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Œuvres Augustin d'Hippone (354-430) Epistula ad Catholicos de secta Donatistarum seu De unitate Ecclesiae Lettre aux Catholiques contre les Donatistes ou Traité de l'Unité de l'Eglise
CHAPITRE XVI. RÉPONSE A UNE OBJECTION TIRÉE DE CE TEXTE : « DIS-MOI OÙ JE TROUVERAI CELUI QUE MON COEUR AIME ».

40.

« Il est écrit », disent-ils, « au Cantique des cantiques (c'est l'épouse, c'est-à-dire, l'Église qui s'adresse à l'époux) : Dis-moi où je trouverai celui que mon coeur aime, dis-moi où tu gardes ton troupeau, où tu te reposes au midi ». Voilà l'unique témoignage qui, selon eux, retentisse en leur faveur: car l'Afrique est au midi. Mais comment se fait-il que l'Église demande au Christ où se trouve l'Église? Car il n'y a pas deux Eglises, il n'y en a qu'une seule. Ou bien, puisqu'ils avouent que c'est l'Église qui parle à Jésus-Christ, qu'ils nous montrent quelle est l'Eglise qui interroge et quelle est l'Église sur laquelle elle interroge. L'Église demande où elle trouvera son époux et lui dit : « Dis-moi où je et trouverai celui que mon coeur aime; dis-moi où tu gardes ton troupeau, où tu te reposes au midi ». N'est-ce pas l'Église qui parle et demande où est l'Église au midi? Elle ne dit pas: « Où gardes-tu ton troupeau, où es-tu couché ? » Au Midi n'est pas la réponse ; comme si l'époux répondait: C'est au midi que je garde mon troupeau, c'est au midi que je suis couché. Toutes ces paroles font partie de l'interrogation : « Où gardes-tu le troupeau, où es-tu couché au midi ? » C'est encore elle qui dit : « De peur que je ne sois comme couverte au-dessus a des troupeaux de tes amis ». L'époux répond: « Si tu ne te connais pas toi-même, ô la plus belle des femmes1 », etc. Rien dans ces paroles ne montre que l'Eglise soit seulement dans les régions méridionales; au contraire, des autres parties du monde où elle est établie elle demande quels sont ceux qui dans le midi appartiennent à sa communion, c'est-à-dire en quel endroit son époux fait paître ses troupeaux, et se repose ; car il ne fait paître que les siens, il ne se repose qu'au milieu des siens. Les membres de l'époux, c'est-à-dire les véritables fidèles, viennent d'au-delà des mers en Afrique; ils entendent dire que dans ce pays se trouve le parti de Donat, et craignant de tomber entre les mains d'un rebaptisant, ils invoquent le Christ et lui font cette prière : « Montre-moi celui que chérit mon coeur, dis-moi où tu gardes ton troupeau, où tu te reposes au midi » ; c'est-à-dire, fais-moi connaître ceux qui composent ce midi où tu gardes ton troupeau, et où tu te reposes, c'est-à-dire encore, ceux qui ont la charité et ne divisent point l'unité. Et voyez ce qu'elle ajoute : « De peur que je ne sois comme couverte au-dessus des troupeaux de tes rivaux »; c'est-à-dire, de peur que je ne sois comme cachée, inconnue, non manifestée : tel est en effet le sens de ces mots : « De peur que je ne sois couverte ». Elle ne dit pas Au-dessus de ton troupeau ; mais : «Au-dessus des troupeaux de tes rivaux », qui d'abord étaient avec toi, et qui ensuite ont voulu former non pas ton troupeau, mais leurs propres troupeaux; qui n'ont pas voulu comprendre cette parole : « Celui qui n'est pas avec moi, disperse2 », ni cette autre parole que tu as dite à saint Pierre : « Pais mes brebis3 »; les miennes et non pas les tiennes. Or, cette véritable Eglise n'est point couverte ; car elle n'est pas sous le boisseau, mais sur le chandelier, pour luire aux regards de tous ceux qui sont dans la maison. C'est d'elle qu'il a été dit : « La ville qui est sur la montagne ne peut être cachée4 ». Toutefois elle est comme cachée pour les Donatistes, qui entendent des témoignages si lumineux et si évidents, de sa diffusion par tout l'univers, et aiment mieux se heurter, les yeux fermés, contre cette montagne que de la gravir. Cette montagne, c'est la pierre qui s'est détachée d'elle-même, qui s'est accrue, qui est devenue une montagne immense, et qui a rempli la terre5.


  1. Cant. I, 6, 7.  ↩

  2. Matt. XII, 30.  ↩

  3. Jean, XXI, 17. ↩

  4. Matt. V, 15, 14 .  ↩

  5. Dan. II, 31, 35.  ↩

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Lettre aux Catholiques contre les Donatistes ou Traité de l'Unité de l'Eglise

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