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An die Heiden
I.
|v59| [1] Das Zeugnis eurer Unwissenheit, die, indem sie die Ungerechtigkeit verteidigt, sie zugleich überführt, liegt offen zutage: alle nämlich, die früher mit euch unwissend waren und mit euch hassten, hören, sobald ihnen zu wissen zuteil wurde, auf zu hassen, weil sie aufhören, unwissend zu sein; ja, sie werden selbst das, was sie hassten, und beginnen zu hassen, was sie gewesen waren. [2] So sehr beseufzt ihr täglich die wachsende Zahl der Christen; ihr schreit, die Stadt sei belagert, auf den Feldern, in den Kastellen, auf den Inseln seien Christen; ihr beklagt es wie einen Verlust, dass jedes Geschlecht, jedes Alter, kurz jeder Stand von euch zu ihnen übergeht. [3] Und doch bewegt ihr euch nicht einmal dadurch zu der Vermutung, es liege darin ein verborgenes Gut; es ist nicht erlaubt, richtiger zu argwöhnen, es beliebt nicht, näher zu prüfen: allein hier erlahmt die menschliche Neugier. [4] Ihr liebt es, das nicht zu wissen, worüber andere sich freuen, es gefunden zu haben; ihr wollt lieber unwissend bleiben, weil ihr bereits hasst — als wäret ihr gewiss, dass ihr nicht hassen würdet, ⟨wenn⟩ ihr es wüsstet. [5] Nun aber: Findet sich kein ⟨Grund⟩ des Hasses, so ist es doch das Beste, von der früheren Ungerechtigkeit abzulassen; besteht aber der Rechtsgrund, so wird dem Hass nichts entzogen, ja er wird durch das Bewusstsein der Gerechtigkeit nur umso reichlicher gehäuft. Es sei denn, man schämt sich, sich zu bessern, oder es verdrießt einen, entschuldigt zu werden.
[6] Ich weiß wohl, mit welcher Antwort ihr dem Zeugnis unseres Zustroms zu begegnen pflegt: keineswegs, sagt ihr, sei damit etwas als gut vorentschieden, dass es die meisten bekehre und an sich reiße. [7] Ich kenne den Umschlag des Sinnes zum Schlechten hin. Wie viele Fahnenflüchtige des guten Lebens! Wie viele Überläufer |v60| ins Verkehrte! Viele in gutem Glauben, ja schon die meisten, weil die Zeiten am Äußersten sind. [8] Doch dieser Vergleich trifft nicht zu. Denn über das Schlechte steht bei allen so viel fest, dass nicht einmal die Schuldigen selbst, die zum Schlechten übergehen und vom Guten ins Verkehrte abbiegen, es wagen, das Schlechte als gut zu verteidigen. Das Schändliche halten sie für furchterregend, das Gottlose für schamvoll. [9] Sie trachten schließlich danach, verborgen zu bleiben, meiden es aufzutreten, zittern, wenn sie ertappt sind, leugnen, wenn sie angeklagt sind; nicht einmal unter der Folter gestehen sie leicht oder immer, verurteilt aber trauern sie gewiss. Denn sie werfen sich selbst vor, was sie waren, und schreiben den Übergang des schlechten Sinnes von der Unschuld her sogar dem Schicksal zu. So wenig wollen sie, dass es das Ihre sei, weil sie nicht leugnen können, dass es schlecht ist.
[10] Die Christen aber — was Derartiges tun sie? Keinen beschämt es, keinen gereut es, es sei denn allein des Früheren. Wird er gebrandmarkt, so rühmt er sich; wird er geschleppt, so leistet er keinen Widerstand; wird er angeklagt, so verteidigt er sich nicht; befragt, bekennt er; verurteilt, jubelt er. Was ist das für ein Übel, bei dem die Natur des Übels aufhört?
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Aux nations
I.
Voici un témoignage de votre ignorance, qui, au lieu de servir d'excuse à votre iniquité, ne fait que la démontrer plus clairement: c'est que tous ceux qui autrefois avaient la même haine et la même ignorance que vous, ont cessé de nous haïr, en cessant d'ignorer, aussitôt qu'il leur est arrivé de nous connaître. Que dis-je? ils sont devenus eux-mêmes ce qu'ils haïssaient, et ils ont commencé de haïr ce qu'ils avaient été. Tant il est vrai que vous gémissez à l'aspect du nombre toujours croissant des Chrétiens. La ville en est assiégée, répétez-vous à grands cris: dans les champs, dans les châteaux, dans les îles, partout des Chrétiens. Vous voyez avec douleur tous les sexes, tous les âges, toutes les conditions venir à nous pour vous laisser dans la solitude. Et cependant cette désertion elle-même ne vous suggère pas la pensée qu'il y a là-dessous quelque merveille cachée. Il ne s'élève en votre âme aucun doute; vous ne voulez point en faire l'expérience de plus près: la curiosité, naturelle à l'homme, s'arrête là seulement. Vous aimez mieux ignorer parce que vous haïssez déjà, comme si vous saviez bien qu'avec l'examen vous cesseriez de haïr. Il y a plus: si vous n'étiez pas aveuglés par la haine, vous reconnaîtriez qu'il est raisonnable de renoncer à votre injustice passée. Si après que notre cause aura été informée, vous la reconnaissez mauvaise, vous garderez votre haine; au moins vous nous haïrez avec connaissance de cause. Avez-vous honte de devenir meilleurs, ou dédaignez-vous de vous excuser?
Je sais bien quel argument vous avez coutume d'opposer à notre nombre qui grossit tous les jours. « L'engouement de la multitude, dites-vous, n'est pas une présomption que l'objet vers lequel elle court est un bien. On connaît la propension des esprits pour les nouveautés dangereuses. Que de transfuges de la vertu vont se jeter dans les sentiers du vice! quelques-uns le font de bonne foi; d'autres cèdent à la nécessité des temps. » Fort bien! mais votre comparaison manque de justesse; car l'idée du mal est si universelle dans toutes les intelligences, que nul des coupables qui abandonnent vos lois pour se jeter dans le crime n'ose défendre le mal comme étant un bien. La turpitude engendre la crainte; l'impiété produit la honte. En un mot, les méchants cherchent à se cacher, ils évitent les regards, ils tremblent quand on les saisit, ils nient quand on les accuse; la torture même peut à peine leur arracher l'aveu de leur forfait; toujours est-il que la condamnation qui les frappe les accable; ils se reprochent au fond d'eux-mêmes ce qu'ils étaient; ils attribuent à l'égarement ou à la fatalité ce malheureux changement; tant il est vrai qu'ils répudient la responsabilité de cet acte, parce qu'ils ne peuvent nier le mal. Les Chrétiens, dites-moi, en agissent-ils ainsi? Chez eux, point de honte, point de repentir, si ce n'est de ce qu'ils étaient autrefois! Vous décriez le Chrétien, il se glorifie; vous l'entraînez, il ne résiste pas; vous l'accusez, il ne se défend pas; vous l'interrogez, il avoue hautement; vous le condamnez, il triomphe. Qu'est-ce donc que ce mal dans lequel ne se retrouve plus la nature du mal?