IV.
3° Cependant, en face des couronnes des martyrs, des gloires des confesseurs, des vertus de zios frères qui sont restés fidèles, nos âmes rie peuvent se défendre d’une certaine tristesse. L’ennemi, en exerçant ses fureurs contre l’Église, a fait tomber plusieurs de ses enfants et déchiré ses entrailles maternelles. Que dois-je faire, mes bien-aimés? le trouble s’empare de mon esprit. Que dire? que faire? Hélas! ce sont des larmes qu’il faut et non des paroles pour exprimer notre douleur, pour déplorer l’infortune d’un corps qui a vu périr tant de ses membres! Il faudrait un coeur de fer; il faudrait avoir abdiqué. tout sentiment de charité fraternelle, pour retenir ses larmes et tie pas éclater eu sanglots, en présence des ruines du peuple chrétien et des tristes victimes de la persécution. Je partage votre douleur, mes frères, et ne croyez (59) pas que je trouve une consolation suffisante dans la conservation de mes membres ou de ma santé. Le pasteur souffre surtout des blessures faites au troupeau. J’unis mon coeur à vos coeurs; je prends ma part de votre deuil et de vos peines. Je gémis avec ceux qui gémissent; je pleure avec ceux qui pleurent; il me semble que j’ai suivi dans leur chute ceux qui sont tombés. Les traits de l’ennemi ont percé mes membres; son glaive a traversé mes entrailles. J’ai ressenti plus que tout autre les atteintes de ht persécution et si mes frères sont tombés, l’amour que j’ai pour eux m’a terrassé à mon tour.
