22.
S'agit-il de la charité qui est une vertu ? l'Écriture proclame hautement qu'elle ne vient pas de nous, mais de Dieu : « La charité vient de Dieu ; quiconque a la charité est né de Dieu, et il connaît Dieu parce que Dieu est charité1 ». Cette charité nous fait mieux comprendre cette autre parole: « Celui qui est né de Dieu ne pèche point; il ne peut pécher2 ». La raison en est que cette charité, selon laquelle il est né de Dieu, « n'agit point témérairement et ne pense pas le mal3 ». Quand l'homme pèche, ce n'est pas.selon 'la charité qu'il pèche, mais selon la cupidité, par suite de laquelle il n'est pas né de Dieu. N'avais-je donc pas raison de dire que ces deux différentes racines sont entées sur la possibilité, qui leur sert de souche commune? Écoutons maintenant l'Écriture : « La charité vient de Dieu », nous dit-elle; ou mieux encore : « Dieu est charité » ; et l'apôtre saint Jean s'écrie : « Voyez quelle charité le Père nous a donnée, jusqu'à nous appeler et nous constituer enfants de Dieu4 ! » A cette parole : « Dieu est charité », comment peut-il encore soutenir que la seule chose que nous tenions de Dieu c'est la possibilité, tandis que nous avons par nous-mêmes la bonne volonté et l'action bonne? La bonne volonté est-elle donc autre chose que la charité? Et la sainte Écriture ne nous crie-t-elle pas dans toutes ses pages que cette charité nous vient de Dieu, qu'elle nous a été donnée par le Père, afin que nous devenions ses enfants ?