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Œuvres Augustin d'Hippone (354-430) Contra Andimantum Contre Adimantus, manichéen
CHAPITRE XII. DE LA MANDUCATION DU SANG.

5.

S'il n'est pas encore évident pour vous que l'Apôtre proclamait l'immutabilité futur quand il a dit : « La chair et le sang ne peuvent posséder le royaume de Dieu, et la corruption n'arrivera pas à l'incorruptibilité », écoutez et méditez ce qui suit: « Voici que je vous annonce un mystère : nous ressusciterons tous, mais nous ne serons pas tous changés. En un moment, en un clin d'oeil, au son de la dernière trompette car la trompette sonnera, les morts ressusciteront incorruptibles, et nous serons changés ». Comme conséquence de ce qui précède et pour nous faire comprendre la nature de ce changement, l'Apôtre ajoute aussi tôt: « Car il faut que ce corps corruptible soit revêtu de l'incorruptibilité, et ce corps mortel, de l'immortalité1». N'est-il pas évident dès lors que la chair et le sang ne posséderont pas le royaume de Dieu, puisqu'après avoir revêtu l'incorruptibilité et l'immortalité le corps ne sera plus la chair et le sang, mais un corps céleste? Ce n'est qu'accidentellement que je viens de dire un mot de ce sujet contre lequel ces hérétiques se soulèvent indignés puisqu'ils nient la résurrection des corps. Ce n'est pas du corps que nous parlons en ce moment, mais de l'âme, et nous demandons si d'après l'Ancien Testament on peut conclure, comme le font les Manichéens, qui l'âme n'est rien autre chose que le sang. De nôtre côté, nous répondons que cette conclusion n'est rien moins qu'une absurdité. Nous n'avons pas à nous occuper davantage di l'âme des animaux, car n'étant pas raison nable elle ne peut avoir avec nous aucune relation. Toutefois quand nous voyons la loi prescrire de répandre le sang, et défendre de le manger, parce que le sang c'est l'âme; nous cherchons dans cette législation ce que nous trouvons partout dans les saintes Ecritures, c'est-à-dire des signes et des figures qui devaient se réaliser en Jésus-Christ. Il dit du sang qu'il est l'âme, comme il est dit du rocher qu'il était Jésus-Christ: « Ils buvaient, dit l'Apôtre, du rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher c'était le Christ2 ». On sait que dans le désert Moïse frappa le rocher et qu'il en jaillit une eau abondante3. C'est à ce fait que Paul fait allusion, et cependant il ne dit point : La pierre figurait le Christ ; mais : La pierre était Jésus-Christ. Craignant même qu'on n'interprétât ce mot pierre dans son sens naturel, il l'appelle pierre spirituelle, ou qu'il faut envisager spirituellement. Rien ne nous oblige de traiter ici de ces figures ou mystères de l'ancienne loi, ce travail nous mènerait trop loin et nous voulons être court. Il suffit que les Manichéens sachent que leurs calomnies tombent à faux, puisque nous ne donnons pas à ces passages l'interprétation qui soulève leur rire insensé. Nous imitons les apôtres qui se contentent de poser certains principes généraux, à l'aide desquels la postérité peut facilement tirer les conclusions qui en découlent.


  1. I Cor. XV, 39, 53. ↩

  2. I Cor. X, 4.  ↩

  3. Nomb. XX, 11.  ↩

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Traductions de cette œuvre
Contre Adimantus, manichéen

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