que la religion nous soit propice. Le spectacle que nous a présenté, que nous présente la diversité des frères, est fort curieux et provoque d’utiles réflexions pourquoi, lorsqu’un homme apporte en naissant des penchants qui doivent, je ne dirai pas l’attirer, mais l’entraîner impérieusement vers le bien ou vers le mal, de telle sorte que ses vertus ne soient accompagnées d’aucun vice, ou ses vices d’aucune vertu, pourquoi, tout à côté de lui, la nature produit-elle un être d’un caractère tout opposé? Ainsi une même famille présente les contrastes les plus frappants: d’une souche unique naissent des rejetons tout dissemblables. Demandons à la philosophie comment elle explique cette étrangeté; sa réponse, elle va l’emprunter à la poésie. C’est, ô mortels, que
Jupiter dans l’Olympe a placé deux tonneaux;
De l’un sortent les biens, et de l’autre les maux.1
D’ordinaire les quantités de bien et de mal qui s’échappent des deux tonneaux sont égales ou presque égales, et se tempèrent dans de justes proportions. Mais quand il a coulé de l’un plus que de l’autre, quand le premier né est pour ses parents un sujet de honte ou d’orgueil, alors la part qu’il n’a pas eue, bonne ou mauvaise, revient toute au second fils: car Dieu, le souverain distributeur, établit une compensation. Les tonneaux doivent se vider également; c’est à cette double source que les mortels puisent, en naissant, ces divers penchants dont la réunion forme le fonds commun de la nature humaine. Quand par hasard un homme n’a rien retenu de ce qui sort de l’un des deux tonneaux, tout ce qui lui vient de l’autre demeure sans mélange. En nous tenant ce langage, la philosophie nous persuadera sans peine : ne voyons-nous pas que le fruit du figuier est très doux, tandis que les feuilles, l’écorce, la racine, le tronc sont amers? La raison en est toute simple: tout ce que l’arbre a de mauvais passe dans les parties qui ne se mangent point, tout ce qu’il a d’excellent reste dans le fruit. Voyez encore les jardiniers (car ne craignons point d’emprunter nos comparaisons aux objets vulgaires, si nous pouvons par là faire mieux entrer la vérité dans les esprits) : à côté de plantes suaves et douces, ils en font pousser dont l’odeur est forte, dont le goût est âcre; celles-ci, par une secrète affinité, attirent à elles tout ce que le sol renferme de malfaisant, et laissent aux meilleures plantes les sucs les plus épurés, les parfums les plus exquis: c’est ainsi que l’on purge les jardins.
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Iliade. XXIV, 526. ↩