XV.
Mais, dit-on, ils ne s'appuient que sur les Ecritures, ils ne prétendent nous convaincre que par les Ecritures; comme si on pouvait rien prouver sur les matières de foi que par les livres de la foi. Nous voici arrivés a ce qui est proprement l'objet de cet ouvrage: c'est à quoi tendait le préambule qu'on vient de lire. Nous allons attaquer nos adversaires dans le poste même d'où ils nous défient. Leur audace à s'armer des Ecritures en impose d'abord à quelques personnes: dans le combat, ils fatiguent les forts; ils triomphent des faibles, et jettent des inquiétudes dans le cœur des autres. C'est pourquoi nous les arrêtons dès le premier pas, en soutenant qu'ils ne sont point du tout recevables à disputer sur les Ecritures. C'est là leur arsenal; mais avant qu'ils puissent en tirer des armes, il faut examiner à qui appartiennent les Ecritures, pour ne pas les laisser usurper à ceux qui n'y ont aucun droit.