BASILE A LIBANIUS. CCCLIX.
St. Basile témoigne combien il désirerait d'aller trouver son cher Libanius. Il se plaint agréablement de son silence et l'invite à lui écrire.
Vous qui avez renfermé dans votre esprit tout l’art des anciens, vous vous taisez, et vous ne daignez pas même nous faire part dans des lettres de ce que vous savez. Pour moi, si l'art de Dédale était sûr, je me ferais des ailes comme à Icare pour voler vers vous1. Mais, comme il ne serait pas sage d'exposer de la cire au soleil, au lieu des ailes d'Icare, je vous envoie des paroles écrites, qui vous témoignent toute mon amitié. La nature de la parole est de manifester au-dehors les sentiments du coeur. Vous faites de la parole ce que vous voulez ; et avec un si grand talent vous gardez le silence ! Faites passer jusqu'à nous, je vous en conjure, les sources abondantes qui coulent de votre bouche.
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Personne n'ignore la fable de Dédale, qui fit pour lui et pour son fils Icare des ailes qu'il attacha avec de la cire , et la chute malheureuse d'Icare, qui s'approcha trop près du soleil. ↩