4.
« De peur qu'en arrachant l'ivraie, vous ne déraciniez en même temps le bon grain. » Notre-Seigneur tient-il ce langage, parce que les bons eux-mêmes, quand ils sont encore faibles, ont besoin pour plusieurs motifs d'être mêlés aux méchants, soit afin d'être exercés par eux, soit afin de trouver dans leur contraste une puissante exhortation à une vie meilleure; tandis que si les méchants disparaissaient, la charité des bons serait comme une plante flétrie et desséchée, et se déracinerait ? Voici en effet ce que dit l'Apôtre : « Afin qu'étant enracinés et fondés dans la charité, vous puissiez comprendre 1. » Ou bien le bon grain est-il déraciné quand on arrache l'ivraie, parce que plusieurs, qui étaient d'abord de la zizanie, deviennent ensuite du froment ? Si on ne les supporte pas avec patience, quand ils sont mauvais, ils ne parviendront pas à un changement sérieux: c'est ainsi qu'en les arrachant, on arrache en même temps le bon grain, qu'ils auraient été, si on les avait épargnés.
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Eph. III, 17, 48. ↩