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Werke Augustinus von Hippo (354-430) De gratia Christi et de peccato originali De la grâce de Jésus-Christ et du péché originel
LIVRE DEUXIÈME. DU PÉCHÉ ORIGINEL

29.

Il est certain que la mort a régné depuis Adam jusqu'à Moïse1, car elle n'a pu être vaincue par cette loi donnée à Moïse. En effet, cette loi n'a pas été donnée pour vivifier2, mais pour montrer d'une manière plus évidente combien l'empire de la mort pesait lourdement sur les hommes, quel besoin ils avaient de la grâce vivifiante, non-seulement pour secouer le joug de la transmission du péché, mais encore pour résister à la concupiscence, qui trouvait en quelque sorte son foyer dans la loi. Sans doute, pas plus alors qu'aujourd'hui, la miséricorde divine ne faisait injustement défaut à personne, mais la loi ne laissait pas que de rendre la prévarication plus manifeste, le règne de la mort plus éclatant, et le droit au supplice plus certain. Dès lors elle rendait aussi plus pressante la nécessité d'implorer le secours de Dieu, afin que là où le péché a abondé la grâce y surabondât3, car la grâce seule nous délivre de ce corps de mort4.

Si donc la loi donnée par Moïse n'a pu soustraire aucun homme à l'empire de la mort; d'un autre côté, même sous l'ancienne loi, il y a toujours eu des hommes qui, au lieu de subir les terreurs, les sévérités et les châtiments de la loi, trouvaient dans la grâce un principe de joie, de guérison et de liberté. Ces hommes pouvaient s'écrier : « J'ai été conçu dans l'iniquité, et ma mère m'a enfanté dans le péché; la vue de mes péchés jette le trouble et l'effroi dans mes os5 ; créez en moi un coeur pur, ô mon Dieu, et renouvelez un esprit droit dans mes entrailles ; affermissez-moi par votre Esprit principal; ne me privez pas de votre Esprit6 ». Plusieurs pouvaient dire : « J'ai cri; voilà pourquoi j'ai parlé7 ». La foi; tel est donc, pour eux comme pour nous, le principe de leur justification. De là ces paroles de l'Apôtre : « Nous avons un même esprit de foi; selon ce qui est écrit: J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé ; nous aussi nous croyons, et c'est aussi pourquoi nous parlons8 ». C'est la foi qui dictait ces autres paroles : « Voici qu'une Vierge concevra et enfantera un Fils, et ils l'appelleront Emmanuel, c'est-à-dire Dieu avec nous9 ». La foi disait du Messie : « Il est semblable à un époux qui s'élance du lit nuptial; il a tressailli comme un géant pour dévorer sa carrière; il est sorti du plus haut des cieux, et il retourne au plus haut des cieux ; il n'est personne qui puisse se soustraire à sa chaleur bienfaisante10 ». La foi disait au Messie : « Votre trône, ô Dieu, le sceptre de votre direction, le sceptre de votre empire sont pour le siècle des siècles; vous avez aimé la justice et haï l'iniquité; voilà pourquoi le Seigneur votre Dieu vous a oint, plus que vos élus, de l'huile de l'exaltation11 ». Ce que nous croyons aujourd'hui comme déjà passé, ils le croyaient avec le même esprit de foi comme devant arriver. Peut-on supposer que des hommes n'aient eu aucune part à des grâces qu'ils prophétisaient avec une complaisance aussi affectueuse ? Ecoutons ces paroles de saint Pierre : « Pourquoi tentez-vous le Seigneur jusqu'à imposer à nos disciples un joug que nous ni nos pères n'avons pu porter? c'est donc par la grâce du Seigneur Jésus que nous croyons être sauvés, comme ils l'ont été eux-mêmes12». Ces paroles ne signifient-elles pas que c'est par la grâce de Jésus-Christ qu'ils ont été sauvés, et note par la loi de Moïse, par laquelle nous avons pu connaître le péché, mais non pas nous en guérir? « Maintenant, au contraire, sans la loi la justice de Dieu nous a été manifestée; la loi et les Prophètes lui rendent témoignage13 ». Si c'est maintenant que la justice a été manifestée, elle existait donc sous l'ancienne loi, mais alors elle était cachée. Le voile qui fermait dans le temple le sanctuaire était le symbole visible de l'obscurité qui enveloppait la grâce; à la mort du Sauveur ce voile se déchira pour annoncer que cette grâce allait se révéler dans tout son éclat14. Il est donc certain que la grâce de Jésus-Christ, seul médiateur de Dieu et des hommes, était accordée au peuple de Dieu, mais seulement d'une manière occulte et mystérieuse, comme la pluie dans une toison, cette pluie que Dieu ne doit pas, mais qu'il accorde en temps et lieu à l'héritage qu'il s'est choisi15. Maintenant que cette toison est séchée, c'est-à-dire que la réprobation pèse sur le peuple juif, la grâce brillé au sein des nations comme sur une aire parfaitement dégagée16.


  1. Rom. V, 14.  ↩

  2. Gal. III, 21. ↩

  3. Rom. V, 20.  ↩

  4. Id. VII, 24, 25.  ↩

  5. Ps. XXXVII, 4.  ↩

  6. Id. L, 7, 12, 14, 13.  ↩

  7. Id. CXV, 1.  ↩

  8. II Cor. IV, 13.  ↩

  9. Isa. VII, 14 ; Matt. I, 23.  ↩

  10. Ps. XVIII, 6, 7.  ↩

  11. Ps. XLIV, 7, 8. ↩

  12. Act. XV, 10, 11.  ↩

  13. Rom. III, 20, 21.  ↩

  14. Matt. XXVII, 51.  ↩

  15. Ps. LXVII, 10.  ↩

  16. Juges, VI, 36-40. ↩

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A Treatise on the grace of christ, and on original sin vergleichen
De la grâce de Jésus-Christ et du péché originel

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