10.
C'est pourquoi nous. savons la raison du mouvement du soleil et de la lune, de la durée des années, des mois, des heures et du temps, de la température des saisons et des vents, et enfin de l’économie établie parmi tous les êtres du monde, recevant naturellement cette connaissance de Dieu, qui nous enseigne lui-même la raison de la structure d'un édifice qu'il a bâti et où il demeure. Le bonnet avec son ruban d'hyacinthe marque particulièrement le ciel, et la lame d'or sur laquelle était gravé le nom de Dieu, et qui était attachée au front du grand prêtre, nous montre que tout ce qui est ici-bas se gouverne par la volonté de Dieu.
Je pense aussi que les mêmes choses nous sont représentées sous d'autres noms par les quatre chérubins et par les quatre animaux d'Ezéchiel, qui sont mêlés les uns parmi les autres, de telle sorte qu'en voyant la situation de l'un et la manière dont il est disposé, on voit la disposition et la situation de l'autre. Ils courent avec vitesse vers ce qui est devant eux et ne reviennent jamais sur leurs pas, car le temps coule promptement, et, laissant ce qui est passé, ils s'avancent vers ce qui est à passer. A l'égard du mouvement continuel où ils sont, il est la figure de ce dont il semble que les philosophes aient quelque légère connaissance, que le cours du monde est réglé, et qu'il roule sans cesse comme une roue sur son essieu. C'est ce qui a fait parler ce prophète d'une roue qui est dans une roue, c'est-à-dire du temps qui est dans le temps et de l'année qui roule en elle-même. Ces roues montent jusqu'au ciel, où il y a un trône de saphir élevé sur du cristal, et dans ce trône la figure d'un homme assis, dont la partie de bas est de feu et celle de haut d'ambre, pour démontrer que ce qui est sur la terre a besoin d'être purifié par le feu, et que ce qui est au ciel subsiste dans sa. condition par sa propre pureté. Or comme la lame d'or du grand prêtre était en haut élevée sur son front, Ezéchiel met l’ambre à la tête et à la poitrine de l'homme dont il fait mention.
Il était donc juste, comme nous l’avons déjà dit en partie, que le souverain pontife, portant dans ses habillements un tableau de toutes les créatures, lit entendre qu'elles avaient toutes besoin de l'assistance de Dieu, et que, les lui présentant de la sorte, il expiât ce que chacune avait d'impur en sa condition, ne priant pas, de la voix et par l'habillement, seulement pour ses parents et sa famille, mais encore pour tous les êtres du monde.
Nous ne nous sommes pas étendu davantage sur l'explication que donnent les Hébreux à ces habits, nous contentant d'avoir comme jeté les fondements d'un discours que nous vous allons faire, réservant pour un autre temps une infinité d'autres interprétations.
Pour les caleçons de lin, ils disent communément que la cause des générations et de la production des semences regardant la chair est attribuée à la terre par cette sorte d'habillement que les prêtres portaient sur les cuisses, suivant. ce que Dieu dit à Adam : « Tu es de terre et tu retourneras en terre.» Mais ils ajoutent que cette cause nous est inconnue, et que nous ne pouvons découvrir de quelle manière de si petits commencements peuvent produire tant d'hommes et tant d'autres créatures si belles.