38.
« Qu'ils lisent », dit-il, « la lettre que j'ai écrite, il y a déjà douze ans, au saint évêque Paulin. Les trois cents vers qu'elle renferme ne sont qu'un cri par lequel je confesse la grâce et le secours de Dieu, par lequel aussi je proclame que nous ne pouvons rien faire de bien sans Dieu ». J'ai lu cette lettre, et j'y ai trouvé qu'il ne parle à peu près que de la faculté et de la possibilité de nature, et que c'est là pour lui ce qui constitue la grâce de Dieu. Quant à la grâce chrétienne, il n'en prononce que le nom, et avec une telle rapidité, qu'il est facile de voir qu'il ne craignait qu'une seule chose, c'était de n'en pas dire un seul mot. Du reste, la fait-il consister dans la rémission des péchés ou dans la doctrine de Jésus-Christ, en y comprenant les exemples de sa vie divine, comme il l'avait fait déjà dans d'autres opuscules ? ou bien voit-il dans la grâce un secours pour bien faire ajouté à la nature et à la doctrine par l'inspiration d'une charité très-ardente et très-lumineuse ? c'est là un point sur lequel on ne saurait aucunement se prononcer.